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Updated: 1 week 2 days ago

Coopération : « Contrairement à d'autres partenaires occidentaux, la Chine n'appelle pas à un mimétisme de son modèle », estime Yannick Naré

Tue, 07/04/2026 - 00:35

À la suite d'un séjour en République populaire de Chine, où il dit avoir constaté de visu les prouesses de développement, Yannick Naré, juriste et communicant, a consacré un ouvrage à la coopération sino-burkinabè. Dans sa dernière publication intitulée « Burkina-China : une coopération sud-sud. De 1960 à 2020 », l'auteur propose une analyse approfondie des relations entre le Burkina Faso et la Chine, marquées selon lui par de nombreuses péripéties. Pour Yannick Naré, la Chine se distingue des partenaires traditionnels du Burkina Faso, notamment occidentaux, par une approche qu'il juge moins contraignante. « Contrairement à d'autres partenaires occidentaux, la Chine n'appelle pas à un mimétisme de son modèle », affirme-t-il. Selon l'analyste, cette posture fait de la Chine un partenaire “sûr”, dans la mesure où elle privilégie une coopération fondée sur le respect des réalités locales et de l'égalité souveraine des États.

Lefaso.net : Juriste de formation, comment êtes-vous arrivé dans la communication ?

Yannick Naré : C'est par passion parce que rien ne me prédestinait à la communication mais à force de passion j'ai pu faire ce virage à 180 degrés, du droit pour me retrouver en communication. Il faut se dire que tout est parti à la base avec des études en droit à l'université de Ouagadougou (Burkina Faso). La passion de la communication a fini par me rattraper ; j'ai dû amorcer d'autres études supplémentaires en communication à l'université Senghor d'Alexandrie (Égypte).

Avec cette casquette d'analyse politique, quel regard avez-vous de ce qui se passe au Moyen-Orient ?

Il faut se dire que c'est tout à fait dramatique ce qui se passe au Moyen-Orient. La violence qui s'y déploie, notamment avec une coalition israélo-américaine. Mais on n'est pas tout à fait étonné parce que depuis longtemps, le Moyen-Orient a toujours été une zone d'attraction américaine pour le pétrole qui s'y trouve et aussi avec les idées messianiques américaines d'exporter la démocratie qui n'ont jamais marché. Il faut se dire que c'est dommage ce qui se passe parce qu'on assiste encore une fois de plus à une attitude conquérante des États-Unis avec son allié israélien. Cela montre la primauté de l'unilatéralisme parce que ça n'a pas été avalisé ni par les Nations unies ni même par le droit fédéral américain.

Quelles peuvent être les répercussions de cette guerre sur le continent africain ?

Les répercussions, nous allons les sentir, ou du moins nous les sentons déjà au quotidien. Sur le plan économique, il impacte de plein fouet les économies africaine et mondiale. Parce que comme vous le savez, l'énergie qui draine le monde, c'est le pétrole. Et 20 % des approvisionnements de pétrole viennent de l'Iran à travers le détroit d'Ormuz qui a des difficultés de passage. Donc du coup, cela impacte les pays africains sur le plan économique, la cherté, la flambée du prix du baril. Et si l'énergie augmente, il va sans dire qu'on aura aussi des flambées, des prix alimentaires et autres. Donc, des pays africains ont déjà constaté comme le Nigeria qui manifestent une certaine cherté de la vie quotidienne.

Vous êtes l'auteur du livre intitulé Burkina-China : une coopération sud-sud de 1960 à 2020. Qu'est-ce qui a motivé l'écriture de ce livre ?

C'est parti d'un constat. J'ai remarqué que la Chine n'est pas très bien connue au Burkina Faso. Beaucoup de personnes de bonne foi, ont une connaissance sommaire de la Chine. Très souvent, cela se limitait aux produits bon-marché de la Chine que nous avons dans nos pays africains. Aussi, les gens assimilaient la Chine à sa population, à sa grande population de plus de 1 milliard 400 000 habitants. Vous vous souvenez, même à l'université, souvent les amphithéâtres qui sont plein à craquer, les gens assimilent ça à l'idée de la « Chine populaire ». Donc vous voyez, ce sont des connaissances simplistes de ce grand pays qui nécessitent maintenant une analyse approfondie pour donner à percevoir les vraies réalités de la Chine pour pouvoir entrer en contact sur tous les plans, commercial, etc. avec ce géant de l'économie mondiale.

Vous parlez de vraies réalités méconnues. Quelles sont ces réalités ?

La Chine tout comme les pays africains sont victimes du prisme occidental. On assimile la Chine à son modèle politique qui n'est pas en phase avec le modèle occidental. Donc du coup, elle est critiquée dans les médias occidentaux, même dans l'opinion occidentale. Et aussi, les appétits économiques et financiers chinois donnent de la matière, du fil à tordre aux Occidentaux. Du coup, il va de soi qu'il y aura des attaques ciblées dans les médias, par médias interposés à l'endroit de la Chine. Donc, tout cela nécessite quand-même une analyse froide de cette situation chinoise pour décaper et comprendre la réalité qui prévaut véritablement.

Est-ce que vous voulez dire ici que le Burkina Faso ne profite pas assez de la relation avec la Chine ?

Non, je n'ai pas dit que le Burkina ne profite pas assez. Mais déjà dans l'opinion publique de certains Burkinabè, il y a une certaine méconnaissance de la Chine dans toutes ses réalités. Il y eu des enquêtes d'Afro-Baromètre, un institut panafricain de sondage, qui a montré que les Burkinabè aiment la Chine. Mais cette réalité n'est pas très bien comprise par beaucoup de Burkinabè. Du coup, après un petit séjour de trois semaines en Chine, j'ai touché un peu du doigt la réalité chinoise et j'étais vraiment émerveillé. Donc, j'ai voulu partager cette expérience à travers un livre et c'est ce que j'ai fait en publiant le livre intitulé « Burkina-China : une coopération Sud-Sud. De 1960 à 2020 ».

Pouvez-vous nous faire briefing de votre ouvrage ?

Le livre, à travers son titre, aborde la coopération diplomatique entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine. À l'intérieur, j'essaie de remonter jusqu'aux années des indépendances du Burkina Faso, de Haute-Volta à l'époque, pour décrypter et comprendre comment le Burkina Faso a entretenu ses relations diplomatiques avec la Chine. Et quand on regarde de près l'histoire diplomatique du Burkina Faso, on se rend compte qu'il y a une certaine dualité des relations entre le Burkina et la Chine. Tantôt, le Burkina Faso a reconnu sa province rivale qui est Taïwan de 1960 à 1973 et de 1973 à 1994, le Burkina Faso a été avec la République Populaire de Chine. De 1994 à 2018, le Burkina Faso a été encore avec Taïwan et de 2018 à maintenant, les relations diplomatiques se sont orientées vers la République populaire de Chine. Comme vous le voyez, c'est un va-et-vient entre la Chine et sa province séparatiste qui était Taïwan.

« J'ai remarqué que beaucoup de Burkinabè ont une connaissance sommaire de la Chine », indique Yannick Naré

Quels sont les secteurs dans lesquels le Burkina Faso doit davantage accentuer dans sa coopération avec la Chine ?

Cela va s'agir des priorités du moment, parce que les urgences de développement ne sont pas les mêmes depuis les indépendances et maintenant. Actuellement, ce qui est la priorité des Burkinabè, me semble-t-il, c'est la sécurité nationale. Donc il va sans dire que la coopération avec le partenaire chinois peut enfiler les habits, pas du militarisme, mais essayer de comprendre, de voir quel partenariat militaire peut se faire pour que le Burkina Faso puisse sortir de cette situation qu'il traverse depuis 2016.

En plus de la coopération militaire, il y a beaucoup d'autres aspects dans la coopération qu'on peut toujours explorer ou approfondir. Par exemple, la coopération sanitaire. Vous venez de voir que la Chine a fait des efforts pour endiguer le paludisme. Le paludisme frappe beaucoup et est presque endémique en Afrique. Les pays africains peuvent aussi se prévaloir de cette coopération pour essayer d'endiguer le paludisme.

Il y a la coopération commerciale qu'il ne faut pas oublier parce que la Chine est l' « Atelier du monde » et maintenant même on va dire l' « Usine du monde » parce que tout le monde se bouscule en Chine pour payer les produits chinois qui inondent vraiment les marchés africains et occidentaux. Donc, on peut diversifier et trouver des passerelles, des domaines de coopération avec la Chine qu'on ne peut pas avoir forcément avec d'autres partenaires.

Quelle est la particularité de la coopération avec la Chine par rapport à d'autres ?

Le modèle de partenariat avec la Chine est unique en quelque sorte. Parce qu'il y a plusieurs principes que la Chine a étalés depuis les années 1960 et qui sont toujours de vigueur actuellement. Je prends notamment le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures de ses partenaires. C'est une réalité qui saute à l'œil de tout observateur. La Chine se contente non seulement de le dire dans la rhétorique officielle de ses diplomates, mais aussi elle l'implémente dans les faits réels. Vous n'allez jamais entendre que la Chine s'est immiscée dans les affaires intérieures de tel ou tel État. Ce qui fait que souvent ce silence semble coupable pour certains Africains qui voudraient une Chine beaucoup plus engageante quelque part. Et aussi, il y a le principe d'égalité. La Chine traite ses partenaires sous un principe d'égalité et c'est ce qui devrait prévaloir dans les relations internationales. Parce qu'un État égale à un État quel que soit sa puissance démographique, économique, financière, militaire. Certes, ce principe de l'égalité souveraine des États n'est pas toujours respecté. Pourtant, ce principe a été édicté depuis les années 1600 avec le traité de Westphalie qui a dessiné la configuration actuelle des relations internationales.

Cela fait que beaucoup pensent qu'actuellement, dans cette ère de mondialisation, la Chine se présente comme un partenaire sûr. Je vais vous prendre un exemple sur l'économiste zambienne Dambiso Moyo qui a écrit un livre très célèbre qui s'intitule « L'aide fatale ». Elle critique la politique de l'aide internationale et elle qualifie que les Chinois sont nos amis. Elle le dit clairement dans son livre.

Et quand le livre est sorti, le président Paul Kagame a payé le livre, distribué à tous ses ministres en conseil de ministres. Et encore Kadhafi était prêt à inviter l'auteure du livre en Libye. Mais malheureusement, il y a eu une intervention militaire qui a fait balayer le régime de Mohamed Kadhafi. Donc cette économiste très célèbre encense en quelque sorte, la coopération avec la Chine, parce qu'elle trouve que c'est le modèle vraiment qu'il faut à l'Afrique pour aller vers son propre développement.

Pour Yannick Naré, la Chine est un partenaire sûr

Quelle appréciation faites-vous de la relation entre les deux pays depuis la reprise de coopération ?

Il faut se dire que c'est une relation qui a bien débuté en 2018 et qui est en train de faire son cheminement, son bonhomme de chemin avec des avantages, des dividendes que le Burkina Faso engrange. Je suis sûr aussi que le partenaire chinois en face a des bénéfices de cette coopération avec le Burkina Faso. Déjà, ce que je peux dire, la reconnaissance de la République populaire de Chine est un grand atout pour le Burkina qui bénéficie d'un parapluie diplomatique sur la scène mondiale. Comme vous le savez, depuis 1972, la Chine a retrouvé sa place au Conseil de sécurité des nations unies. Et c'est un gros avantage pour le Burkina qui peut bénéficier de cette protection diplomatique de la Chine sur la scène diplomatique mondiale. Ce qui n'était pas le cas avec le grand rival Taïwan.

La Chine est un grand marché. C'est vrai que les produits chinois nous inondent mais je pense que nous pouvons essayer de prospecter et de pénétrer le marché chinois. Ce qui serait une très bonne chose pour nos hommes d'affaires . Déjà, même avant la reprise diplomatique en 2018, il y avait cet intérêt pour les commerçants burkinabè de faire des affaires en Chine. Et maintenant que les routes se sont ouvertes, cela va sans dire que ça va maximiser et optimiser davantage les relations d'affaires entre le Burkina Faso et la Chine.

Le président chinois Xi Jinping a annoncé la suppression des droits de douane pour 53 pays africains. Cette mesure entre vigueur le 1er mai 2026. En tant qu'analyste, quel commentaire faite-vous de cette décision ?

Je trouve que c'est une bonne chose pour les pays africains. C'est une politique de la main tendue que la Chine fait à ses partenaires africains. C'est un grand gain pour les pays africains. Et quand on regarde actuellement, il y a la montée du protectionnisme international qui est là, les barrières douanières, mais la Chine consent à ouvrir ces frontières pour les produits africains. Je pense que c'est vraiment une occasion, une opportunité économique pour l'Afrique de saisir cela et d'optimiser la pénétration du marché chinois. La balle est dans le camp des pays africains. Comment faire pour que nos produits puissent aussi avoir droit de citer dans l'économie chinoise ? C'est là toute la question que nos opérateurs économiques et aussi nos leaders en tête peuvent creuser pour que cette exonération puisse bénéficier à nos économies.

Comment le Burkina Faso peut-il s'inspirer de la Chine en vue dynamiser aussi son développement ?

Je pense qu'en la matière, on ne va pas parler exactement de ce que le Burkina peut copier à la Chine pour amorcer, pour suivre son développement. Parce que le développement est toujours endogène. Chaque pays doit trouver sa propre voie pour se développer. Comment, nous, pays africains, on peut essayer de domestiquer aussi notre ingénierie pour trouver des voies alternatives de développement ? C'est là toute la question. Et la balle est dans le camp des Africains. C'est à nous de regarder, selon notre propre histoire en tant qu'Africains et selon la vision que nous nous projetons, comment on peut faire pour asseoir un développement digne et souverain.. Sinon, la Chine n'appelle pas à un mimétisme de son modèle ni économique, ni politique. Contrairement à d'autres partenaires occidentaux qui veulent coûte que coûte faire imiter le modèle démocratique ou le modèle libéral. Mais la Chine dit non, c'est aux pays africains de trouver leur propre voie. Et je me rappelle qu'il y a quelques années, le président chinois Xi Jinping a même tendu la main aux dirigeants africains une certaine assistance pour les pays qui vont trouver leur propre voie de développement. Cela a été dit lors d'un sommet Chine-Afrique il n'y pas très longtemps. C'est-à-dire que la Chine même pousse ses partenaires africains à s'inventer eux-mêmes.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Démocratie : L'Afrique n'a plus à imiter, elle doit inventer (Jonas Hien)

Tue, 07/04/2026 - 00:30

Suite à la sortie le 02 avril 2026 du président du Faso qui remettait entre autres en cause la gouvernance démocratique à l'occidental, le sujet anime toujours les causeries. Entre approbation et dénonciation, chacun y va de de ses arguments. Pour l'acteur de la société civile Jonas Hien dont la tribune suit, « la démocratie africaine de demain ne doit pas être une copie mais une création. » Tribune !

La déclaration du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, critiquant la démocratie à l'occidental appliquée en Afrique, lors de l'interview qu'il a accordée le 02 avril 2026 à la presse nationale et internationale, continue de susciter des débats. Les impérialistes et leurs porte-paroles africains ont trouvé en cette déclaration, de quoi amplifier leur manipulation habituelle. Or, réduire cette prise de position à un rejet systématique de la démocratie relève justement de la manipulation. Ce qui est en jeu, c'est une remise en cause profonde d'un modèle importé, souvent déconnecté des réalités africaines et une invite à bâtir une démocratie authentiquement enracinée dans les aspirations populaires.

Depuis 1990, l'Afrique a été sommée par la France d'entrer dans le moule démocratique occidental : élections dites démocratiques, partis politiques de l'opposition, constitutions copier-coller. Sur le papier, tout y est. Dans la réalité ! chômage massif, insécurité, pillage des ressources, dépendance économique. Dans bien des cas, ces mécanismes n'ont produit ni développement, ni justice sociale, ni souveraineté réelle.

Au contraire, ils ont parfois favorisé la captation de l'État par des élites minoritaires ; la reproduction de la dépendance économique ; l'instrumentalisation des institutions au profit d'intérêts extérieurs. Donc, une démocratie qui ne nourrit pas est une imposture. Une démocratie qui laisse son peuple dans la misère, qui ne protège pas sa jeunesse, qui ne garantit pas sa dignité, est une façade.

Dans ce contexte, la critique du Président du Faso apparaît non seulement légitime, mais nécessaire. Elle pose des questions fondamentales : une démocratie qui ne transforme pas les conditions de vie des peuples est-elle encore une démocratie, ou simplement une mise en scène politique ? La démocratie signifie-t-elle forcément élections ? Le peuple vit-il mieux ? Le pays est-il souverain ? Les ressources profitent-elles à la Nation ? Si la réponse est non, alors il faut changer de modèle, radicalement. Le message du Président du Faso est donc clair : la démocratie doit être jugée à ses résultats, pas à ses slogans.

La position défendue par le Chef de l'Etat repose sur une idée forte : la démocratie ne peut pas être réduite à des procédures, elle doit être un projet de transformation sociale. Cette vision s'inscrit dans la continuité historique de la Révolution Démocratique et Populaire portée par le Président Capitaine Thomas Sankara, pour qui, la souveraineté populaire ne peut exister sans justice économique, dignité nationale et participation active des masses.

Une telle démocratie implique la redistribution équitable des richesses ; la maîtrise et le contrôle des ressources stratégiques ; la mobilisation consciente des citoyens dans la gestion des affaires publiques ; la rupture avec les schémas de dépendance hérités de la colonisation. Mais il faut comprendre le Colon : il veut passer par sa fameuse démocratie pour chercher à imposer des dirigeants qui lui ouvriront les boulevards de pillages et de l'esclavage !

Il nous faut une démocratie vivante, offensive, tournée vers la libération réelle des peuples. Et la Révolution Progressiste Populaire l'est. L'un des points de cette vision sur lesquels s'accrochent les manipulateurs, réside justement dans le lien établi entre démocratie et révolution. Pourtant, l'histoire politique mondiale montre effectivement que les grandes avancées démocratiques ont souvent été le fruit de ruptures profondes et non de simples ajustements institutionnels. Dans le contexte africain, le lien entre révolution et démocratie dont parle le Président du Faso doit être compris comme une réappropriation du destin collectif par les peuples eux-mêmes. Et il s'agit d'une interpellation adressée à toute l'Afrique, confrontée aux limites d'un modèle politique plaqué de l'extérieur.

Il invite les Africains à se poser des questions essentielles : quelle démocratie voulons-nous réellement ? à qui profite le système actuel ? comment construire des institutions qui répondent aux besoins concrets des populations ? Cette conscientisation est indispensable car aucun modèle politique ne peut être viable s'il n'est pas porté, compris et défendu par les peuples eux-mêmes. Au fond, la position du Président Ibrahim Traoré traduit une volonté claire : sortir de la tutelle des modèles imposés pour affirmer une souveraineté politique et intellectuelle africaine. Cela ne signifie pas rejeter en bloc les apports extérieurs, mais refuser leur application mécanique. Il s'agit de sélectionner, adapter et transformer, en fonction des réalités endogènes, des cultures politiques et des priorités nationales.

La démocratie africaine de demain ne doit pas être une copie mais une création. La polémique actuelle révèle en réalité une fracture plus profonde : celle entre une vision formelle de la démocratie et une vision substantielle centrée sur les résultats et la dignité humaine. En défendant une démocratie découlant et enracinée d'une révolution et des aspirations populaires, le Président du Faso ne ferme pas le débat. Il l'ouvre avec force car l'Afrique se trouve aujourd'hui à un tournant décisif.

Soit elle persiste dans des modèles qui ont montré leurs limites, soit elle ose inventer ses propres voies. Mais une chose est sûre : aucune démocratie ne peut être durable si elle ne naît pas de la volonté consciente, organisée et souveraine des peuples. Et c'est précisément cette conscience qu'il est urgent de construire.

L'Afrique n'a plus à imiter, elle doit inventer. L'Afrique n'est pas condamnée à copier des modèles qui ne fonctionnent pas pour elle. Elle a le droit et le devoir d'inventer sa propre voie. Une voie où la démocratie ne se limite pas à des urnes, mais s'incarne dans la justice sociale, la souveraineté politique, économique, diplomatique et la dignité humaine. Une voie où le peuple n'est plus un électeur passif, mais un acteur conscient. Une révolution fortement portée par le peuple est bel et bien un modèle de démocratie fiable. La démocratie n'est pas une tenue scolaire avec la même couleur de tissu et le même modèle de couture pour tous les élèves.

Jonas Hien

Burkina/Culture : Kaboré l'intellectuel annonce un « one man show » engagé en langue mooré

Tue, 07/04/2026 - 00:27

À travers une conférence de presse animée ce lundi 6 avril 2026 à Ouagadougou, Barack Production a annoncé la tenue d'un one man show en langue mooré porté par l'humoriste Kaboré l'intellectuel. Une initiative culturelle qui allie humour, identité nationale et résilience sociale.

La scène culturelle burkinabè s'apprête à accueillir un événement inédit. À l'initiative de Barack Production, un one man show entièrement en langue mooré sera présenté le 13 mai 2026 au Musée national de Ouagadougou. Porté par l'humoriste Nongma Hamado Kaboré, plus connu sous le nom de Kaboré l'intellectuel, ce spectacle se veut à la fois artistique, engagé et profondément ancré dans les réalités sociales du Burkina Faso.

Selon les organisateurs, cette initiative s'inscrit dans une dynamique nationale de valorisation des langues et des identités culturelles. « Depuis quelques années, le Burkina Faso affirme avec force sa volonté de valoriser son identité culturelle, ses langues nationales et ses traditions », ont-ils rappelé, citant notamment l'institution de la Journée des coutumes et traditions célébrée chaque 15 mai.

Issa Siguiré, manager général de Barack Production, a présenté les grandes lignes du projet de one man show en langue mooré

Prévu pour le 13 mai, soit en prélude à cette journée dédiée aux traditions, le spectacle sera entièrement joué en mooré. Un choix assumé par les organisateurs, qui entendent ainsi rapprocher l'art du public et promouvoir le patrimoine linguistique national.

Issa Siguiré, manager général de Barack Production, a insisté sur la portée de cette décision. « Nous avons voulu un spectacle entièrement en mooré pour accompagner la volonté des autorités de promouvoir nos langues. C'est aussi une manière d'assumer notre culture », a-t-il expliqué.

Pour lui, ce projet dépasse largement le cadre d'un simple divertissement. « La culture peut jouer un rôle important dans la situation que traverse notre pays. Le rire aide à résister, à garder espoir et à aller de l'avant », a-t-il ajouté.

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux, les initiateurs du projet voient en l'humour un puissant levier de cohésion sociale. « Rire ensemble, c'est résister ensemble. Rire ensemble, c'est reconstruire ensemble », ont-ils martelé.

Cette dimension sociale se traduira concrètement par des représentations spéciales à l'endroit des Personnes déplacées internes (PDI). Après Ouagadougou, le spectacle sera ainsi présenté dans plusieurs localités à défis sécuritaires, notamment Kaya, Ouahigouya, Tenkodogo et Fada N'Gourma.

Les journalistes présents à la conférence de presse ont été invités à faire passer message

« Ces populations ont besoin non seulement d'aide matérielle, mais aussi d'espoir. Le rire peut leur apporter cette force de résilience », a souligné Issa Siguiré.

Sur le plan artistique, Kaboré l'intellectuel promet un spectacle riche et varié, abordant sans détour les réalités du quotidien. « On va toucher à tout : les faits de société, les relations familiales, les couples, les célibataires, les quartiers, etc. », a-t-il confié.

Avec son style caractéristique mêlant satire et autodérision, l'humoriste entend également déconstruire certains clichés sociaux. « Dans notre société, on juge souvent sur l'apparence. On va jouer avec ces perceptions, toujours dans l'humour », a-t-il indiqué.

Tout en reconnaissant la sensibilité de certains sujets, il assure vouloir « tourner l'actualité à la moulinette de l'humour, tout en restant prudent ».

Kaboré l'intellectuel a par ailleurs lancé un appel vibrant au public burkinabè, les invitant à sortir massivement. « Venez massivement. On va s'amuser et montrer au monde que le Burkina Faso, c'est aussi un pays qui rit et qui vit », a-t-il déclaré.

Les organisateurs, de leur côté, ont insisté sur la nécessité d'une synergie entre acteurs publics, privés et partenaires techniques pour la réussite du projet. Ils ont invité entreprises, institutions et marques à s'associer à cette initiative à fort impact culturel et social.

Kaboré l'intellectuel invite les Burkinabè à venir massivement découvrir ce spectacle inédit en mooré

Soutenir ce one man show, ont-ils souligné, c'est contribuer à la promotion des langues nationales, renforcer la cohésion sociale et offrir de l'espoir aux populations vulnérables.

Au-delà du spectacle du 13 mai, ce projet se veut le point de départ d'une dynamique plus large visant à démocratiser l'accès à la culture et à faire de l'humour un outil d'engagement citoyen.

« Au-delà d'un spectacle, il s'agit d'un engagement collectif pour une culture qui rassemble, apaise et construit l'avenir », ont ils conclu.

À travers cette initiative, Kaboré l'intellectuel et Barack Production ambitionnent ainsi de prouver que la culture, et en particulier l'humour, peut être une réponse forte aux défis du moment, en redonnant le sourire et en renforçant le vivre-ensemble.

Le programme et le coût d'entré du spectacle seront connus du public dans les jours à venir.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Réo : 36 artisans réparateurs de pompes à motricité humaine formés pour garantir l'eau aux communautés rurales

Tue, 07/04/2026 - 00:00

La haut-commissaire de la province du Sanguié, Talari Germaine Ouoba, a présidé la cérémonie de clôture de la formation de 36 artisans réparateurs de pompes à motricité humaine, ce samedi 4 avril 2026, dans la ville de Réo. Initiée par l'ONG Eau vive internationale (EVI), du 24 mars au 3 avril 2026, avec l'appui financier de "Charity : Water”, cette formation a été dispensée par le Centre de formation aux métiers de l'eau (CEFORME). La cérémonie, riche en symboles et en engagements, s'est tenue en présence notamment du président de la délégation spéciale de Réo, Sindi Issaka Zagré, et du président exécutif de Eau vive internationale, Jean Bosco Bazié. Plusieurs autorités administratives et acteurs du secteur de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement ont également pris part à l'événement.

Face aux pannes fréquentes des pompes à motricité humaine en milieu rural, l'absence de compétences locales en maintenance compromet durablement l'accès des populations à l'eau potable. Dans ce contexte, l'initiative de Eau vive internationale se révèle essentielle, en dotant les communautés de savoir-faire techniques capables d'assurer la continuité et la pérennité des services d'eau.

Selon le formateur Balibié Théodore, cette session a permis aux participants d'acquérir des compétences essentielles en matière de maintenance des pompes à motricité humaine. Les apprenants ont été outillés sur la définition et les différentes étapes du diagnostic, ainsi que sur l'identification des pannes courantes et les techniques de maintenance préventive. La formation a également accordé une place importante à l'entretien général des équipements, avec un travail approfondi sur les supports pédagogiques.

« À travers des exercices pratiques et des études de cas, les participants ont pu illustrer leurs acquis par des exemples concrets », Balibié Théodore Bado, formateur des artisans réparateurs de pompes à motricité humaine

Une approche qu'ils ont particulièrement appréciée et qui a renforcé leur compréhension.

Au nom des bénéficiaires, Rasmané P. Compaoré a exprimé sa profonde gratitude envers les organisateurs et les partenaires de la formation. Il a salué la qualité des enseignements reçus, qui ont permis aux participants de renforcer significativement leurs compétences techniques en matière de diagnostic, de réparation et d'entretien des pompes à motricité humaine. S'engageant au nom de ses pairs, il a assuré que les acquis de cette session seront mis en pratique sur le terrain afin d'améliorer la fonctionnalité des ouvrages hydrauliques et de contribuer durablement à l'accès à l'eau potable dans les communautés rurales.

« Nous souhaitons que cette formation se poursuive au profit de notre jeunesse qui représente l'avenir du pays », Rasmané P. Compaoré, représentant des bénéficiaires

La haut-commissaire de la province du Sanguié, Talari Germaine Ouoba, a exprimé sa satisfaction quant à l'aboutissement de la formation des artisans réparateurs des ouvrages d'approvisionnement en eau potable. Elle a salué l'initiative de Eau vive internationale, menée en partenariat avec le Centre de formation aux métiers de l'eau, soulignant l'importance d'un tel programme dans le renforcement des capacités locales au service des communautés rurales.

S'adressant aux apprenants, elle a rappelé que durant douze jours, ceux-ci ont bénéficié d'une formation intensive combinant enseignements théoriques et exercices pratiques, adaptée aux exigences du terrain. Elle s'est particulièrement réjouie de leur assiduité et de leur engagement tout au long des sessions, notant avec satisfaction leur attention et leur implication dans les différents modules. Pour elle, ces acquis constituent une réponse concrète aux besoins actuels en matière de maintenance des infrastructures hydrauliques et un atout majeur pour améliorer durablement l'accès à l'eau potable.

« Votre rôle est désormais essentiel pour assurer la continuité du service en eau potable », Talari Germaine Ouoba, haut-commissaire de la province du Sanguié, s'adressant aux impétrants

Pour sa part, le président de la délégation spéciale de Réo, Issaka Sindi Zagré, a exprimé sa satisfaction d'accueillir cette session de formation dédiée aux artisans réparateurs des ouvrages d'approvisionnement en eau potable. Il a salué le choix porté sur la commune de Réo pour abriter cette initiative, qui a permis aux apprenants de renforcer leurs compétences. Selon lui, cette formation s'inscrit pleinement dans la dynamique de développement des compétences locales, essentielle pour assurer une meilleure gestion des infrastructures hydrauliques.

Par ailleurs, il a souligné les défis auxquels font face les collectivités territoriales en matière de fonctionnement des ouvrages d'eau potable, souvent perturbés par des pannes techniques affectant directement les populations. Dans ce contexte, il a insisté sur l'importance de disposer d'artisans qualifiés, organisés et disponibles pour garantir des interventions rapides et efficaces. Il a, à cet effet, félicité l'initiative de Eau vive internationale et la qualité de la formation dispensée, tout en exhortant les artisans à faire preuve de professionnalisme, de sens du service et de collaboration, afin de contribuer durablement à la gestion des ressources en eau dans les communautés.

« L'ONG Eau vive internationale et le CEFORME contribuent à doter nos territoires de ressources humaines compétentes, capables de répondre efficacement aux besoins des communautés », Issaka Sindi Zagré, président de la délégation spéciale de Réo

Dans son allocution, le directeur général du Centre de formation aux métiers de l'eau, Baya Gustave Bado, a exprimé sa profonde gratitude à l'ensemble des acteurs ayant contribué à la réussite de cette formation. Il a notamment remercié Eau vive internationale pour la confiance placée en son institution, ainsi que les autorités locales pour leur accompagnement constant. À travers une métaphore évocatrice, il a rappelé que la qualité des résultats obtenus repose sur la solidité des appuis et des partenariats, soulignant ainsi l'importance de l'engagement collectif dans la mise en œuvre de telles initiatives.

Abordant le contenu de la formation, il a indiqué qu'elle s'est articulée autour de trois axes majeurs : le diagnostic des pannes, la réparation et l'entretien des forages, en vue d'assurer la durabilité des équipements et la continuité du service. Au-delà des compétences techniques, les apprenants ont également été formés à l'entrepreneuriat, afin de leur permettre de structurer et de valoriser leurs activités de manière viable et durable. Il a enfin félicité les participants pour leur assiduité, leur discipline et leur esprit d'apprentissage tout au long des 12 jours, gages, selon lui, d'une meilleure appropriation des acquis et d'un impact positif dans leurs communautés.

« Un artisan réparateur doit aussi savoir s'organiser, valoriser son savoir-faire et structurer son activité. Il doit être en mesure de développer une entreprise viable, durable et adaptée aux réalités du terrain », Baya Gustave Bado, directeur général du CEFORME

Le directeur programme pays de Eau vive internationale, Dieudonné Bationon, a rappelé que cette formation a été organisée à la suite d'une doléance exprimée par les bénéficiaires lors de la Journée mondiale de l'eau 2025 à Manga. Elle répond, présice-t-il, à un besoin crucial, celui de renforcer les compétences locales pour assurer la maintenance des équipements d'approvisionnement en eau potable.

« Chose promise, chose due », a-t-il déclaré, soulignant l'engagement de son organisation à traduire les attentes des communautés en actions concrètes. Cette session a ainsi permis de renforcer les capacités des artisans issus des provinces du Ganzourgou, du Sanguié et du Zoundwéogo.

En cette Journée mondiale de l'eau, le directeur programme pays de Eau vive internationale au Burkina Faso, Dieudonné Bationon, a rappelé que l'accès à une eau potable de qualité est un droit humain fondamental, tout en demeurant un défi majeur

Il a également souligné que, par leur engagement, les acteurs contribuent directement à améliorer cet accès et à renforcer la résilience des communautés.

La cérémonie de clôture de la formation a été marquée par la signature officielle d'un partenariat entre EVI et le CEFORME. Cet acte solennel vient renforcer la collaboration entre les deux structures dans leur engagement commun en faveur du développement des compétences locales et de l'amélioration durable de l'accès à l'eau potable. À travers cette signature, les deux partenaires réaffirment leur volonté de conjuguer leurs efforts pour accompagner les communautés et pérenniser les acquis des différentes formations dans le domaine de l'eau.

Par ailleurs, la cérémonie a été aussi ponctuée par la remise d'attestations de participation aux 36 impétrants, venant sanctionner avec succès les douze jours de formation intensive. Les bénéficiaires ont également reçu des équipements de protection individuelle, essentiels pour l'exercice sécurisé de leur métier sur le terrain. Ce geste symbolique traduit la reconnaissance des efforts fournis par les apprenants et constitue un appui concret pour leur mise en pratique des compétences acquises, tout en renforçant leur capacité à intervenir efficacement dans la réparation et l'entretien des pompes à motricité humaine au profit des communautés rurales.

Signature officielle de convention entre Eau vive internationale et le Centre de formation aux métiers de Réo ; et remise d'équipements de protection aux impétrants

Au-delà de la dimension technique, cette initiative s'inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de l'eau dont le thème de cette année s'intitule : « Eau et Genre ». Ce thème a été également mis en lumière, avec une forte présence féminine parmi les autorités, illustrant l'importance de l'inclusion dans les politiques de développement.

Il faut noter que la présente formation intervient dans le cadre des activités de lancement du projet “SANGANZOU BF666”, mis en oeuvre dans les provinces du Ganzourgou, du Zoundwéogo et du Sanguié. Elle est une suite de la rencontre entre EVI et les artisans réparateurs tenue le 22 mars 2025 à Manga ; et vise à renforcer les capacités techniques des maintenanciers locaux, afin d'assurer la pérennité des ouvrages d'eau potable dans ces localités rurales.

La cérémonie s'est déroulée dans une ambiance conviviale, rythmée par la prestation d'un artiste de la localité, qui a apporté une touche festive et chaleureuse à l'événement

C'est le 1er mars 2014 que la fédération Eau vive internationale (EVI) a été créée à Ouagadougou au Burkina Faso. Elle fédère les associations Eau vive Burkina Faso, Eau vive France, Eau vive Mali, Eau vive Niger, Eau vive Sénégal et Eau vive Togo. Organisation professionnelle dans la mise en œuvre des projets et programmes de développement, elle ambitionne de porter le changement au Sud comme au Nord pour contribuer à construire un monde où tous les Hommes auront les moyens de vivre dignement.

L'ONG s'impose comme un acteur majeur engagé pour l'accès durable à l'eau potable, à l'assainissement et à la gestion des ressources en eau en Afrique de l'Ouest. Plaçant les communautés au cœur de son action, elle œuvre à développer des infrastructures de proximité adaptées aux besoins locaux, tout en renforçant les capacités des populations. Une attention particulière est accordée à l'autonomisation des femmes, à travers leur formation et leur accompagnement dans les métiers techniques de l'eau. À travers ces actions, l'organisation promeut une gestion inclusive, équitable et durable de la ressource, contribuant ainsi à améliorer significativement les conditions de vie des populations.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Santé mentale et résilience : Pamela Miriam Kabré outille des jeunes burkinabè pour faire face aux défis actuels

Mon, 06/04/2026 - 23:27

Fondement d'une vie équilibrée, prendre soin de son bien-être psychologique n'est pas un luxe, mais une nécessité. Sans une bonne santé mentale, il est difficile, voire impossible de faire preuve de résilience face aux épreuves. Conscient de cette réalité, le Rotaract Club de Ouagadougou Millenium a sollicité l'expertise de Pamela Miriam Kabré, consultante en développement des personnes et des organisations et en santé holistique. Et cela, pour l'animation d'une conférence sur un sujet dont l'importance n'est plus à démontrer. « Santé mentale et résilience », c'est le thème de cette conférence qui a rassemblé le samedi 28 mars 2026, à Ouagadougou, un public diversifié.

Entre diagnostics scientifiques et clés de reconstruction, la consultante en développement des personnes et des organisations, a su capter l'attention de l'assistance en posant une vérité essentielle : la qualité de votre vie dépend profondément de votre état intérieur.
Dès l'entame de son propos, Pamela Miriam Kabré a tenu à rappeler la définition fondamentale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Elle affirme que l'OMS définit la santé mentale comme étant un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, tout en apportant une contribution à sa communauté. « Notre vie est le reflet de ce qui se passe à l'intérieur de nous », a martelé l'experte, posant ainsi le décor d'une réflexion où la psyché devient le moteur de la performance et de l'épanouissement.

Elle a ainsi insisté sur le fait que la santé mentale ne se résume pas à l'absence de maladie, mais constitue un équilibre global entre les dimensions émotionnelle, psychologique et sociale. Dans cette dynamique, elle a proposé une lecture structurée des différents troubles mentaux qui peuvent affecter l'être humain. Parmi ceux-ci, figurent les troubles de l'humeur, les troubles anxieux, les troubles psychotiques, les troubles du comportement alimentaire, les troubles de la personnalité, les troubles du neuro-développement, ainsi que ceux liés aux addictions, au sommeil et aux fonctions cognitives. Une manière de montrer que ces réalités sont multiples et souvent interconnectées.

« Cela me réjouis de savoir que les gens sont de plus en plus ouverts et veulent apprendre davantage sur la santé mentale », Pamela Miriam Kabré, architecte du développement humain et de la performance organisationnelle

Comprendre TDAH et TDA pour mieux agir

Abordant la question du Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH ou TDA), la conférencière a détaillé les manifestations caractéristiques de ces troubles. Elle a expliqué que le TDAH se traduit par une agitation constante, une impulsivité marquée, une difficulté à rester en place ou encore une tendance à parler excessivement. À l'inverse, le TDA se manifeste davantage par une inattention chronique, des oublis fréquents, une désorganisation et une incapacité à mener une tâche à son terme.

Lorsque les personnes atteintes du TDH ne sont ni diagnostiquées ni prises en charge dans les meilleurs délais, cela les expose très souvent à des échecs scolaires et professionnels répétés, tout en compromettant leur capacité à s'intégrer pleinement sur le plan social. Toutefois, Pamela Kabré a rassuré son auditoire en évoquant des solutions accessibles, notamment la médication, les thérapies cognitives et comportementales, ainsi que l'utilisation de certaines plantes proposées par la conférencière. Elle a surtout insisté sur l'importance de la compréhension et de l'accompagnement, afin d'éviter les jugements hâtifs et les stigmatisations.

Les participants étaient composés notamment de jeunes, d'étudiants et de professionnels désireux de mieux comprendre les enjeux liés à l'équilibre psychologique

Dépression et stress, des réalités silencieuses mais dévastatrices

La dépression a également été au cœur des échanges. Elle est définie comme un trouble de l'humeur caractérisé par une tristesse persistante, un sentiment de vide intérieur et un profond désespoir. Elle peut se manifester par divers symptômes tels que la fatigue chronique, les troubles du sommeil, les variations de poids, la perte d'intérêt ou encore des difficultés à accomplir les tâches quotidiennes.

La conférencière a insisté sur le fait que ces signes ne doivent jamais être négligés.
Quant au stress, elle en distingue deux formes principales. Le stress conscient, perceptible à travers des manifestations physiques et émotionnelles comme l'augmentation du rythme cardiaque, les tensions musculaires ou l'irritabilité. Et le stress inconscient, plus insidieux, qu'elle qualifie de « tueur silencieux ». Ce dernier agit en profondeur sur l'organisme et peut entraîner des conséquences graves, notamment l'apparition de maladies comme le cancer, le vitiligo, les ulcères, l'alopécie, la constipation chronique, ainsi qu'un risque accru d'AVC.

Pour y faire face, Pamela Kabré recommande des pratiques telles que les exercices de relaxation, l'utilisation de solutions huileuses à base de macérats de plantes qu'elle a développées et mises à la disposition du public. Ces solutions selon elle, contribuent à stabiliser le stress, prévenir l'apparition des maladies chroniques, ralentir le vieillissement, améliorer la productivité au travail et favoriser la perte de poids, ainsi que la régulation des glandes surrénales.

« Cette conférence nous a permis de voir un peu certaines difficultés que nous vivons, notamment les jeunes. J'ai pu ainsi voir ce qui ne va pas et comment y remédier », Abdoul Kabir Dabré, étudiant en informatique et télécoms à l'Institut supérieur de technologies

Des solutions pratiques pour renforcer sa résilience

Loin de se contenter d'un constat, la conférence a ouvert des pistes concrètes vers la résilience. Pour les troubles de l'attention, des solutions allant de la médication aux thérapies cognitives comportementales, jusqu'aux plantes dont elle dispose ont été évoquées. Pour contrer la dépression et le stress, l'accent a été mis sur la régulation du système endocrinien et la stimulation du nerf vague.

Pamela Kabré a encouragé l'auditoire à cultiver des sources naturelles de bien-être, comme la sérotonine (hormone du bonheur) qui s'obtient notamment par la marche en nature, la méditation et la gratitude. La dopamine (système de récompense), elle, s'obtient en célébrant les petites victoires et en prenant soin de soi. L'oxytocine (hormone de l'amour), quant à elle, s'acquiert à travers les conversations profondes et les liens affectifs. Et les endorphines, eux, sont stimulées par le sport et le rire.

La résilience, selon elle, se construit au quotidien à travers de petites actions et une discipline personnelle. Elle repose sur la capacité à transformer les épreuves en opportunités d'apprentissage et de croissance. Dans cette optique, la conférencière a invité chacun à ne pas fuir les difficultés, mais à les affronter avec lucidité et détermination.

Une dimension spirituelle pour compléter l'équilibre intérieur

Fidèle à son approche holistique, Pamela Kabré n'a pas manqué d'intégrer une dimension spirituelle à son intervention. S'appuyant sur des psaumes, elle a rappelé l'importance de la foi et de la paix intérieure dans la gestion des épreuves. Elle a encouragé les participants à se reconnecter à des sources de sérénité et à cultiver une relation personnelle avec le spirituel comme levier de stabilité émotionnelle.

Une initiative saluée et porteuse d'espoir

Interactive et enrichissante, cette conférence du Rotaract club de Ouagadougou Millenium aura permis aux participants de repartir avec une meilleure compréhension des enjeux liés à la santé mentale et des outils concrets pour améliorer leur quotidien.

Étudiante en pharmacie à l'université Joseph Ki-Zerbo, Nejma Traoré, n'a pas caché sa satisfaction à l'issue de la conférence, qui a été pour elle enrichissante et instructive. Elle explique avoir particulièrement apprécié les éclairages apportés sur le TDAH et le TDA, des notions qu'elle connaissait jusque-là de manière superficielle à travers les réseaux sociaux.

« Aujourd'hui, j'ai appris davantage sur la santé mentale grâce à l'approche professionnelle de la conférencière », a confié Nejma Traoré, étudiante en pharmacie à l'université Joseph Ki-Zerbo, saluant la qualité de la conférence

Sympathisante de l'association Agir pour la santé mentale, elle affirme également avoir renforcé ses connaissances grâce aux échanges avec des spécialistes du domaine. Pour elle, ce type d'initiative mérite d'être multiplié, surtout auprès des jeunes, car la santé mentale apparaît désormais comme un enjeu majeur qui nécessite davantage de sensibilisation et d'engagement collectif.
Le président du comité d'organisation, Paulin Bassolé, assureur vie de profession et membre du Rotaract Club de Ouagadougou Millenium, a expliqué les motivations profondes ayant conduit à cette initiative sur la santé mentale et la résilience.

Selon lui, la santé mentale constitue une réalité sociologique incontournable qui concerne chaque individu, car nul n'est totalement à l'abri de troubles ou de déséquilibres psychologiques. Partant de ce constat, le club a jugé nécessaire de créer un cadre d'échanges et de sensibilisation afin de mieux orienter les populations et susciter une prise de conscience collective.

« Le choix porté sur Pamela Kabré pour animer la conférence, repose sur la richesse de son parcours et la pertinence de son expertise », a précisé Paulin Bassolé, membre du Rotaract Club de Ouagadougou Millenium et président du comité d'organisation

En guise de message à l'endroit des participants et du grand public, Paulin Bassolé a insisté sur l'importance de prendre soin de sa santé mentale avec la même rigueur que sa santé physique. Il a notamment encouragé chacun à ne pas hésiter à consulter des spécialistes, tels que les psychiatres, dès l'apparition des premiers signes de trouble, afin d'éviter toute aggravation.

Pour lui, une prise en charge précoce permet d'apporter des solutions efficaces, tandis que le retard dans les consultations peut compliquer la situation. Il a par ailleurs exprimé sa gratitude envers le psychiatre Dr Alphonse Nikiéma et la présidente de l'association Agir pour la santé mentale en Afrique, Kevine Konkobo, qui ont aussi apporté leur contribution à cette rencontre.

Au-delà des connaissances acquises, c'est un véritable appel à la prise de conscience et à l'action qui a été lancé. Dans un contexte où les défis personnels et professionnels sont de plus en plus complexes, cette initiative apparaît comme une contribution précieuse à la construction d'une société plus équilibrée, consciente et résiliente. Une chose est certaine : les graines semées lors de cette rencontre continueront de porter des fruits dans la vie de nombreux participants.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Burkina : La police nationale démantèle deux réseaux de présumés malfaiteurs

Mon, 06/04/2026 - 23:23

Le commissariat de Police de l'Arrondissement n°2 de Ouagadougou a démantelé deux groupes criminels actifs dans plusieurs localités, nous informe la page Facebook de la police nationale du Burkina Faso. Ces réseaux se livraient notamment au vol, au recel d'engins à deux roues et aux braquages. Ils sont âgés de 17 à 39 ans.

Le premier groupe fonctionnait de manière structurée : certains membres subtilisaient des motos dans des villes et sites aurifères, tandis que d'autres se chargeaient de leur transformation à Ouagadougou avant leur revente à Cinkansé. Le second réseau, constitué de récidivistes, menait des agressions nocturnes à l'arme à feu contre des personnes isolées dans plusieurs quartiers de la capitale tels que Dapoya, Toudbweogo, Saaba et Tanghin.

Le montant des pertes est estimé à plus de 50 millions de francs CFA. L'intervention policière, facilitée par la coopération des citoyens, a permis la saisie d'armes et de plusieurs engins. Les autorités appellent à la vigilance collective.

Lefaso.net

Burkina Faso : Coris Bank International inaugure son nouveau siège à Koulouba

Mon, 06/04/2026 - 23:20

Le nouveau siège de Coris Bank International SA a été officiellement inauguré ce vendredi 3 avril 2026 au quartier Koulouba, à Ouagadougou. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence de plusieurs membres du gouvernement, d'acteurs du secteur financier et de partenaires.

Implanté sur une parcelle de 3 172 m², l'édifice développe une surface construite totale de 16 760 m². Il se présente sous la forme d'un immeuble de type R+14 avec sous-sol, soit 16 niveaux au total, ce qui le classe parmi les immeubles de grande hauteur (IGH) dans le paysage urbain de la capitale.

Dans son allocution, le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, a souligné que ce nouveau siège dépasse le simple cadre d'une infrastructure bancaire. Il incarne une ambition nationale qui est celle de bâtir des institutions financières solides, viables et capables d'accompagner durablement la transformation structurelle de l'économie burkinabè.

Le chef du gouvernement a salué le rôle majeur joué par Coris Bank International dans le financement des entreprises, le soutien aux ménages et le renforcement de l'inclusion financière. Une contribution qu'il a qualifiée d'essentielle dans la mobilisation de l'épargne nationale et le financement des secteurs productifs.

Plusieurs membres du gouvernement et partenaires étaient présents à la cérémonie

« L'inauguration du nouveau siège de coris bank international constitue en effet une étape importante dans l'évolution du paysage financier de notre pays. Ce siège à l'architecture moderne et futuriste est bien plus qu'une infrastructure bancaire. Il est l'expression concrète de l'ambition nationale celle de bâtir au Burina Faso, des institutions financières solides, viables, capable d'accompagner la transformation culturelle de notre économique. Depuis plus d'une décennie, Coris Bank international s'est imposé comme l'un des acteurs majeurs du secteur bancaire national et sous régional. Il renforce l'inclusion financière de nos population. Elle participe ainsi de manière significative au financement des secteurs productifs, piliers essentiels du développement économique », a indiqué le patron de la cérémonie.

Tout en adressant les félicitations du gouvernement à Coris Bank International, le chef du gouvernement a saisi l'opportunité pour encourager les institutions financières à poursuivre leur rôle dans l'accompagnement de l'investissement et de l'entrepreneuriat, car selon lui, le développement repose sur une synergie entre l'action publique et l'initiative privée.

Le président de la cérémonie a indiqué que ce nouveau siège incarne une ambition nationale qui est celle de bâtir des institutions financières solides, viables et capables d'accompagner durablement la transformation structurelle de l'économie burkinabè

Le président du conseil d'administration, Emmanuel Sawadogo, dans sa prise de parole a rappelé que cette inauguration marque l'aboutissement d'une vision portée depuis la création de l'institution.

Selon lui, l'ambition initiale était de bâtir une banque solide, profondément ancrée dans les réalités économiques nationales et capable de soutenir la croissance des entreprises.

« Le siège que nous inaugurons aujourd'hui incarne notre volonté de bâtir une institution encore plus performante, plus innovante et plus engagée au service des Burkinabè. Mais surtout, il rappelle une conviction profonde : celle que le développement économique durable repose sur la confiance, sur la vision et sur la capacité collective à transformer les opportunités en réalisations concrètes. Je voudrais donc profiter de cette tribune pour rendre un hommage appuyé à l'ensemble des collaborateurs du Groupe Coris, dont l'engagement, le professionnalisme et le sens du service constituent la véritable force de notre institution. L'histoire de Coris Bank International est indissociable de celle du Burkina Faso. C'est ici que cette institution est néeet a grandi. Et c'est à partir de ce socle national que nous avons progressivement étendu notre présence dans la sous-région, puis au-delà », a-t-il indiqué.

Aujourd'hui, Coris Bank International s'impose comme un acteur de référence, avec une présence dans 12 pays. Une expansion qui, selon lui, illustre la capacité du Burkina Faso à faire émerger des champions nationaux dans un environnement régional concurrentiel.

Le président du conseil d'administration, Emmanuel Sawadogo a déclaré que le siège a été entièrement financé sur fonds propres, pour un coût global estimé à plus de 19 milliards de FCFA

Il a également précisé que le siège, dont la construction a duré 57 mois, a été entièrement financé sur fonds propres, pour un coût global estimé à plus de 19 milliards de FCFA. L'infrastructure comprend notamment des bureaux modernes, des salles de réunion, une salle de formation, une salle de marché, ainsi que diverses commodités destinées à améliorer les conditions de travail. Il a été conçu pour accueillir environ 700 utilisateurs.

Son architecture contemporaine, inspirée de la lettre « C » de Coris, lui confère une identité visuelle forte et en fait un repère dans le paysage urbain.

De son côté, la directrice générale, Gisèle Gumedzoe/Ouédraogo, a indiqué que ce siège traduit la solidité du système bancaire national et la crédibilité de l'économie burkinabè dans un contexte international marqué par de profondes mutations.

Faisant le bilan de l'institution, elle a révélé qu'en fin décembre 2025, Coris Bank International affichait un total bilan de plus de 2 800 milliards de FCFA, avec plus de 1 200 milliards de financements directs à l'économie et plus de 900 milliards d'investissements souverains.

Avec un réseau de 65 agences réparties sur le territoire, la banque poursuit son ambition de proximité et d'inclusion financière, tout en accélérant sa transformation digitale et son soutien aux projets structurants.

Lefaso.net

Burkina : 508 agents de la Primature en immersion patriotique

Mon, 06/04/2026 - 23:17

Le personnel de la Primature a entamé, ce 5 avril 2026, une immersion patriotique au Centre du SND à Loumbila, lit-on sur la la page Facebook de la Primature du Burkina Faso. Cette immersion vise à renforcer la discipline, le civisme et l'engagement au service public. Au total, 508 agents participent à cette session qui s'achèvera le 24 avril. Ils sont répartis en groupes afin d'assurer la continuité du service.

Le programme combine activités physiques et formations civiques, avec des modalités adaptées selon les capacités des participants. Les agents aptes suivent l'ensemble des activités, tandis que d'autres catégories bénéficient d'un encadrement spécifique. Tous restent néanmoins casernés.

Selon la directrice des ressources humaines, Mariam Nacanabo/Kalandjibo, "la finalité c'est d'améliorer la contribution des citoyens que nous sommes pour relever les défis actuels de notre pays." Et au directeur général du SND, colonel Haidara Moctar Taboré de renchérir : "Qui mieux que le personnel de la Primature pour montrer l'exemple." Cette initiative s'inscrit dans une dynamique de renforcement des valeurs patriotiques et d'exemplarité administrative.

Lefaso.net
Source : Primature

Championnat d'Afrique scolaire dames : Les Étalons U15 filles remportent leur premier match 2-0 face à la Tanzanie

Mon, 06/04/2026 - 23:15

Les Étalons U15 filles ont battu la Tanzanie 2 buts à 0 ce lundi 6 avril 2026, pour leur premier match du championnat d'Afrique scolaire dame qui se tient au Zimbabwe.

Les Étalons U15 filles participent actuellement au championnat d'Afrique scolaire dames qui se déroule au Zimbabwe.

Pour leur premier match, les représentantes burkinabè ont remporté une victoire sur le score de 2-0 face au Stars de la Tanzanie, ce matin à Hararé au Zimbabwe.

Logés dans le groupe B avec le Ghana, la Tanzanie et la Guinée, les Étalons U15 filles vont affronter pour leur deuxième match, la Guinée le 7 avril à 7h TU, puis le Ghana dans la même journée à 11h30 TU.

Lefaso.net

Informatique : Laciné Kabré obtient la mention Très honorable pour une thèse sur la gestion des données massives dans un réseau pair-à-pair Overlay

Mon, 06/04/2026 - 23:12

Ce samedi 04 avril 2026, Laciné Kabré a brillamment soutenu sa thèse de doctorat en informatique, intitulée « Approche de collecte, de stockage et de sécurisation des données massives dans un réseau pair-à-pair Overlay ». À l'issue des délibérations, le jury lui a décerné la mention Très honorable, récompensant ainsi plusieurs années d'un travail rigoureux et ambitieux.

"Je remercie tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce travail", Dr Laciné Kabré

Le jury, présidé par le Pr Oumarou Sié, était composé de l'examinateur Dr Yaya Traoré et des rapporteurs Pr Damien Magoni, Dr Didier Bassolé et Dr Moustapha Diaby. Tous ont salué la qualité et le sérieux du travail présenté. "Déjà de par la présentation, on sent que vous avez une bonne maîtrise de ce que vous faites. On sent tout le sérieux avec lequel les choses ont été faites. Cela est tout à votre honneur", a déclaré le Pr Sié.

"C'est un thème original, qui mérite d'autres travaux de recherche pour s'inscrire dans la continuité", Pr Oumarou Sié

Son directeur de thèse, Dr Télesphore Tiendrebeogo a, quant à lui, souligné à la fois la pertinence du sujet et la résilience dont a fait preuve son étudiant. "Il a travaillé sur un thème assez intéressant, à la frontière entre les réseaux, les bases de données et la sécurité informatique. C'est un thème porteur et sur lequel d'autres acteurs peuvent s'appuyer pour travailler", a-t-il affirmé.

En image, Dr Laciné Kabré, son épouse et les jurés qui ont évalué son travail

Fort de cette distinction, Dr Kabré entend poursuivre ses recherches sur les perspectives identifiées, convaincu que la maîtrise des données massives constitue un défi majeur pour le développement numérique au Burkina.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Avis de recrutement d'un Auditeur Interne et de la Qualité (AIQ), un Chargé de Communication et un Agent de liaison et de reprographie

Mon, 06/04/2026 - 22:30

Intitulé des emplois

Auditeur Interne et de la Qualité (AIQ)

Nbre

01

Formation, Expérience professionnelle

FORMATION :
Être titulaire d'un diplôme de niveau BAC+5 en Audit, contrôle et comptabilité ou équivalent.
EXPERIENCE PROFESSIONNELLE :
Justifier d'une expérience professionnelle avérée d'au moins dix (10) années de service après l'obtention du diplôme en matière d'audit, de contrôle, ou dans les domaines connexes au sein d'un organisme public ou privé.

Intitulé des emplois

Chargé de Communication

Nbre

01

Formation, Expérience professionnelle

FORMATION :
Être titulaire d'un diplôme de niveau BAC+4 en Communication, journalisme ou équivalent.
EXPERIENCE PROFESSIONNELLE :
Justifier d'une expérience professionnelle avérée d'au moins cinq (05) années après l'obtention du diplôme dans la mise en œuvre d'une politique de communication, d'une politique marketing ainsi que la mise en œuvre d'une politique de relations publiques.

Intitulé des emplois

Agent de liaison et de reprographie

Nbre

01

Formation, Expérience professionnelle

FORMATION :
Être titulaire d'un Brevet d'Etude du Premier Cycle (BEPC).
EXPERIENCE PROFESSIONNELLE :
Justifier d'une d'expérience professionnelle avérée d'au moins trois (03) années de service en matière d'Agent de liaison et de reprographe ou d'agent coursier (liaison) au sein d'un organisme public ou privé.

1. Conditions Générales :
Être de nationalité Burkinabè ;
Être âgé de 18 ans au moins et de 45 ans au plus au 31 décembre 2026 pour les postes d'Auditeur Interne et de la Qualité et de Chargé de Communication ;
Être âgé de 18 ans au moins et de 37 ans au plus au 31 décembre 2026 pour le poste d'Agent de liaison et de reprographie ;
Jouir de ses droits civiques et être de bonne moralité ;
Être apte à travailler en équipe et sous pression.

2. Lieu d'affectation : Ouagadougou

3. Composition du dossier :
Une lettre de motivation, datée et signée adressée à Madame la Directrice Générale du cabinet ;
Un curriculum vitae sincère, assorti des contacts de trois (03) noms de personnes de référence ;
Une copie légalisée du diplôme exigé ;
Une copie légalisée de la Carte Nationale d'Identité Burkinabè ou Passeport en cours de validité ;
Une copie du (des) attestation (s)/certificat (s) de travail.

4. Dépôt des dossiers de candidature : les dossiers sont réceptionnés uniquement sur la plateforme www.criburkina.com en créant son compte et joindre les fichiers demandés.

5. Date limite de dépôt des dossiers : Vendredi 10 avril 2026.

6. Procédure de recrutement : présélection sur dossier, test écrit et entretien oral.

7. Limitation : seuls les cinquante (50) premiers dossiers seront réceptionnés pour le poste d'agent de liaison et de reprographie.

NB :
-L'avis de recrutement détaillé est également disponible sur le site www.criburkina.com ;
Pour toute information complémentaire, appeler le +226 25 47 64 01 ou 51 22 46 39.

Décès de Docteure KABORE née BONEGO Marthe : Remerciements

Mon, 06/04/2026 - 21:45

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra » Jean 11, 25
Sa Majesté Naaba Zoom-Wobgo de Andemtenga,
La grande famille KABORÉ à Andemtenga, Koupéla, Pouytenga, Ouagadougou et en Côte d'Ivoire,
Les familles BONEGO et BANGRE à Zonatenga, Fada N'Gourma, Ouagadougou, Kampouaga, Tenkodogo et Abidjan,
La famille GUIGUI à Tiébélé, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso,
Les familles alliées,

Le Docteur KABORÉ Issa et ses enfants,
Le Colonel-major à la retraite BONEGO Maxime, son épouse et leurs enfants,
Profondément touchés par les nombreuses marques de compassion, de fraternité et de solidarité qui leur ont été témoignées à l'occasion du rappel à Dieu, le 05 février 2026, puis de l'inhumation, le 06 février 2026, de leur épouse, fille, belle-fille, sœur, mère et tante bien-aimée,

Docteure KABORE née BONEGO Marthe
adressent leurs sincères et pieux remerciements à toutes les personnes qui, de près ou de loin, leur ont apporté un soutien moral, spirituel, matériel et financier en cette douloureuse circonstance.

Ils expriment particulièrement leur reconnaissance :
• aux autorités du Ministère de la Santé ;
• au personnel du CHU Yalgado Ouédraogo ;
• au Conseil National de l'Ordre des Médecins du Burkina Faso ;
• à la délégation de l'Institut National de Santé Publique ;
• au personnel de RESADE ;
• au clergé de la paroisse Saint Charles Lwanga de Wayalghin ;
• aux Communautés Catholiques de Base (CCB) Saint Kisito et Sainte Cécile de Wayalghin ;
• aux promotionnaires, amis et collègues de Dr KABORÉ Issa et de Dr KABORÉ née BONEGO Marthe ;
• aux voisins et à la jeunesse de Wayalghin.

À tous ceux dont les noms n'ont pu être cités ici, mais dont la présence, les prières, les gestes de réconfort et les diverses manifestations de soutien ont été d'un grand secours, les familles renouvellent leur profonde gratitude.
Que le Seigneur, dans son infinie miséricorde, rende à chacun au centuple ses bienfaits.
Union de prières !

Programme des obsèques de Maman Marthe ZONGO

Mon, 06/04/2026 - 20:59

*Mercredi 8 avril 2026 : 20h veillee au domicile familiale

*Jeudi 9 avril :
* 6h30 : levée du corps à la morgue pour le domicile familiale

* 8h30 : départ pour l'absoute a l'eglise
Paroissiale Saint Charles Lwanga de wayalghin

* 9h00mn : Absoute

* Enterrement au cimetière de Borgo.

2 Timothée 4,2 : J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course

Décès de SINARE/ZABSONRE W. Diane Clémence : Remerciements et faire-part

Mon, 06/04/2026 - 19:30

La grande famille SINARE à Zitenga, Ouagadougou et Abidjan,
Monsieur SINARE Karim à Ouagadougou,
Monsieur SINARE Ablassé à Koudougou,
Monsieur SINARE Ablassé à Fada N'Gourma,
Monsieur KONSIEMBO Valentin à Ouagadougou,

La grande famille ZABSONRE à Tenkodogo et Ouagadougou,
Monsieur YELBI Inoussa Claver et son épouse Marie Béatrice ZABSONRE à Ouagadougou,
Colonel Major ZAMPALIGRE Harouna à Ouagadougou,
Monsieur ZABSONRE Rodrigue Marie Stéphane à Ouagadougou,
Monsieur ZABSONRE Rayangnewendé Yanick à Téma/Ghana,

Les familles alliées : NASSA, NANEMA, OUEDRAOGO, SORGHO, BERE, BAMBARA, YELBI, MINOUNGOU, ZAMPALIGRE,

Monsieur SINARE Omer Abdoul Dramane à Ouagadougou-Secteur 1,

Les enfants : Yann Frédéric Gautier Paling-Wendé, Astrid Marie Violaine, Maryse Gloria Wend-Kuuni,
Très touchés par vos nombreuses marques de compassion, d'affection, d'amitié et de réconfort, vous réitèrent leurs sincères remerciements et leur reconnaissance, pour vos soutiens multiformes que vous leur avez témoignés lors de la maladie, du rappel à Dieu le 28 mars 2026 et de l'inhumation le 30 mars 2026, de leur fille, nièce, sœur, belle-fille, belle-sœur, tante, épouse, mère :

Mme SINARE/ZABSONRE W. Diane Clémence

Ils se réservent le droit de citer des noms de peur d'en oublier. Que Dieu le Tout-Puissant récompense chacun au centuple ses bienfaits.

Par ailleurs, ils vous informent que la grande messe de requiem aura lieu le dimanche 12 avril 2026 à 09H00 à la Cathédrale de l'Immaculée Conception de Ouagadougou.

Que par la miséricorde de Dieu, l'âme de SINARE/ZABSONRE W. Diane Clémence repose en paix.

« Je ne meurs pas, j'entre dans la vie » Sainte Thérèse de l'enfant Jésus.

Décès du Kosnaaba de Ouéguédo MINOUNGOU Bila Donatien : Faire part

Mon, 06/04/2026 - 12:03

NAABA SONRÉ, Chef du Canton de Ouéguédo et ses notables,
Le Zangue-Naaba de Ouéguédo,
Les épouses KOUDOUGOU Antoinette et KÉRÉ Goudouma,
MINOUNGOU Sanré Christian à Ouagadougou,
Ses frères, sœurs, cousins et cousines, neveux et nièces, enfants et
petits-enfants ;

Ont la profonde douleur de vous annoncer le décès de leur cousin,
père, beau-père, grand-père, arrière-grand-père ;
Le Kosnaaba de Ouéguédo MINOUNGOU Bila Donatien le 1 e r avril
2026 au CHU de Bogodogo à 81ans dans sa 53ième année de règne.

Le programme des obsèques s'établit comme suit :
MINOUNGOU Bila Donatien
Kosnaaba de Ouéguédo Levée du corps suivie du transfert à Ouéguédo, Commune de
Tenkodogo, province du Boulgou le lundi 6 avril 2026 à 13h à la

1945 - 1 e r avril 2026 morgue du CHU de Bogodogo

Veillée de prières le lundi 6 avril 2026 à partir de 20 h au

La famille MINOUNGOU à Ouéguédo, Zanghin, Kougsabla, domicile familial ;

Tenkodogo, Gomissi, Bittou, Lioulgou, Ouagadougou, en Côte Messe d'absoute à l'église saint Camille de la paroisse de
Ouéguédo le mardi 7 avril 2026 à partir de 10h ;
d'Ivoire, au Ghana, au Luxembourg, en Belgique et au Canada ;
Enterrement à partir de 11h en famille.
Les familles alliées : SAMANDOULGOU, ZANGA , KOUDOUGOU ,
KÉRÉ , BALIMA, SANA, YAMYAOGO, KORGHO, SORGHO, Que par la miséricorde de Dieu l'âme de papa Donatien repose en

TARNAGDA, YAMMA, NOKBAONGO, OUÉDRAOGO, SÉONÉ , paix.
KAFANDO, SORGHO, TARZÉMA, OUBDA, SÉCRÉ et ZABSONRÉ ;

Union de prières.

Offre de stage : Un cabinet de communication recherche un (e) stagiaire en Marketing/Communication pour une durée de 3 mois

Tue, 31/03/2026 - 14:50

Tâches
organisation événementielle
prospections commerciales
community management

Diplôme de licence en Marketing/ Communication

Pour postuler : CV + Lettre de motivation à envoyer à l'adresse info.arobasecommunication@gmail.com avec comme objet "stage en Marketing / Communication
(avant le 05 avril 2026)

UBA : Le digital comme levier de souveraineté et d'intégration africaine

Tue, 31/03/2026 - 14:30

Dans un continent où la rapidité d'exécution, la transparence des flux et la confiance institutionnelle sont devenues des déterminants majeurs de compétitivité, United Bank for Africa (UBA) a fait le choix stratégique d'ancrer sa transformation dans le numérique. Plus qu'une modernisation technologique, il s'agit d'un repositionnement structurel qui redéfinit le rôle de la banque dans l'architecture économique africaine.

Une puissance digitale à l'échelle du continent

Avec 32,6 millions de clients actifs sur ses canaux digitaux, UBA affiche l'un des niveaux d'adoption technologique les plus élevés du paysage bancaire africain. Cette massification ne relève pas d'un simple effet de modernité. Elle traduit la mise en place d'une infrastructure robuste, capable d'absorber des volumes importants de transactions tout en évoluant dans des environnements réglementaires multiples et parfois complexes.

Les performances financières confirment cette orientation stratégique. En 2024, les revenus digitaux du Groupe ont progressé de 91,9 %, illustrant le basculement du numérique d'un outil d'optimisation vers un véritable moteur de création de valeur. Le digital n'est plus un canal complémentaire : il constitue désormais le cœur du modèle économique.

Un acteur clé de l'intégration financière africaine

Le leadership digital de UBA prend toute sa dimension dans le contexte de l'intégration économique du continent. Grâce à ses plateformes numériques et à son interconnexion avec des mécanismes panafricains tels que le Pan-African Payment and Settlement System, la banque participe activement à la fluidification des paiements transfrontaliers.

Cette intégration technologique contribue à réduire les délais de règlement, à abaisser les coûts de transaction et à limiter la dépendance aux circuits financiers extra-africains. Dans le sillage de la Zone de libre-échange continentale africaine, le numérique devient ainsi une infrastructure stratégique au service du commerce intra-africain. En facilitant la circulation des capitaux et en améliorant la liquidité régionale, UBA s'inscrit dans une dynamique de consolidation de l'espace économique continental.

L'intelligence artificielle comme vecteur d'inclusion

Au centre de cette stratégie technologique figure Leo, l'assistant bancaire intelligent du Groupe, qui traite plus de 12 millions de transactions chaque mois. Accessible via les principales messageries et canaux digitaux, Leo permet aux clients d'effectuer des opérations en temps réel, 24 heures sur 24, sans contrainte géographique.
Au-delà de la performance opérationnelle, l'intelligence artificielle devient ici un outil d'inclusion financière. Dans des marchés où l'accès physique aux agences demeure inégal, la capacité à offrir des services bancaires instantanés par voie digitale contribue à élargir l'accès aux services financiers et à réduire les barrières traditionnelles d'entrée.

Transparence, conformité et crédibilité internationale

L'environnement financier africain a longtemps été marqué par la fragmentation des systèmes de paiement, la lourdeur des correspondances bancaires internationales et des délais de règlement étendus. En automatisant ses processus et en intégrant des systèmes de règlement quasi instantanés, UBA apporte une réponse structurelle à ces contraintes.

La digitalisation renforce la traçabilité des opérations, améliore la gestion des risques et consolide la conformité réglementaire dans un cadre multi-juridictionnel. Cette capacité à allier innovation technologique et rigueur prudentielle renforce la crédibilité du Groupe auprès des investisseurs et partenaires internationaux, dans un contexte où la confiance constitue un actif stratégique.

Une ambition au-delà de la performance

La transformation digitale de UBA ne se limite pas à l'optimisation des coûts ou à l'amélioration de l'expérience client. Elle s'inscrit dans une vision plus large : bâtir une infrastructure financière africaine moderne, capable de mobiliser l'épargne domestique, d'attirer des flux d'investissement internationaux et de soutenir durablement le commerce intra-africain.

En se positionnant à l'intersection de la technologie, de la finance et de l'intégration régionale, UBA illustre l'évolution de la banque africaine contemporaine. Celle-ci n'est plus seulement un intermédiaire financier, mais une plateforme technologique intégrée, au service des flux continentaux et de la transformation économique.
À grande échelle, avec des performances mesurables et une vision structurée, UBA confirme ainsi son positionnement d'« Africa's Global Bank », portée par l'innovation et engagée dans la construction d'une souveraineté financière africaine durable.

Burkina/ Défis énergétiques : Les bons réflexes selon l'expert Carl Franck Nikiéma

Tue, 31/03/2026 - 13:35

Au Burkina Faso, comme dans de nombreux autres pays, les périodes de canicule riment avec une forte demande en énergie, qui se manifeste chez les consommateurs, par de fortes attentes également et des initiatives de recherches de solutions. Dans cet entretien sur le sujet, l'électrotechnicien, Franck Carl Nikiéma, promoteur de « Gad General Electric » fait appel notamment à la responsabilité du consommateur lui-même dans ces défis énergétiques. Lecture… !

Lefaso.net : L'électricité est un bien commun, et aujourd'hui, de première nécessité. Par quelle manière peut-on (ou doit-on) optimiser sa consommation, surtout en cette période de forte demande ?

Carl Franck Nikiéma : La question est essentielle, parce qu'elle résume à la fois beaucoup d'aspects. D'abord, je dirai que pour économiser l'énergie, au service ou à domicile, il faut avant tout penser à son portefeuille. Cela doit nous pousser à avoir des réflexes qui siéent en matière de consommation d'énergie. De façon pratique, quand je quitte la maison ou mon lieu de travail, je dois couper tout ce qui consomme l'électricité, des ampoules aux appareils électroménagers. Il faut couper les ampoules au niveau des interrupteurs. Les gens ont des difficultés le plus souvent avec les appareils électroménagers, où la plupart se contentent de couper avec la télécommande, au lieu d'arrêter carrément au niveau de l'interrupteur, appelé couramment contact (plus souvent placé derrière le régulateur, où c'est écrit 0-1, il faut le ramener au point 0).

Pour le climatiseur, on doit couper au niveau du bouton, et non arrêter seulement par la télécommande. Quand on éteint uniquement par la télécommande, l'appareil est en standby (ça veut dire que vous consommez toujours, même si c'est relativement faible). Aussi quand on n' arrête pas carrément par le contact, votre appareil peut avoir un choc avec les coupures ; c'est ce qui arrive parfois chez certains consommateurs qui rejettent la faute à la SONABEL, en prétextant n'avoir pas de courant, alors que ce n'était pas le cas.

Y-a-t-il un matériel-type en cette période de chaleur ?

Il n'y a pas de matériel-type. En réalité, il faut simplement inviter les gens à être vigilants dans l'achat de leur matériel. Il faut être très prudent, parce qu'on est souvent piégé par ce qu'on appelle les « au-revoir France ». Si je prends par exemple les réfrigérants, les « au-revoir France » qu'on paie ici, fonctionnent avec du gaz à effet de serre. C'est du matériel mis à la poubelle de l'autre côté, que nous acquérons ici. Ça contient du gaz polluant (contrairement au gaz sans effet de serre qui est recommandé). Ces réfrigérants sont du matériel lourd, donc, leur consommation est quasiment au double. Comme à l'achat, il est moins cher, les gens se disent qu'ils gagnent. C'est en cela que vous voyez des gens faire des comparaisons avec d'autres personnes, comme quoi ils ont un tel matériel plus petit par rapport à l'autre mais ils paient plus, que cela n'est pas normal, la SONABEL les vole, etc.

Même pour le matériel neuf, il faut être vigilant en ce qui concerne les paramètres. Si vous ne tenez pas compte des paramètres, vous pourrez être déçu, vous ne comprendrez rien dans ce qui vous arrive. Au niveau des motos et des véhicules, les gens sont regardants. Par contre, en ce qui concerne l'électroménager, ils ne sont pas autant regardants. Nous avons un climat particulier, l'ensoleillement et notre réseau électrique, est propre à nous. Ce n'est pas parce que l'autre a payé un matériel similaire et n'a pas eu de problème qu'il faut en faire une référence.

Le matériel est fabriqué avec des normes internationales, alors que nous avons nos propres réalités ; est-ce que le matériel que vous voulez acheter supporte les surtensions, par exemple ? Donc, quand vous voulez payer un matériel électrique ou de l'électroménager, vous devez voir les caractéristiques. Sur un matériel, vous verrez par exemple : 110 250. Cela veut dire qu'à partir de 110 volts, le matériel fonctionne (le minimum de tension pour que ça fonctionne) et le maximum (à ne pas dépasser), c'est 250 volts. A contrario, vous verrez le même équipement où c'est écrit : 220. Ici, à 220 volts, le matériel fonctionne. Mais en-dessous, il n'aura pas de rendement et au-dessus, il va brûler. Quand les gens paient, ils ne regardent pas ces éléments, ils ne regardent que le prix. Or, il faut tenir compte de notre réseau électrique.

Est-ce la chaleur également qui explique les courts-circuits ou les incendies, qui semblent aussi récurrents en cette période ?

Ce problème se situe à deux niveaux. D'abord, au Burkina, c'est celui qui a eu le marché pour construire la maison, le bâtiment, qui installe les circuits électriques. Or, qui parle de construction d'un édifice, doit penser à faire appel à plusieurs compétences : un spécialiste du génie civil, un spécialiste en énergie, un spécialiste en menuiserie métallique et aluminium, il faut un soudeur pour la charpente, un spécialiste en finition pour le carrelage et la peinture, etc.

Mais ici, on donne tout ce travail à une seule personne : celle du BTP, chargée de la construction de la maison, de l'édifice. Et c'est cette dernière qui va dire qu'elle connaît des gens qui peuvent bien faire ces travaux, qu'il va les contacter. Mais, c'est à quelle qualité ? En plus, il n'est pas expert de ces domaines, même s'il a des notions. Lorsqu'une personne vous contacte pour la construction d'un édifice, le technicien doit avoir des entretiens avec le client, pour comprendre non seulement ce qu'il veut tout de suite, mais également ses perspectives. A partir de là, le technicien doit faire ce qu'on appelle un dimensionnement à l'issue duquel, il fait une proposition en fonction du budget du client.

Le technicien doit se mettre en tête qu'au moment où le client le sollicite pour le travail, il n'a pas tous les moyens, il fait en fonction de son budget. Mais lui, technicien, ne doit pas tomber dans le piège ; il doit se dire que lorsque le client aura des moyens, il va forcément procéder à une extension (ajouter du matériel, des installations, des commodités, etc.). Mais au moment où il est en train de discuter de son projet avec toi, technicien, il va te dire que lui, il a son petit budget, qu'il veut juste un endroit où il peut entrer et dormir : la lumière, l'éclairage pour permettre aux enfants d'étudier, un ventilateur, et c'est tout.

Il y en a, quand vous parlez même de téléviseur, ils vous disent qu'ils n'en ont même pas besoin, qu'avec les téléphones-portables, ils regardent tout là-bas. En ce moment, si tu cèdes à ses explications, c'est que tu es un mauvais électricien. Vous devez lui concevoir un plan avec des réservations, parce qu'il a sans doute des perspectives dans la tête, en attendant d'avoir les moyens. Ensuite, il faut savoir faire le choix des équipements et projeter dans le futur. Il faut être véridique envers le client, il ne faut pas voir que le marché à gagner.

Cette période de forte chaleur rime également avec le recours accru aux sources d'énergie solaire, dont l'efficacité semble être remise en cause par nombre de citoyens. Finalement, où se situe le problème du solaire : la qualité du matériel, de la ressource humaine ou les deux à la fois ?

Pour l'énergie solaire, on peut faire le même constat : on voit des gens qui paient des plaques « au-revoir France », se disant que c'est bien, c'est venu de tel ou tel autre pays. Mais, le problème ici également, c'est ce qu'on appelle la « plage température ». Vous lirez par exemple sur une plaque : -5 à 20°. Cela veut dire que la plaque, à partir de -5, commence à débiter et elle supporte seulement 20°. Or, nous sommes à plus de 45°, parfois.

Donc, le consommateur qui va payer la plaque, doit regarder le seuil de température. Il faut payer des plaques d'au moins 40°. Mais ce qu'on voit sous nos cieux, c'est que les gens partent payer seulement, et après, ils disent que le technicien ne connaît pas, que X a payé au même endroit, mais ça a été bien. Il y a aussi la capacité de la batterie à se recharger. Toutes ces caractéristiques doivent être prises en compte dans tous les aspects. Il y a aussi les onduleurs ; il y en a qui sont faits par des plaquettes électroniques et d'autres par des bobines, il faut savoir comment fonctionne chacune de ses sources.

Aussi, lorsque les gens décident de faire des installations, ils ont le réflexe d'éviter les entreprises qui ont leurs agréments, qui ont donc des compétences avérées, ils disent que c'est cher. Donc, ils vont aller voir un des ouvriers sur le terrain, qu'ils vont prendre parce qu'ils le trouvent moins cher. Et quand ce dernier va aller faire le travail, ils vont tout de suite se heurter à des difficultés et certains reviennent maintenant là où il faut.

Les consommateurs n'ont-ils pas raison parfois, quand on sait que certains techniciens sont plus soucieux du gain ?

Je reviens au savoir-être, à la sincérité et à l'esprit civique qu'il faut mettre dans son travail. Les compétences certes, mais il faut de l'amour, de la fierté à faire un travail irréprochable et penser à quelle société on veut laisser à nos enfants, à la postérité. Voilà pourquoi, chez nous ici, les enfants que nous formons, ou qui viennent en stage, n'apprennent pas seulement les compétences, ils apprennent aussi des valeurs de civisme et d'ardeur au travail. C'est cela qui va déterminer notre société de demain. Si on a des hommes, des techniciens de valeurs, on va bâtir une société de valeurs, solide, où tous les Burkinabè, toutes les populations vont se sentir dedans.

Tous les chefs d'entreprise, je le dis toujours, doivent être des enseignants de civisme au sein de leur entreprise. Voyez aujourd'hui, quand les enfants viennent en stage, la plupart, ce qui les intéresse, c'est combien ils vont gagner. Et pire, même les parents pensent à cela. Et les parents ne cherchent même pas à savoir où leur enfant fait son stage, comment ça se passe, etc. C'est dommage ! Mais je le réitère, c'est à nous, chefs d'entreprise également, de changer cette perception.

Il faut travailler à mettre fin à l'esprit de course effrénée au gain ; si on ne le fait pas, ne nous plaignons pas demain d'avoir des hommes, des techniciens qui n'ont de préoccupation que le gain, au détriment de certaines valeurs chères à l'ensemble de la société. Mais tout cela est une question de volonté, de la cellule familiale au niveau de l'Etat, en passant par ceux qui animent la vie publique, comme les organisations et autres. C'est en cela je dis que les politiques ont échoué ; malgré le nombre pléthorique de partis politiques qu'on avait, combien faisaient par exemple des conférences sur les orientations scolaires pour éclairer les jeunes sur des filières ou au plan professionnel ? Combien de partis politiques faisaient de la communication sociale ?

Si je ne me trompe, ce sont : Pr Laurent Bado, Dr Ablassé Ouédraogo et le regretté Norbert Tiendrébéogo. Ce sont ces trois qui faisaient beaucoup de communications sur ces sujets. En tout cas, pour ce que je connais et pour des gens de ma génération. J'ai assisté à de nombreuses communications de ces hommes politiques (peut-être qu'il y en a d'autres, mais moi, ce sont ces trois que je connais en la matière). Les autres, quand ils venaient, c'était pour parler de questions liées aux élections ou pour parler de pure politique. Or, c'est à ce niveau qu'il faut préparer ce que nous voulons pour demain.

Un autre aspect également, et pour revenir au volet énergie, il faut que l'Etat arrive à davantage nommer des gens qui maîtrisent ce domaine technique. Je ne dis pas que ceux qui sont nommés ne maîtrisent pas, je veux dire simplement que le système qui a toujours existé dans notre pays est celui qui est basé sur les diplômes. Or, il y a les diplômes certes, mais il y a l'expertise. Nous avons par exemples des gens qui sont à la SONABEL, qui n'ont pas de gros diplômes, mais qui peuvent vous dessiner le réseau électrique de toute une région. Dans ce cas, qu'est-ce qu'on peut faire, c'est d'organiser des renforcements de capacités de l'expert dans son domaine ; après un certain nombre d'années, le monsieur ou la dame peut présenter une étude et on fait certifier par un jury. Ce sont des choses scientifiques, mesurables, c'est du concret. Ce sont des ressources humaines comme cela qu'il faut savoir utiliser, elles sont-là.

Pensez-vous que le Burkinabè est un bon consommateur, c'est-à-dire un bon citoyen en matière de consommation d'énergie ?

Il faut relativiser. D'abord, il y a quelque chose que nous, Burkinabè, ignorons ; on ne sait pas que l'énergie est une denrée rare. Pour ceux qui n'ont pas encore quitté le pays, ils ne savent pas que chez nous, on a moins de coupures. Il y a des pays, dont je ne vais pas citer le nom, il faut y arriver pour comprendre de quoi on parle. J'ai dit qu'on doit relativiser, parce qu'en matière de gestes citoyens, certains font mieux, mais d'autres, ça laisse à désirer. Ce n'est pas seulement dans le service public, même chez nous dans le privé.

Tout de suite, nous étions sur le terrain, on vient de rentrer, mais quand nous sommes arrivés, on a constaté que nos lumières étaient allumées (l'interview a eu lieu autour de 17h). Quand tu vas parler, ils vont dire que le patron parle beaucoup. Ça veut dire que, pour certains, dans leur tête, tant que ce n'est pas eux qui paient le courant, ils ne se préoccupent pas de l'économiser. Ils se disent que c'est l'entreprise qui paie.

Or, que ce soit l'Etat ou le privé, il faut que chacun se soucie de ces aspects. Tant que nous n'acceptons pas que l'entreprise doit gagner en économisant ce qui peut l'être, nous n'allons pas pouvoir être de bons citoyens. Il faut vraiment économiser l'énergie, avoir le réflexe d'éteindre tout ce qu'il faut, quand on sort de son bureau, de son lieu de travail, de chez soi à la maison. Cela évite même les incendies, les courts-circuits. Donc, il faut se soucier de son service, de son entreprise, c'est très important. C'est la même chose en matière d'eau. Tout cela constitue des charges pour les services, pour la fonction publique, les entreprises, etc.

Certains pensent aussi que, c'est parce que ce sont eux qui paient les factures, ils peuvent utiliser l'énergie ou l'eau comme ils veulent, pourvu qu'ils puissent s'acquitter !

Effectivement, vous dites juste. J'en ai même été témoin, il n'y a pas longtemps. Je suis allé pour une réparation chez un client, où j'ai constaté que la climatisation était allumée dans la chambre, je l'ai donc éteinte. Quand la femme s'est rendue compte que j'ai arrêté, elle s'est exclamée, en me disant que si son mari arrive, il va se plaindre que ce n'est pas bien frais. Effectivement, il est arrivé pendant que j'y étais toujours. Le climatiseur était resté éteint, il est rentré puis est ressorti pour me dire que la température de sa chambre n'est pas bien fraîche. Je lui ai dit que c'est moi qui ai éteint.

Et j'ai ouvert des échanges avec lui sur le sujet. Je lui demande est-ce qu'il pense que c'est un bon exemple qu'il offre aux enfants. Il a basculé dans parenté à plaisanterie. Mais une semaine après, il m'a appelé et m'a dit merci ; parce qu'il dit qu'il est rentré dans la chambre de son enfant de 11 ans et a trouvé que la télé allumée, les ampoules allumées, le brasseur tournait, le climatiseur en marche, un ordinateur branché. La grande-soeur faisait la remarque au petit et c'est devenu la bagarre entre les deux. Et le petit dit à sa grande-soeur que « je fais comme papa ».

Que papa a dit que lui il a l'argent, de ne rien couper. Il dit qu'effectivement, ce sont des propos que lui, il a tenus, mais en plaisanterie avec sa femme, parce qu'elle se plaignait qu'on devait couper. Donc, l'enfant a entendu et a dit à sa sœur que lui il fait comme papa. C'est dire que, lorsque nous posons un acte en famille, nous devons penser à nos enfants : quelle éducation nous laissons derrière ? Au service, demandons-nous quel message nous laissons et qu'est-ce que nous inculquons aux autres ? Sommes-nous des chefs accomplis ou des chefs intelligents, mais sans sagesse ? Ce n'est pas parce qu'on a les moyens, qu'on doit gaspiller ce qui est bien public, non. Il faut éviter cela. Il y a des biens qui sont communs à tout le monde, alors, ce n'est pas parce qu'on est en mesure de s'en servir comme on veut, qu'il faut le faire.

Que vous reste-t-il ou que souhaiteriez-vous que les gens retiennent en conclusion ?

Sur le sujet à proprement dit, je recommande aux consommateurs de toujours aller à l'information. Lorsque vous voulez faire des installations, acquérir du matériel, il faut prendre les bonnes informations avec les structures qui sont spécialisées dans le domaine. Souvent, on a des idées arrêtées, on est assis et on tire nos propres conclusions et cela nous induit en erreur. Il y a des structures dans chaque secteur d'activités, approchez-les pour être mieux orientés.

Ensuite, je demanderai à chaque citoyen, qui qu'il est, de toujours penser au futur, quand il pose ses actes. Ce sont des hommes de valeur qui font la grandeur d'un pays. Par exemple, les gens parlent aujourd'hui de l'Iran. Mais, l'Iran, c'est un pays qui a misé dans le capital humain, il a produit de grands et nombreux ingénieurs, il a de la ressource humaine de qualité dans les domaines de la vie. C'est un pays qui s'est bâti sur des valeurs, des valeurs propres à lui. Vous voyez que, malgré l'élimination des leaders au sommet de l'Etat, l'Iran reste débout ! Tout simplement parce que ce pays a construit des adultes accomplis.

Pour dire que nous aussi, nous devons faire un retour à nos sources. Pourquoi ? Parce que dans nos cultures, le fils a sa place, l'enfant sa place, le père sa place, la jeune fille sa place, la mère a sa place. On ne classait pas les enfants, les gens, en fonction de leurs richesses. Les enfants seront dans la société de demain, ce qu'on leur inculque aujourd'hui comme valeurs. Il faut y penser. Si nous sommes convaincus de nos valeurs traditionnelles, nous allons avancer. Mais, tant que nous ne retrouverons pas notre ADN, celle qui a fait que nos ancêtres se sont levés comme un seul homme pour reconstituer le Burkina Faso (la Haute-Volta, à l'époque), on ne pourra pas s'en sortir. Nos grands-parents avaient à la fois le savoir-faire et le savoir-être. Nos grands-parents ont été un peuple résilient, un peuple de savoir-faire et de savoir-être, qui a bravé tous les obstacles.


Entretien réalisé par O.L.
Lefaso.net

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