À l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, l'organisation Journaliste en danger (JED) met en garde contre la détérioration de l'environnement médiatique en République démocratique du Congo. Dans son rapport annuel publié le 2 novembre, elle dénonce à la fois les menaces visant les professionnels des médias et les obstacles à l'accès à une information fiable.
Près de cinquante personnes retenues depuis plusieurs semaines par les rebelles des ADF ont retrouvé la liberté dans la forêt de Malembi, à environ 130 kilomètres de Mambasa-centre, en territoire de Mambasa (Ituri). Certaines ont rejoint les positions de l'armée congolaise, tandis que d'autres ont regagné directement leurs localités d'origine.
La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) tire la sonnette d'alarme sur les conditions de détention à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Dans un communiqué publié le 30 octobre et exploité ce lundi 2 novembre par Radio Okapi, l'organisation appelle les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes pour désengorger cet établissement, qu'elle estime fortement surpeuplé.
DIGITAL 00H : Avez-vous tenté votre chance ?
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Mardi 03 Novembre 2026
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Le 31 Octobre , la Fondation Mo Ibrahim a rendu public son l'Indice sur la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026. Le Benin obtient un score supérieur à la moyenne continentale (50,1) et supérieur à la moyenne regionale en Afrique de l'Ouest (52,9).
Cette nouvelle édition de l'Indice, qui évalue les performances en matière de gouvernance dans 54 pays africains sur la période 2016–2025, met en lumière plusieurs tendances notables pour le Bénin :
– Gouvernance globale : Le Bénin se classe au 12e rang sur 54 pays africains, avec un score de 60,1/100, ce qui représente une tendance à la progression accélérée au cours de la dernière décennie. Le pays a gagné 2,6 points depuis 2016, et le rythme de cette amélioration s'est accéléré ces dernières années.
– Le Bénin a enregistré les plus grands progrès en Afrique en matière d'opportunités économiques : Le Bénin a enregistré la plus forte progression du continent dans les catégories Fondements des opportunités économiques (+12,3 points) et Environnement des affaires et du travail (+12,8 points).
Ces progrès ont été portés par des avancées majeures dans les domaines des Infrastructures (+16,7 points) et de l'Administration publique (+14,6 points).
– Le Bénin se classe désormais au 2e rang en Afrique pour l'Intégration régionale et au 3e rang pour la Gestion budgétaire et financière et l'Efficacité de l'administration.
– L'affaiblissement de la participation démocratique et de la redevabilité : La sous-catégorie Participation du Bénin a enregistré une baisse de 18,6 points depuis 2016, principalement en raison de fortes baisses dans les domaines des Élections démocratiques (-36,3 points) et de l'Absence d'influence indue (-47,2 points). Les Dispositifs anti-corruption ont également reculé de 27,7 points, malgré des améliorations des niveaux de corruption mesurés.
Ces résultats apportent un éclairage intéressant sur l'évolution de la gouvernance au Bénin . Vous trouverez à travers ce lien ci-après le profil pays du Bénin, présentant une analyse détaillée de ses performances en matière de gouvernance.
Réunis ce lundi 2 novembre 2026 autour du Président de l'Assemblée nationale, les nouveaux Conseillers techniques et Chargés de mission ont reçu les orientations devant guider l'exercice de leurs fonctions. Joseph Fifamin Djogbénou privilégie une méthode fondée sur la spécialisation des compétences, la coordination des contributions et l'exigence de qualité dans le traitement des dossiers.
Au sein du Cabinet du Président de l'Assemblée nationale, les compétences ne devront pas simplement coexister. Elles devront se compléter et concourir à une meilleure qualité du travail. C'est l'une des orientations majeures dégagées par Joseph Fifamin Djogbénou lors de la séance qu'il a consacrée, ce 2 novembre à l'organisation des missions de ses nouveaux Conseillers techniques (CT) et Chargés de mission (CM), entrés en fonction le 19 octobre dernier. C'était en présence de tout son cabinet et du Secrétaire général administratif.
Le Président de l'Assemblée nationale a choisi de donner à cette collaboration un cadre structuré. Les Conseillers techniques seront répartis en pools d'intérêt, constitués en fonction des grands domaines de l'activité parlementaire. Loin d'une simple distribution des tâches, cette organisation nouvelle entend favoriser une mobilisation cohérente des compétences disponibles au sein du Cabinet.
Chaque pool réunira des collaborateurs appelés à approfondir les questions relevant de son domaine. Leurs travaux devront notamment permettre de produire des notes d'analyse destinées au Président de l'Assemblée nationale.
Pour assurer le fonctionnement de ce dispositif, chaque pool sera doté d'un coordonnateur et d'un rapporteur. Les coordonnateurs participeront aux réunions du Cabinet présidées par Joseph Fifamin Djogbénou. Cette articulation vise à favoriser la cohérence d'ensemble des contributions, tout en préservant les responsabilités propres à chaque collaborateur.
La nouvelle méthode conserve également une certaine souplesse. Selon la nature des questions à examiner, le PAN pourra faire directement appel à un Conseiller technique ou à un Chargé de mission dont les compétences particulières sont susceptibles d'apporter un éclairage utile.
Mais au-delà de l'architecture organisationnelle, c'est surtout une exigence de résultats que Joseph Fifamin Djogbénou a exprimée. Le Président de l'Assemblée nationale attend de ses collaborateurs des analyses rigoureuses, nourries de leur expérience et de leur maîtrise des domaines dans lesquels ils interviennent. Il a clairement indiqué vouloir être le premier bénéficiaire de cette expertise.
Cette exigence s'accompagne d'une attention à la connaissance de l'institution. Une séance d'imprégnation sera organisée pour familiariser davantage les nouveaux collaborateurs avec les structures, les procédures et les mécanismes de fonctionnement de l'Assemblée nationale. Une étape destinée à leur permettre d'inscrire leurs contributions dans les réalités du travail parlementaire.
Les Conseillers techniques et Chargés de mission ont accueilli favorablement ces orientations, tout en exprimant leur gratitude au Président de l'Assemblée nationale pour la confiance qu'il leur témoigne. Ils ont réaffirmé leur engagement à remplir les missions qui leur sont assignées.
En définissant ainsi les conditions de travail de ses collaborateurs, Joseph Fifamin Djogbénou affirme une conception exigeante de l'appui à la décision : des compétences identifiées, des responsabilités organisées et des contributions appréciées à l'aune de leur utilité. Une démarche qui place la qualité de l'expertise au cœur du fonctionnement de son Cabinet.
Face aux dérives, au coût excessif de certaines cérémonies et au besoin constant d'ancrer le deuil dans l'espérance chrétienne, les évêques de la Province Ecclésiastique de Ouagadougou qui regroupe les diocèses de Ouagadougou, Koudougou, Ouahigouya et Manga ont publié de nouvelles dispositions pastorales concernant les funérailles chrétiennes.
Dans un contexte socioculturel où les rites funéraires prennent parfois une ampleur disproportionnée, les prélats rappellent d'abord l'essentiel : la mort n'est pas une fin définitive, mais un passage vers la vie éternelle. Les funérailles chrétiennes ont ainsi pour vocation première d'exprimer et de nourrir la foi en la résurrection du Christ. C'est pourquoi la célébration des obsèques, au moment même du décès, constitue les véritables funérailles chrétiennes. Les familles sont invitées à y accorder toute l'importance requise. L'un des points forts de ces dispositions concerne l'articulation entre la foi chrétienne et les cultures locales. L'Église réaffirme que les pratiques culturelles sont acceptées et valorisées lorsqu'elles sont compatibles avec l'Évangile. En revanche, elle met en garde contre tout syncrétisme religieux, appelant les fidèles à veiller à ce que les rites coutumiers ne contredisent pas le message chrétien.
De plus, pour alléger le fardeau des familles endeuillées, les évêques clarifient une idée reçue : les grandes messes de requiem ne sont en aucun cas obligatoires. Elles relèvent désormais du libre choix des familles, permettant ainsi de vivre le deuil dans la sobriété et la dignité, loin de toute pression sociale ou financière. Si la sobriété est encouragée pour les grands rassemblements, l'Église ne néglige pas pour autant la prière pour les défunts. La messe et la prière demeurent vivement recommandées : elles constituent l'expression privilégiée de la communion spirituelle indéfectible entre les vivants et ceux qui nous ont précédés dans la foi.
Enfin, le document pastoral rappelle que les modalités des funérailles peuvent varier selon la situation ecclésiale du défunt, notamment en ce qui concerne sa situation matrimoniale et sa communion effective avec l'Église de son vivant. Une précision qui souligne l'importance d'un cheminement cohérent avec les sacrements tout au long de sa vie terrestre. À travers ces orientations claires, les évêques de la Province de Ouagadougou invitent les communautés catholiques à faire des funérailles un moment de profonde conversion, de prière authentique et de témoignage lumineux de l'espérance chrétienne.
Lefaso.net
Permettre aux personnes non voyantes de visiter un salon sans accompagnateur, aider les internautes à vérifier les informations qu'ils rencontrent sur le web et proposer des réponses documentées en langues africaines grâce à l'intelligence artificielle. Ces trois ambitions sont portées par Cercle Inclus, Sentinelle et SYSTINFO IA Assistant, les projets retenus dans la catégorie « Non classée » de la deuxième édition de Le Faso Digital. Derrière ces solutions développées au Burkina Faso, une même préoccupation : rendre les technologies numériques plus utiles, accessibles et adaptées aux besoins des populations. Les trois innovations bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de l'événement.
Comment une personne non voyante peut-elle se déplacer de manière autonome dans un salon professionnel ? Comment un jeune internaute peut-il distinguer une information crédible d'une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux ? Et comment un agriculteur, un étudiant ou un entrepreneur peut-il accéder à des renseignements utiles dans une langue qu'il maîtrise ?
Ces questions renvoient à des réalités différentes, mais elles mettent en évidence un même enjeu : l'accès à une information compréhensible, fiable et utilisable. À mesure que les services numériques occupent une place croissante dans la vie quotidienne, leur développement soulève également des interrogations sur l'inclusion, la qualité des contenus et les barrières linguistiques. Disposer d'un téléphone ou d'une connexion Internet ne suffit pas toujours pour profiter pleinement des possibilités offertes par les technologies.
Pour les personnes vivant avec un handicap visuel, certaines interfaces restent difficiles à utiliser. Pour les jeunes exposés à un flux continu de publications, identifier des sources crédibles demande des compétences particulières. Quant aux populations qui utilisent principalement les langues nationales, elles peuvent rencontrer des difficultés face à des outils numériques conçus essentiellement en français ou en anglais.
C'est à ces préoccupations que souhaitent répondre les trois projets retenus dans la catégorie « Non classée » de Le Faso Digital 2026.
Cercle Inclus : permettre aux personnes non voyantes de visiter un salon grâce à la voix
Dans un salon professionnel, les visiteurs se déplacent d'un stand à un autre, découvrent des produits, rencontrent des exposants et consultent différentes informations. Mais pour une personne non voyante ou malvoyante, cette expérience peut nécessiter un accompagnement particulier. Identifier l'emplacement d'un stand, comprendre l'organisation d'un espace ou accéder aux informations présentées peut devenir difficile lorsque les dispositifs de visite reposent principalement sur des indications visuelles. C'est pour contribuer à réduire ces obstacles que Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma a conçu Cercle Inclus, une application de guidage vocal destinée aux personnes vivant avec une déficience visuelle. Le projet ambitionne de permettre à un visiteur de se repérer dans un salon physique ou virtuel, mais aussi de parcourir certains espaces numériques sans devoir systématiquement solliciter l'aide d'une autre personne.
Avec Cercle Inclus, Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma veut permettre aux personnes non voyantes et malvoyantes de découvrir les stands d'un salon grâce à une application qui les guide et leur décrit les lieux à la voix. »Son fonctionnement repose sur trois actions principales : écouter, guider et décrire. Dans un premier temps, l'utilisateur indique oralement l'endroit qu'il souhaite rejoindre. Il peut, par exemple, demander à se rendre à un stand précis. L'application interprète sa demande et lui fournit des indications vocales. Celles-ci peuvent comprendre la direction à suivre, la distance à parcourir, une estimation de la durée du trajet et des indications sur l'allure. Au cours du déplacement, l'application prévoit également des rappels concernant la distance restante.
L'un des intérêts du projet réside dans la possibilité d'adapter le guidage à différents environnements. Cercle Inclus est conçu pour les salons physiques, les salons virtuels et certains espaces web. Dans un salon virtuel, l'application pourrait notamment faciliter la découverte des stands et des contenus proposés par les exposants. Pour son concepteur, l'objectif est de permettre aux personnes concernées de vivre une expérience de visite plus autonome. Cette approche place l'accessibilité au centre de la conception de l'outil. Le projet ne cherche pas uniquement à rendre les informations disponibles, mais à permettre aux utilisateurs de les retrouver et de les comprendre dans des conditions adaptées à leurs capacités.
Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma a également accordé une attention particulière aux contraintes de connectivité. Cercle Inclus prévoit un fonctionnement avec ou sans connexion Internet. Les commandes peuvent être interprétées directement sur l'appareil et les contenus préalablement téléchargés restent accessibles hors ligne. L'assistant d'intelligence artificielle peut utiliser un moteur local lorsque le réseau est indisponible et recourir à un service distant lorsqu'une connexion existe. Mais le promoteur insiste sur un principe : l'application doit rester utilisable même lorsqu'aucun moteur d'intelligence artificielle n'est disponible.
L'IA constitue ainsi une fonctionnalité d'assistance supplémentaire, sans être indispensable au fonctionnement des services essentiels. Cette conception vise à éviter qu'une interruption de connexion rende l'outil inutilisable. Le projet privilégie également des pages légères afin de pouvoir fonctionner sur des téléphones ne disposant pas de performances élevées. Cette orientation répond à une préoccupation importante en matière d'inclusion numérique.
Cercle Inclus intègre par ailleurs une interface d'administration permettant de modifier les plans et les informations des espaces visités sans intervenir directement dans le code de l'application. Cette fonctionnalité pourrait faciliter l'actualisation des contenus par les organisateurs de salons. Le promoteur met aussi en avant la transparence du fonctionnement. Lorsque l'application ne parvient pas à ouvrir un lien, elle doit le signaler clairement plutôt que de laisser croire que l'opération a réussi. De même, lorsqu'un utilisateur efface son historique, le système est conçu pour préciser les informations effectivement supprimées. Ces choix visent à renforcer la confiance dans l'outil. Le développement de Cercle Inclus devra néanmoins être accompagné d'évaluations en conditions réelles, notamment avec des personnes non voyantes et malvoyantes. Dans les espaces physiques, la précision des indications et la prise en compte des obstacles représentent des enjeux importants.
Avec Cercle Inclus, Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma souhaite faire de l'accessibilité une composante essentielle des expériences numériques et événementielles. Son ambition est de permettre aux visiteurs de découvrir des espaces et des informations avec davantage d'autonomie, grâce à des interactions vocales simples.
Sentinelle : apprendre à vérifier une information avant de la partager
Une publication alarmante sur un incident sécuritaire, une affirmation concernant un traitement médical ou une vidéo accompagnée d'un commentaire trompeur peuvent rapidement circuler sur les réseaux sociaux. Dans ces situations, les internautes ne disposent pas toujours des réflexes nécessaires pour vérifier l'origine d'une information avant de la partager. La rapidité de diffusion des contenus numériques peut ainsi favoriser la propagation de rumeurs et d'affirmations insuffisamment vérifiées.
C'est pour contribuer à développer une attitude plus critique face à l'information qu'Ikram Riyad Parognézambo Bangré a conçu Sentinelle. Étudiant en licence d'informatique à l'Institut Aube Nouvelle, à Ouagadougou, et développeur web indépendant, il a souhaité créer un outil directement utilisable dans le navigateur Internet.
Sentinelle se présente comme une extension destinée à accompagner les internautes dans la vérification des informations qu'ils rencontrent au cours de leur navigation. Le projet repose sur une démarche simple. Lorsqu'un utilisateur découvre une affirmation sur une page web, il peut sélectionner le texte concerné et demander une évaluation. L'extension analyse alors l'affirmation à travers un processus de vérification destiné à rechercher des éléments permettant d'apprécier sa fiabilité. Le résultat peut être présenté selon trois catégories : fiable, non fiable ou partiellement fiable. Ce choix traduit une volonté de ne pas réduire systématiquement les informations à une opposition entre vrai et faux. Certaines affirmations peuvent en effet contenir des éléments exacts et d'autres inexacts. D'autres peuvent être présentées sans leur contexte ou reposer sur des données anciennes.
Étudiant en informatique à l'Institut Aube Nouvelle, Ikram Riyad Parognézambo Bangré a développé Sentinelle, une extension de navigateur qui ambitionne d'aider les internautes à vérifier les informations et à développer leur esprit critiqueSentinelle prévoit donc d'accompagner son évaluation d'un niveau de confiance et de références aux sources consultées. Lorsque cela est possible, l'outil cherche également à identifier l'origine de l'affirmation. Cette dimension constitue un élément important du projet. L'objectif n'est pas seulement de fournir une appréciation, mais aussi de permettre à l'utilisateur de comprendre sur quels éléments elle repose. La consultation des sources doit ainsi encourager une démarche de vérification plutôt qu'une acceptation automatique du résultat. Le promoteur a conçu Sentinelle comme une extension compatible avec le navigateur Chrome, en utilisant l'architecture Manifest V3.
Selon les informations communiquées, l'outil a été conçu, développé et testé. Ikram Riyad Parognézambo Bangré indique avoir assuré lui-même plusieurs dimensions du projet, notamment le développement des interfaces, la partie serveur, l'organisation du processus de vérification et l'expérience utilisateur. Cette démarche traduit sa volonté de présenter un logiciel fonctionnel plutôt qu'une simple idée.
Sentinelle cible prioritairement les jeunes de 15 à 30 ans au Burkina Faso et plus largement en Afrique de l'Ouest.
Ce choix s'explique notamment par leur utilisation des réseaux sociaux, des messageries et des plateformes numériques. Les jeunes peuvent être confrontés à des affirmations virales qu'ils doivent interpréter rapidement, parfois sans disposer du temps ou des ressources nécessaires pour effectuer des recherches approfondies. L'outil ambitionne donc de rendre la vérification plus accessible dans les usages quotidiens. Le promoteur souhaite également encourager l'acquisition de réflexes durables. L'enjeu n'est pas uniquement de vérifier une publication ponctuelle, mais d'amener les utilisateurs à s'interroger plus régulièrement sur l'origine et la crédibilité des informations.
Sentinelle comporte ainsi une dimension d'éducation aux médias et à l'information. Les enseignants, les associations de jeunesse et les responsables communautaires figurent parmi les bénéficiaires secondaires envisagés. Le projet prévoit notamment des exemples pédagogiques et un mode de démonstration hors ligne. Ces fonctionnalités pourraient permettre d'organiser des activités de sensibilisation sans nécessiter des compétences informatiques avancées.
Sentinelle s'intéresse également à la diversité des environnements informationnels. Son concepteur indique que des tests ont été menés auprès de groupes de comparaison en Afrique de l'Ouest, en France et aux États-Unis. L'objectif annoncé est d'observer le fonctionnement de l'outil dans des contextes où les sources disponibles, les pratiques médiatiques et les contraintes de connectivité peuvent varier. Cette approche vise à éviter que le processus de vérification repose uniquement sur un environnement national.
Une option internationale générale est également prévue pour les affirmations qui ne correspondent pas aux régions spécifiquement prises en compte. Mais le développement d'un tel outil soulève plusieurs défis. La fiabilité d'une évaluation dépend de la qualité des sources consultées, de la pertinence des informations retenues et de la capacité à replacer une affirmation dans son contexte. Une extension automatisée peut également commettre des erreurs, notamment lorsqu'une publication contient de l'ironie, une formulation ambiguë ou des informations très récentes. Le niveau de confiance affiché ne doit donc pas être interprété comme une garantie absolue d'exactitude.
Avec Sentinelle, Ikram Riyad Parognézambo Bangré souhaite faire de la vérification des faits une pratique plus simple et plus régulière. Son ambition est de contribuer à une utilisation plus réfléchie de l'information numérique, particulièrement chez les jeunes.
SYSTINFO IA Assistant : une intelligence artificielle qui répond en français et en langues africaines
L'accès à l'information constitue un besoin quotidien dans de nombreux domaines. Un agriculteur peut chercher des conseils sur une pratique culturale. Un étudiant peut vouloir connaître les conditions d'accès à une bourse. Un entrepreneur peut avoir besoin de renseignements sur certaines démarches administratives. Mais les informations disponibles en ligne sont souvent dispersées, parfois difficiles à comprendre et majoritairement rédigées dans des langues que tous les utilisateurs ne maîtrisent pas. C'est pour contribuer à réduire ces difficultés que le Dr Boukary Ouédraogo a développé SYSTINFO IA Assistant, un conseiller numérique fondé sur l'intelligence artificielle.
Conçu à Ouagadougou, le projet ambitionne de proposer des réponses documentées dans six domaines : l'agriculture, l'orientation et les bourses, l'entrepreneuriat, le droit, la santé et l'appui à la recherche. Sa particularité réside notamment dans la prise en charge du français et de quatre langues africaines : le mooré, le dioula, le bambara et le fulfuldé. Les utilisateurs peuvent poser leurs questions par écrit ou par message vocal. Cette approche vise à rendre l'outil accessible à des personnes qui rencontrent des difficultés avec les interfaces exclusivement textuelles ou francophones. Le principe de fonctionnement repose sur l'utilisation d'une bibliothèque documentaire.
Contrairement à un assistant qui produirait des réponses uniquement à partir des connaissances générales de son modèle, SYSTINFO IA Assistant est conçu pour rechercher des informations dans un ensemble de documents sélectionnés et vérifiés. L'application utilise ensuite ces contenus pour élaborer une réponse accompagnée de références. Cette démarche vise à permettre aux utilisateurs d'identifier les sources sur lesquelles reposent les informations fournies.
Elle constitue un aspect important du projet, notamment dans des domaines où la qualité des renseignements peut avoir des conséquences sur les décisions prises. Un utilisateur qui recherche des informations sur une bourse d'études, par exemple, pourrait recevoir une réponse structurée renvoyant aux documents pertinents.
De même, un entrepreneur pourrait consulter des informations relatives à certaines procédures ou obligations, sous réserve que les documents nécessaires soient disponibles et actualisés.
SYSTINFO IA Assistant est accessible à partir d'un navigateur web, à l'adresse chat.systinfo.org, ainsi que sur Telegram, à travers le compte @systinfobot. Sur la version web, l'utilisateur peut s'identifier à l'aide de son adresse électronique et d'un code temporaire à six chiffres. Ce mécanisme évite d'avoir à mémoriser un mot de passe. Il permet également de retrouver son compte et son historique sur différents appareils. Après identification, l'utilisateur choisit le domaine qui l'intéresse, formule sa question et reçoit une réponse structurée accompagnée de références et de pistes pour approfondir ses recherches.
À travers SYSTINFO IA Assistant, le Dr Boukary Ouédraogo souhaite rendre les connaissances plus accessibles grâce à une intelligence artificielle capable de répondre à des questions en français, en mooré, en dioula, en bambara et en fulfuldé, en s'appuyant sur des sources documentairesLe projet prévoit un modèle de paiement par Mobile Money, avec des tarifs annoncés à partir de 100 francs CFA. Cette formule vise à proposer un accès financier adapté à certains usages locaux. Son accessibilité réelle dépendra toutefois de la fréquence des consultations, des conditions tarifaires et des moyens de paiement disponibles. Derrière cette innovation se trouve le Dr Boukary Ouédraogo, médecin de santé publique, spécialiste des systèmes d'information sanitaire et de l'intelligence artificielle en santé. Fondateur et directeur général de SYSTINFO, il est titulaire d'un doctorat en systèmes d'information et épidémiologie de l'Université d'Aix-Marseille. Son parcours professionnel comprend notamment des responsabilités dans les systèmes d'information sanitaire du ministère de la Santé du Burkina Faso.
Selon sa présentation, il a également accompagné plus de vingt pays africains dans le cadre de missions liées à l'information sanitaire, notamment comme consultant de l'Organisation mondiale de la santé et directeur technique chez Palladium, dans le cadre de Data.FI. Il est par ailleurs présenté comme ambassadeur de DeepLearning.AI pour le Burkina Faso. Auteur des ouvrages Optimiser l'Information Sanitaire et Vision Inspirée : L'Art de Conduire le Changement, il s'intéresse notamment à la transformation numérique et à l'utilisation des données dans les organisations.
L'entreprise SYSTINFO, fondée à Ouagadougou en 2024, intervient dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la formation et de l'automatisation. Elle développe ses activités en Afrique de l'Ouest et du Centre. En août 2026, l'entreprise indique avoir assuré une formation destinée à des responsables du niveau central du ministère de la Santé du Burkina Faso. Avec SYSTINFO IA Assistant, le Dr Boukary Ouédraogo souhaite traduire une conviction : les outils d'intelligence artificielle doivent être adaptés aux langues, aux connaissances et aux réalités des populations africaines. Cette ambition répond à un enjeu important. Pour qu'une technologie soit véritablement accessible, il ne suffit pas qu'elle soit disponible sur Internet. Encore faut-il que les utilisateurs puissent formuler leurs besoins et comprendre les réponses dans une langue qu'ils maîtrisent.
L'intégration des langues africaines constitue donc une dimension centrale du projet. Elle soulève néanmoins des défis techniques, notamment en matière de reconnaissance vocale, de traduction et de restitution fidèle des informations. Les performances de l'assistant devront être évaluées dans chacune des langues proposées, en tenant compte des variantes linguistiques et des expressions utilisées par les populations. La fiabilité documentaire représentera également un enjeu majeur. Une réponse accompagnée de sources peut être utile, mais elle n'est pas automatiquement exacte.
Bien qu'ils appartiennent à la catégorie « Non classée », Cercle Inclus, Sentinelle et SYSTINFO IA Assistant présentent plusieurs points communs. Ces innovations montrent que l'accès au numérique ne se résume pas à la disponibilité des équipements et des connexions. Il implique aussi la capacité des utilisateurs à comprendre les informations, à les vérifier et à les exploiter de manière autonome. Les trois projets retenus bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de Le Faso Digital 2026.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Permettre aux administrations de garder le contrôle sur leurs outils d'intelligence artificielle, développer un navigateur web adapté aux besoins locaux et simplifier la consultation des résultats des examens et concours. Ce sont les ambitions de trois projets retenus dans la catégorie « Souveraineté numérique et infrastructure » de la deuxième édition de Le Faso Digital. Portées respectivement par Mahamadi Rouamba, Jean Marie Brice Frydolin Nassa et Christian Sadé, ces innovations entendent contribuer au développement de services numériques davantage adaptés aux réalités burkinabè. Les trois meilleures solutions de cette catégorie bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de l'événement.
À mesure que les administrations, les entreprises et les citoyens utilisent davantage les technologies numériques, de nouvelles questions se posent. Où sont conservées les données ? Qui contrôle les outils informatiques utilisés ? Comment garantir l'accès aux services lorsque la connexion internet est limitée ? Et comment simplifier les démarches numériques sans multiplier les plateformes ? Ces interrogations occupent une place importante dans les réflexions sur la souveraineté numérique, qui ne se résume pas à la localisation des serveurs. Elle concerne également la capacité d'un pays à développer, administrer, sécuriser et faire évoluer ses propres outils technologiques.
Au Burkina Faso, cette ambition se traduit notamment par l'intérêt croissant pour les solutions développées localement et adaptées aux contraintes des utilisateurs. C'est dans cette dynamique que s'inscrivent Agent One, DuniaBrowser et Faso Résultats, trois projets sélectionnés dans la catégorie « Souveraineté numérique et infrastructure » de Le Faso Digital 2026.
Agent One : Mahamadi Rouamba veut permettre aux institutions de garder le contrôle sur leurs intelligences artificielles
L'intelligence artificielle ne se limite plus à répondre à des questions ou à produire des textes. De nouveaux outils sont désormais capables de consulter des documents, d'interagir avec des logiciels, d'accéder à des services numériques et d'exécuter certaines tâches à la demande de leurs utilisateurs. Ces systèmes, souvent appelés agents d'intelligence artificielle, ouvrent des possibilités d'automatisation dans les administrations et les entreprises. Mais leur utilisation soulève également des questions importantes. Lorsqu'un agent d'intelligence artificielle accède à des documents administratifs ou intervient dans des procédures internes, qui définit les informations qu'il peut consulter ? Comment contrôler les actions qu'il exécute ? Et que se passe-t-il lorsqu'un comportement inhabituel est détecté ?
Pour Mahamadi Rouamba, promoteur d'Agent One, le défi ne réside pas uniquement dans l'utilisation de l'intelligence artificielle, mais aussi dans la capacité des organisations à l'administrer et à la superviser. Son projet se présente comme une plateforme de gouvernance des agents d'intelligence artificielle. L'objectif est de permettre à une administration, une institution financière ou une entreprise de disposer d'un environnement centralisé dans lequel plusieurs agents d'IA peuvent fonctionner selon des règles précises. Chaque agent se voit attribuer un périmètre d'intervention, des autorisations et des obligations. Cette approche s'inspire de la gestion des collaborateurs au sein d'une organisation. De la même manière qu'un employé ne peut pas accéder librement à tous les dossiers d'une institution, un agent d'intelligence artificielle doit disposer de droits correspondant aux tâches qui lui sont confiées.
Avec Agent One, Mahamadi Rouamba ambitionne de permettre aux administrations et aux entreprises de gérer leurs agents d'intelligence artificielle tout en conservant le contrôle sur les données, les autorisations et les opérations exécutées.Agent One repose sur trois fonctions principales : orchestrer, administrer et superviser. La première concerne l'organisation des agents d'intelligence artificielle. La plateforme ambitionne de permettre à une institution de gérer plusieurs agents spécialisés, chacun intervenant dans un environnement déterminé. Une administration pourrait, par exemple, disposer d'un agent chargé de l'orientation des usagers à partir de contenus préalablement validés et d'un autre destiné à assister les agents publics dans certaines tâches de rédaction. Les différents outils seraient administrés à partir d'une plateforme commune, tout en conservant des espaces de fonctionnement séparés. La deuxième fonction concerne la gestion des autorisations. Agent One prévoit notamment des mécanismes de définition des rôles, d'authentification renforcée et d'application de politiques de sécurité.
La plateforme intègre également un dispositif de gestion sécurisée des identifiants et des secrets techniques nécessaires au fonctionnement des agents. L'objectif est de limiter les accès non autorisés et de permettre aux responsables de conserver la maîtrise des actions exécutées. Une fonction d'interruption immédiate est également prévue pour désactiver un agent lorsque cela devient nécessaire. La troisième dimension porte sur la supervision. Agent One envisage un centre de surveillance dédié aux agents d'intelligence artificielle, inspiré des dispositifs utilisés en cybersécurité. Ce système doit permettre d'observer les activités, de détecter certains comportements suspects et de produire des alertes.
L'une des caractéristiques mises en avant par Mahamadi Rouamba concerne l'hébergement des données. Agent One est conçue pour être installée directement dans les infrastructures de l'institution utilisatrice. Le projet prévoit notamment l'hébergement local du serveur applicatif et du serveur chargé de faire fonctionner les modèles d'intelligence artificielle. Cette architecture vise à permettre le traitement des données sans devoir les transmettre à des plateformes extérieures. Pour les administrations publiques et les institutions manipulant des informations sensibles, cette possibilité pourrait constituer un avantage.
Le promoteur inscrit son initiative dans les ambitions nationales de développement de l'intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Il souhaite notamment répondre aux préoccupations liées à la maîtrise des données et à la dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers. Agent One prévoit également un fonctionnement sans connexion internet. Cette caractéristique est destinée aux structures qui souhaitent conserver un environnement informatique autonome ou qui travaillent dans des zones où la connectivité demeure limitée. Le projet envisage aussi des moyens d'accès adaptés aux équipes de terrain.
Parmi les fonctionnalités annoncées figurent des interactions par SMS chiffrés, une application Android permettant des commandes vocales et des mécanismes d'approbation biométrique. Ces outils pourraient faciliter certaines opérations pour des agents qui se déplacent régulièrement ou qui ne disposent pas d'un accès permanent aux réseaux de données mobiles. Le promoteur met également en avant la possibilité de remplacer les modèles d'intelligence artificielle utilisés. Cette approche vise à éviter qu'une institution devienne entièrement dépendante d'un fournisseur unique. Sur le plan technique, Agent One privilégie notamment des composants comme Python, PostgreSQL et les technologies de conteneurisation.
Plusieurs secteurs sont ciblés. Dans l'administration publique, Agent One pourrait servir à organiser des assistants destinés à l'orientation des usagers ou à l'appui aux tâches internes. Dans les institutions financières, la plateforme pourrait accompagner les équipes dans la consultation des procédures et certaines activités de contrôle interne. Pour les entreprises, elle ambitionne de faciliter l'accès aux informations professionnelles et l'automatisation encadrée de tâches.
DuniaBrowser : Jean Marie Brice Frydolin Nassa veut proposer un navigateur web plus proche des besoins locaux
Pour de nombreux utilisateurs, le navigateur web constitue la principale porte d'entrée vers internet. Il permet de rechercher des informations, de consulter des sites, d'accéder à des services et de communiquer avec différentes plateformes. Mais cette expérience repose souvent sur des outils dont les interfaces et les services ne sont pas spécifiquement conçus autour des réalités locales. C'est à partir de ce constat que Jean Marie Brice Frydolin Nassa a imaginé DuniaBrowser, un projet de navigateur web mobile qui souhaite aller au-delà de la simple consultation des pages internet. Son ambition est de proposer un outil réunissant les fonctions classiques de navigation et un espace de découverte de contenus et de services adaptés aux besoins des utilisateurs. DuniaBrowser est ainsi pensé comme une porte d'entrée vers le web, mais également vers un écosystème numérique local et régional.
L'originalité du projet réside principalement dans l'organisation de son interface. Plutôt que de limiter la page d'accueil à une barre de recherche, le navigateur prévoit un portail regroupant différentes catégories de services. Les utilisateurs pourraient notamment y découvrir des informations relatives à la santé, à l'alimentation, au tourisme, au sport, aux actualités et aux services de proximité. Une rubrique consacrée aux activités commerciales et aux places de marché numériques est également envisagée.
Cette organisation vise à faciliter l'accès à des ressources utiles sans obliger l'utilisateur à connaître à l'avance les adresses des plateformes concernées. Pour une personne qui souhaite découvrir des services disponibles dans son environnement, cette approche pourrait constituer un moyen supplémentaire d'orientation. Un utilisateur pourrait, par exemple, accéder à des contenus touristiques africains ou découvrir des acteurs économiques présents sur la plateforme. Le projet entend également contribuer à la visibilité des initiatives locales.
Jean Marie Brice Frydolin Nassa veut rapprocher les internautes des services et des contenus locaux grâce à DuniaBrowser, un navigateur mobile qui associe la consultation du web à la découverte d'informations et de ressources numériques adaptées aux besoins des utilisateursEn regroupant différents services dans une même interface, DuniaBrowser pourrait offrir une vitrine supplémentaire aux entreprises et aux professionnels qui souhaitent toucher les utilisateurs du numérique. Cette dimension est particulièrement importante pour les petites structures qui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour développer leur visibilité sur internet. Le navigateur cible plusieurs catégories d'utilisateurs.
Il s'adresse notamment au grand public, aux étudiants, aux professionnels, aux voyageurs et aux consommateurs recherchant des services locaux. L'objectif est de proposer une expérience mobile simple, adaptée à des besoins variés. DuniaBrowser accorde également une attention aux difficultés de connectivité. Le projet prévoit des fonctionnalités de sauvegarde et de mise en cache permettant de conserver certains contenus pour une consultation ultérieure. Cette possibilité pourrait être utile aux personnes qui disposent d'un accès irrégulier à internet. Un utilisateur pourrait ainsi enregistrer certaines pages lorsqu'il est connecté et les consulter ensuite, dans la limite des contenus effectivement sauvegardés.
Le promoteur met également en avant des fonctions de confidentialité, de sécurité et de gestion avancée de la navigation. Ces fonctionnalités visent à offrir aux utilisateurs davantage de contrôle sur leur expérience. Leur portée exacte devra cependant être appréciée à partir des caractéristiques techniques de la solution. À ce stade, les informations communiquées sur DuniaBrowser permettent surtout de comprendre ses fonctionnalités et son positionnement. Elles ne précisent pas l'ensemble des technologies utilisées, notamment le moteur de navigation, les outils de développement ou l'architecture des services associés. Ces éléments seront importants pour apprécier les performances, la sécurité et la capacité d'évolution du navigateur. En effet, développer un navigateur web ne consiste pas uniquement à concevoir une interface agréable. Il faut également assurer la compatibilité avec les sites, la protection des utilisateurs contre certaines menaces et la maintenance régulière des composants techniques.
Faso Résultats : Christian Sadé veut mettre fin aux longues recherches dans les listes de concours
Après avoir composé à un examen ou à un concours, l'attente des résultats constitue souvent une période d'incertitude pour les candidats et leurs familles. Lorsque les listes sont publiées, il faut parfois parcourir de longs documents pour retrouver son nom ou son numéro. Certaines administrations diffusent leurs résultats sous forme de fichiers PDF, parfois issus de documents scannés, dans lesquels la recherche automatique est difficile.
D'autres utilisent les réseaux sociaux, les médias ou les affichages physiques. Cette diversité des canaux peut compliquer l'accès à l'information. Elle peut également favoriser la circulation de listes non authentifiées, notamment lorsque des documents sont repris et partagés sur différentes plateformes. C'est pour répondre à ces difficultés que Christian Sadé a conçu Faso Résultats, une plateforme numérique destinée à centraliser la publication et la consultation des résultats des examens et concours.
Le projet repose sur un principe : permettre à chaque administration de publier elle-même ses résultats dans un espace qui lui est réservé. L'objectif est de rapprocher directement la source officielle et le candidat. La plateforme est conçue pour accueillir différents organismes, notamment ceux chargés du baccalauréat, des examens et concours professionnels, des recrutements de la fonction publique ainsi que des concours des corps de sécurité et de défense.
Avec Faso Résultats, Christian Sadé souhaite simplifier la consultation des résultats des examens et concours en permettant aux candidats de vérifier leur situation à partir de leur numéro de PV ou de récépissé, sans parcourir de longues listesChaque administration disposerait de son propre espace de publication. Elle pourrait importer ses résultats, procéder aux vérifications nécessaires et autoriser leur mise en ligne. Cette organisation vise à éviter les opérations de ressaisie et à réduire les risques d'erreurs liés à la reproduction des listes sur plusieurs supports. Pour le candidat, le fonctionnement se veut simple. Il lui suffirait de sélectionner l'examen ou le concours concerné, puis de renseigner son numéro de procès-verbal ou de récépissé. La plateforme afficherait alors le résultat correspondant, sans nécessiter la consultation d'une longue liste.
Le service est envisagé gratuitement pour les candidats, aussi bien sur le web que sur une application mobile. Cette approche pourrait réduire le temps consacré à la recherche des résultats. Elle permettrait également aux utilisateurs d'éviter certains déplacements lorsqu'ils souhaitent simplement savoir si leurs résultats ont été publiés. Faso Résultats prévoit une autre fonctionnalité destinée aux personnes qui participent à plusieurs concours. Le projet propose un compte unifié permettant à un candidat de suivre l'ensemble de ses candidatures. Ce compte serait associé notamment à son numéro de téléphone et à des informations d'identification. L'utilisateur pourrait ainsi consulter les concours auxquels il a participé et recevoir une alerte lors de la publication des résultats. Les notifications par SMS occupent une place importante dans le dispositif. Elles visent à permettre aux candidats d'être informés sans devoir consulter continuellement les sites des administrations.
Pour Christian Sadé, la centralisation des résultats représente également un moyen de renforcer la confiance dans les informations diffusées. En permettant aux administrations de publier directement leurs données, Faso Résultats souhaite réduire les incertitudes liées à la provenance des listes. Le projet ambitionne ainsi de proposer un canal commun de consultation des résultats officiels. Mais cette dimension dépendra de l'adhésion effective des institutions concernées. Une plateforme ne peut être considérée comme une source officielle de résultats que si les administrations compétentes sont autorisées à y publier leurs informations et si les procédures de validation sont clairement établies.
Des accords institutionnels seront donc nécessaires pour garantir la légitimité des publications. La protection des données personnelles constituera également un enjeu majeur. Les informations relatives aux candidats, notamment les numéros d'identification et les résultats individuels, devront être traitées selon des règles de confidentialité et de sécurité appropriées. L'accès à un résultat individuel ne devra pas permettre la consultation non autorisée des informations d'autres candidats. Faso Résultats pourrait également présenter des avantages pour les administrations. La mutualisation d'un outil de publication pourrait limiter la multiplication de plateformes indépendantes et simplifier certaines opérations techniques. Elle pourrait aussi contribuer à réduire les besoins d'impression et certains déplacements liés à la consultation des résultats.
Ces bénéfices resteront néanmoins liés à l'adoption réelle du service et aux pratiques des institutions. Sur le plan social, Christian Sadé souhaite favoriser un accès plus équitable à l'information. La possibilité de consulter les résultats depuis un téléphone pourrait notamment faciliter les démarches des candidats vivant loin des centres administratifs. Le promoteur évoque également l'ambition de rendre les résultats accessibles aux personnes ne disposant pas de smartphone. Les modalités précises de cet accès devront toutefois être définies et mises en œuvre.
Agent One, DuniaBrowser et Faso Résultats illustrent trois dimensions de la souveraineté numérique. Ces initiatives répondent à des préoccupations différentes, mais elles partagent une volonté de développer des solutions numériques adaptées au contexte burkinabè. Les trois meilleures innovations de la catégorie « Souveraineté numérique et infrastructure » bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de Le Faso Digital 2026.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
La sécurité routière, la gestion des espaces de stationnement et l'accès aux transports en commun constituent des défis quotidiens pour les usagers et les gestionnaires de la mobilité urbaine. Dans la catégorie « Transport, mobilité et logistique » de la deuxième édition de Le Faso Digital, trois projets burkinabè proposent des réponses numériques à ces préoccupations. Il s'agit d'Alerte Contravention, une application de prévention routière conçue par Adama Sy Traoré ; de FasoParking, une solution de gestion numérique des parkings développée par une équipe de quatre entrepreneurs ; et d'une plateforme d'abonnement et de gestion du transport urbain SOTRACO, portée par Abdoul Gafar Zongo. Ces trois innovations retenues bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de l'événement.
Sur la route, quelques secondes d'inattention peuvent suffire à provoquer un accident. Dans les parkings, les difficultés de gestion et de paiement peuvent compliquer le quotidien des usagers comme celui des exploitants. Pour les élèves, étudiants et autres utilisateurs des transports en commun, les démarches d'abonnement peuvent également représenter une contrainte lorsqu'elles nécessitent des déplacements et la constitution de dossiers physiques.
Ces situations illustrent différents enjeux de la mobilité au Burkina Faso. Au-delà de la construction des infrastructures routières, la modernisation du secteur passe aussi par des outils capables de faciliter les déplacements, d'améliorer la sécurité et de rendre les services plus accessibles. C'est dans cette perspective que s'inscrivent les trois projets sélectionnés dans la catégorie « Transport, mobilité et logistique » de Le Faso Digital 2026.
Alerte Contravention : un assistant numérique pour encourager une conduite plus responsable
Respecter les limitations de vitesse, attacher sa ceinture de sécurité et éviter de manipuler son téléphone au volant sont des comportements essentiels à la prévention des accidents de la circulation. Pourtant, entre les habitudes de conduite, les distractions et les contraintes des déplacements quotidiens, ces règles ne sont pas toujours respectées.
C'est pour contribuer à leur application qu'Adama Sy Traoré, expert en ingénierie et technologies, a conçu Alerte Contravention, une application mobile gratuite de prévention routière. Le projet repose sur un principe : accompagner le conducteur pendant son trajet en lui rappelant certains comportements de sécurité, sans l'inciter à contourner les contrôles routiers. Contrairement aux applications qui signalent l'emplacement des radars, Alerte Contravention ne prévoit aucune base de données permettant de localiser les dispositifs de contrôle.
Avec Alerte Contravention, Adama Sy Traoré veut encourager les conducteurs à adopter de meilleurs réflexes sur la route grâce à une application gratuite qui signale les excès de vitesse et rappelle les règles essentielles de sécuritéPour son concepteur, la priorité n'est pas d'aider l'automobiliste à ralentir uniquement lorsqu'il approche d'un radar, mais de l'encourager à surveiller sa vitesse tout au long du trajet. L'application propose ainsi un affichage de la vitesse en caractères de grande taille, conçu pour être rapidement lisible. Un système de couleurs accompagne cette présentation. L'affichage passe du vert à l'orange, puis au rouge, en fonction du seuil de vitesse défini par l'utilisateur.
Lorsque ce seuil est dépassé, l'application déclenche une alerte sonore et vocale. Cette fonctionnalité vise à attirer l'attention du conducteur sans l'obliger à consulter longuement l'écran de son téléphone. Il convient toutefois de préciser que le seuil est choisi par l'utilisateur. Il ne correspond donc pas nécessairement à la limitation réglementaire applicable sur la route empruntée. L'application doit être considérée comme un outil de rappel et non comme un dispositif garantissant le respect de la réglementation routière.
Alerte Contravention prévoit également une fonction relative au port de la ceinture de sécurité. Avant le départ, l'utilisateur est invité à confirmer qu'il a attaché sa ceinture. Tant que cette confirmation n'a pas été effectuée, l'application ne lance pas le suivi du trajet. Ce mécanisme vise à installer un réflexe de vérification avant de prendre la route. Il ne constitue cependant pas une détection physique du port de la ceinture. Son efficacité dépend de la sincérité de la confirmation donnée par le conducteur. Une autre fonctionnalité concerne l'utilisation du téléphone pendant la conduite. Lorsqu'une autre application est ouverte pendant un trajet suivi par Alerte Contravention, un rappel est prévu pour signaler le risque de distraction. L'originalité de cette approche réside dans le moment choisi pour intervenir. Plutôt que de se limiter à un message de sensibilisation affiché au démarrage, l'application cherche à réagir lorsqu'une action potentiellement distrayante est détectée.
Cette fonctionnalité devra néanmoins tenir compte des restrictions imposées par les systèmes d'exploitation mobiles et des usages légitimes, notamment lorsque le téléphone est manipulé par un passager.
Le promoteur a également intégré un mode miroir destiné à projeter certaines informations sur le pare-brise. Cette fonction vise à faciliter la consultation de la vitesse sans multiplier les mouvements du regard. Son utilisation devra toutefois respecter les exigences de sécurité, notamment en matière de visibilité et de positionnement du téléphone. Selon les informations communiquées par son concepteur, Alerte Contravention est déjà publiée sur Google Play, tandis que la version destinée aux appareils iOS est en cours d'examen.
FasoParking : une équipe de quatre entrepreneurs veut moderniser la gestion du stationnement
Trouver une place pour stationner son véhicule est une préoccupation courante dans les zones urbaines fréquentées. Mais derrière cette difficulté se pose une autre question : comment organiser efficacement la gestion des parkings, les paiements et le suivi des recettes ? Dans certains espaces de stationnement, les opérations reposent encore largement sur des pratiques manuelles. Cette organisation peut compliquer la traçabilité des transactions, le suivi de la fréquentation et la production de rapports fiables pour les gestionnaires.
C'est pour contribuer à la modernisation de ce secteur qu'une équipe de quatre entrepreneurs développe FasoParking, une solution numérique dédiée à la gestion du stationnement. Le projet est porté par Bernadin Ilboudo, cofondateur et directeur, médecin et entrepreneur également fondateur de NAWA ; Hamed Ouédraogo, cofondateur chargé de la stratégie ; Aristide Zannon, directeur technique ; et Kevin Batinan, responsable du produit. L'équipe ambitionne de construire progressivement une infrastructure numérique du stationnement à partir du Burkina Faso, avec une perspective de développement dans la sous-région ouest-africaine.
FasoParking s'appuie sur plusieurs évolutions observées dans les usages urbains. La place croissante des paiements mobiles, l'utilisation des smartphones, l'urbanisation et la pression sur les espaces de stationnement constituent, selon ses promoteurs, des facteurs favorables à la transformation numérique du secteur. Le projet cherche notamment à faciliter la gestion des transactions et à améliorer la visibilité des opérations pour les responsables de parkings. L'intégration des moyens de paiement mobile occupe une place importante dans son modèle.
L'équipe prévoit de s'appuyer sur plusieurs opérateurs afin de limiter la dépendance à un seul prestataire. Orange Money, Moov Money et Wave figurent parmi les services envisagés dans cette approche multi-opérateurs. L'objectif est de proposer aux utilisateurs différentes possibilités de paiement, tout en facilitant la traçabilité des recettes. Pour les gestionnaires, la disponibilité d'informations structurées pourrait permettre de mieux suivre les flux financiers et la fréquentation.
L'équipe de FasoParking ambitionne de moderniser la gestion des espaces de stationnement au BurkinaCes données pourraient également contribuer à identifier les périodes de forte activité et à adapter l'organisation des sites. Mais FasoParking ne se présente pas uniquement comme une application de paiement. Les promoteurs mettent également en avant le travail réalisé auprès des acteurs du stationnement. Selon les informations fournies par l'équipe, la solution est déjà active sur trois sites. Des perspectives de déploiement sont également envisagées dans des universités.
L'équipe estime en effet que la réussite d'une plateforme de stationnement dépend autant de l'adoption par les usagers que de l'implication des personnes chargées de gérer les parkings. FasoParking travaille ainsi à établir des relations avec les parkeurs, leurs associations et les responsables des espaces de stationnement. L'objectif est d'intégrer progressivement les pratiques existantes dans un système numérique. Les promoteurs prévoient la présence d'ambassadeurs sur les sites et la formation des parkeurs afin de faciliter l'utilisation quotidienne de la solution. Ce choix répond à un défi important : une innovation numérique ne produit pas nécessairement les effets attendus si les personnes qui doivent l'utiliser ne disposent pas des compétences ou de l'accompagnement nécessaires.
L'équipe indique également avoir développé des méthodes de déploiement et de contrôle destinées à limiter les risques de fraude. La constitution d'un historique des transactions représente un autre aspect de sa stratégie. À mesure que les paiements sont enregistrés, la plateforme peut disposer de données relatives aux usages, aux flux et aux habitudes de paiement. Ces informations pourraient aider les gestionnaires à mieux comprendre le fonctionnement de leurs parkings. Leur exploitation devra toutefois respecter les exigences de confidentialité et de protection des données.
FasoParking mise également sur une stratégie d'expansion progressive. Plutôt que de chercher à couvrir immédiatement un grand nombre de sites, l'équipe envisage de développer son réseau à travers des partenariats avec des institutions et des universités. La répartition des responsabilités au sein de l'équipe traduit cette volonté d'associer développement technologique et présence sur le terrain. Bernadin Ilboudo assure le pilotage opérationnel et les relations avec les partenaires. Hamed Ouédraogo intervient dans la stratégie, la recherche de financements et le développement commercial. Aristide Zannon, qui dispose selon la présentation du projet de dix années d'expérience dans le développement mobile, est chargé de la conception et de l'évolution technique de la plateforme. Kevin Batinan pilote, pour sa part, l'expérience utilisateur, la feuille de route du produit et le déploiement auprès des parkings partenaires.
SOTRACO : Abdoul Gafar Zongo propose de dématérialiser les abonnements aux bus
Pour les élèves, les étudiants et les autres utilisateurs réguliers des transports en commun, l'abonnement représente un moyen d'organiser les déplacements quotidiens. Mais les démarches nécessaires pour obtenir ou renouveler un titre peuvent devenir contraignantes lorsqu'elles imposent la constitution de dossiers physiques, des déplacements ou des files d'attente. Pour les personnes à mobilité réduite, ces contraintes peuvent être encore plus importantes.
C'est pour simplifier ce parcours que Abdoul Gafar Zongo a conçu un projet de plateforme numérique d'abonnement et de gestion du transport urbain SOTRACO. La solution ambitionne de dématérialiser les démarches, depuis le dépôt des pièces justificatives jusqu'à l'émission du titre de transport. Elle repose sur une architecture privilégiant les téléphones mobiles, les paiements numériques et les mécanismes de contrôle électronique. L'un des principaux objectifs du projet est de prendre en compte la diversité des profils d'usagers.
La plateforme prévoit sept catégories de bénéficiaires, parmi lesquelles les élèves, les étudiants, les personnes à mobilité réduite et les seniors. Chaque catégorie pourrait être associée à des règles d'éligibilité et à des conditions tarifaires spécifiques. Pour l'utilisateur, le processus commencerait par la constitution d'un dossier numérique. Les pièces nécessaires, telles que la Carte nationale d'identité burkinabè, le certificat de scolarité ou une photographie, pourraient être transmises directement depuis un téléphone. Le dossier ferait ensuite l'objet des vérifications prévues.
Lorsque la demande est validée, la plateforme ambitionne de délivrer un titre de transport numérique sécurisé, associé à un QR code. Cette approche permettrait de réduire l'utilisation des formulaires et des supports physiques. Elle pourrait également éviter certains déplacements consacrés uniquement au dépôt ou au renouvellement d'un dossier. Le projet prévoit aussi un mécanisme destiné à améliorer la transparence dans le traitement des demandes. En cas de rejet, l'utilisateur devrait recevoir une explication précisant les motifs de la décision.
La question du paiement constitue une autre dimension importante du projet. Abdoul Gafar Zongo propose une intégration avec Faso Arzeka, présenté comme un dispositif national d'encaissement. L'objectif est de permettre le règlement des abonnements par des moyens de paiement mobile, notamment Orange Money et Moov Money, tout en assurant une traçabilité des opérations. Le système prévoit également la production de quittances numériques et des mécanismes de rapprochement financier. Il s'agit toutefois de fonctionnalités proposées dans le cadre du projet. Leur mise en œuvre effective nécessiterait les autorisations, les accords techniques et les validations des institutions concernées.
La plateforme prévoit aussi une application destinée aux contrôleurs intervenant dans les bus. Ces derniers pourraient vérifier la validité des titres de transport en scannant les QR codes. Le système envisagé comprend des contrôles individuels ou par lot, ainsi que des mécanismes destinés à limiter les usages frauduleux. Une fonctionnalité de verbalisation numérique des contrevenants est également proposée. Au-delà de la gestion des abonnements, Abdoul Gafar Zongo met en avant plusieurs effets attendus de son projet.
Sur le plan social, la dématérialisation pourrait faciliter les démarches des élèves, des étudiants et des personnes ayant des difficultés à se déplacer. Sur le plan économique, elle pourrait réduire certaines dépenses liées à l'impression des formulaires, à la production des cartes physiques et à la tenue des registres. Pour les gestionnaires, le suivi numérique des transactions pourrait améliorer la disponibilité des informations financières. Le promoteur évoque également une dimension environnementale. En simplifiant l'accès aux abonnements, la plateforme pourrait contribuer à rendre les transports collectifs plus attractifs. À terme, une augmentation de la fréquentation des bus pourrait participer à la réduction de l'usage des moyens de transport individuels.
Abdoul Gafar Zongo propose de simplifier les abonnements aux bus SOTRACO grâce à une plateforme permettant de déposer les dossiers en ligne, de payer par Mobile Money et d'obtenir un titre de transport numérique sécuriséLa plateforme est envisagée pour les villes desservies par le réseau, notamment Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou, sous réserve des conditions effectives de déploiement. Le projet s'inscrit également dans une volonté de valoriser les infrastructures et les compétences numériques nationales.
Abdoul Gafar Zongo souhaite notamment développer une solution pouvant interagir avec des services publics existants. Mais une telle intégration nécessite des garanties importantes. La protection des documents d'identité, la sécurité des paiements, la prévention des faux titres et la fiabilité des contrôles devront faire l'objet d'une attention particulière. La modernisation d'un service public ne doit pas avoir pour conséquence d'exclure les usagers les moins familiarisés avec les technologies.
Alerte Contravention, FasoParking et la plateforme numérique SOTRACO illustrent trois dimensions complémentaires de la transformation de la mobilité. Ces projets montrent que l'innovation dans le secteur des transports ne se limite pas à la conception de nouveaux véhicules ou à la construction d'infrastructures physiques. Elle peut également concerner les services, les procédures et les outils utilisés au quotidien par les usagers et les gestionnaires.
Ces trois meilleures solutions de la catégorie « Transport, mobilité et logistique » bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de Le Faso Digital 2026.
Farida Thiombiano
Lefaso.net