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Updated: 13 hours 26 min ago

Serge Armel Sawadogo, réalisateur de la série « Une femme à Kosyam » : « Certaines personnes affirment qu'une femme présidente relève du rêve, voire de l'impossible dans notre contexte »

Mon, 23/03/2026 - 23:09

Le réalisateur et producteur de la série « Une femme à Kosyam », Serge Armel Sawadogo, a accordé une interview à Lefaso.net. Au cours des échanges, il est revenu, entre autres, sur les thématiques abordées dans cette fiction, ses convictions, ainsi que son regard sur le 7e art burkinabè.

Lefaso.net : Votre série aborde plusieurs thématiques fortes, notamment le leadership féminin, les ressources naturelles comme le pétrole, la corruption, les luttes d'influence et d'intérêts, ainsi que la souveraineté. Pourquoi avoir choisi de traiter ces sujets dans « Une femme à Kosyam » ?

Serge Armel Sawadogo : Plusieurs raisons ont motivé cette idée. Je souhaitais réaliser un film qui, à mon sens, puisse défendre ou soutenir le Burkina Faso. Au regard du contexte dans lequel se trouve le pays, il m'a semblé pertinent et judicieux d'aborder ces thématiques. L'une des idées principales repose sur l'hypothèse selon laquelle le Burkina Faso pourrait disposer de ressources pétrolières. Je me suis alors dit que, dans un tel cas, il serait essentiel de préparer le pays à accueillir et à exploiter cette richesse de manière optimale. On constate souvent que certains pays producteurs de pétrole ne connaissent pas un développement important. D'autres par contre parviennent à en tirer profit.

Pourquoi ne parviendrions-nous pas, nous aussi, à en tirer profit pour nous développer ? À mon avis, cela s'explique souvent par un manque de vision ou à un engagement sans faille des politiques. C'est comparable à une personne qui gagne une importante somme d'argent à la loterie sans savoir comment la gérer. Sans réflexion préalable sur la gestion des ressources naturelles, ni mise en place de garde-fous, nous risquons de ne pas en bénéficier pleinement.

Personnellement, si l'on annonçait aujourd'hui que le Burkina Faso dispose de pétrole, je veux en profiter, et j'espère que mes enfants pourraient également en bénéficier. C'est pourquoi la réalisation de cette série vise à susciter la réflexion et à contribuer à une meilleure préparation. Voilà l'un des principaux objectifs qui m'ont conduit à aborder la question des matières premières dans cette œuvre. Par ailleurs, je suis quelque peu réservé quant à l'expression « leadership féminin ». Selon moi, il n'existe pas de leadership spécifiquement féminin ou masculin. Il existe plutôt des femmes leaders et des hommes leaders. Certes, une femme peut, dans sa manière de diriger, présenter certaines spécificités liées à sa condition, notamment en raison de réalités biologiques et sociales telles que la maternité. Cependant, le leadership repose avant tout sur des principes universels. Toute personne capable de les intégrer, de les respecter et de travailler sur son caractère peut devenir un bon leader.

Malheureusement, il arrive souvent que nous ne parvenions pas à adapter notre comportement à ces principes, ce qui constitue un obstacle. Être un bon leader implique, notamment, de savoir se maîtriser face aux difficultés, de ne pas réagir sous le coup de l'émotion, mais de prendre du recul pour analyser et réfléchir. Même face à un adversaire, il est essentiel d'éviter d'agir par jalousie ou animosité. Enfin, toute volonté de construire durablement passe nécessairement par la lutte contre la corruption et contre les nombreux maux qui entravent le développement.

Dans cette série, vous imaginez une femme à la tête du Burkina Faso. Est-ce, d'une certaine manière, l'expression d'un rêve ou d'une conviction personnelle ?

J'ai une mère qui a travaillé toute sa vie et qui est aujourd'hui à la retraite. Mon père, lui, est parti à la retraite dans l'ancien système burkinabè alors que j'avais 11 ou 12 ans. Si ma mère n'avait pas travaillé, j'aurais très probablement dû abandonner l'école pour apprendre un métier et m'en sortir. Mais grâce à Dieu, elle travaillait dans le système des Nations-Unies, ce qui a permis à mes frères, à mes sœurs et à moi de poursuivre nos études. C'est dire que je mesure pleinement l'importance d'une femme qui travaille. En tant qu'artiste, ou simplement en tant que citoyen qui souhaite contribuer à l'évolution de la société, il est important de repousser les limites, de poser des réflexions nouvelles, parfois là où d'autres n'osent pas aller. C'est dans cette logique que j'ai trouvé pertinent de mettre en scène une femme présidente. Car lorsqu'une femme accepte de relever certains défis, elle peut aller encore plus loin.

Comme l'a souligné Prosper Kompaoré (homme de théâtre), lors de la conférence de presse annonçant la diffusion de la série, tout le monde n'est pas forcément apte, de par son caractère, à supporter certaines pressions. Or, le leadership implique justement de faire face à la pression, à la tension, voire à des formes d'oppression. Lorsqu'on ne s'en sent pas capable, il vaut mieux ne pas s'y engager, même si des outils peuvent aider. Cela reste un défi majeur. Réaliser une série sur une femme à Kosyam, c'est donc inviter les femmes à repousser leurs propres limites, à se dire que c'est possible, qu'elles peuvent aller plus loin. D'ailleurs, dans la série, on voit bien qu'elle doit concilier plusieurs responsabilités : ses enfants, son rôle d'épouse et ses fonctions. Le soutien du mari, des enfants et de l'entourage devient alors essentiel. Sans cet accompagnement, ce n'est pas impossible, mais cela devient extrêmement difficile.

Serge Armel Sawadogo évolue dans le monde du 7e art depuis plus de 20 ans

Quels retours avez-vous reçus du public depuis la diffusion de la série ?

J'avoue avoir reçu plusieurs types de retours. Certains félicitent, se disent enchantés, tandis que d'autres ont été surpris par la fin du premier épisode, notamment par ce retournement de situation auquel ils ne s'attendaient pas. J'ai également eu un retour assez surprenant lors du Fespaco 2025. Un monsieur m'a interpellé à propos d'une scène du deuxième épisode, dans laquelle des personnages sont en voiture sans porter leurs ceintures de sécurité.

Selon lui, pour une production de ce niveau, ce genre de détail ne devrait pas être négligé. Je reconnais que je ne m'attendais pas du tout à ce type de remarque. Cela dit, je pense que plus la série sera diffusée et regardée, plus je recevrai des retours, parfois surprenants, car chacun perçoit une œuvre selon sa sensibilité. J'ai aussi vu des réactions sur Internet. Certaines personnes affirment qu'une femme présidente relève du rêve, voire de l'impossible dans notre contexte. Ils disent en plaisantant que ce n'est pas possible dans la société moaga.

Ce sont donc des réactions diverses, parfois critiques, parfois sceptiques. Mais, à mon sens, ces retours ne sont pas forcément négatifs. Au contraire, ils montrent que la série suscite le débat. Il est cependant important que les journalistes et les professionnels des médias s'approprient ces discussions, afin de les structurer, les recadrer et les porter à un niveau plus formel. L'objectif est que cette série puisse réellement contribuer à la réflexion, notamment sur les questions liées aux ressources, mais aussi sur la place des femmes et leur accès au leadership.
Sur les réseaux sociaux, certains internautes se disent choqués par l'idée d'une femme présidente du Faso, allant même jusqu'à évoquer un complot.

Vous attendiez-vous à de telles réactions ?

Premièrement, le fait que la série ait été préachetée par TV5Monde peut susciter certaines interprétations. Certains pourraient percevoir cette collaboration avec un média international comme une forme d'éloignement, en allant jusqu'à nous qualifier “d'apatrides''. Cette lecture est possible. Toutefois, pour nous, il s'agit avant tout de donner une portée internationale à notre travail et de valoriser nos réalités. Deuxièmement, j'éprouvais une certaine appréhension quant à une éventuelle confusion entre la fiction et la situation politique actuelle. Certains pourraient en effet penser que nous avons calqué l'histoire sur celle du président Ibrahim Traoré. Or, l'ensemble du contenu de la série a été écrit avant mai 2022.

Cependant, à la lumière du visionnage, il est possible de relever certaines similitudes avec le contexte actuel. Par exemple, dans le premier épisode, des acteurs extérieurs conditionnent leur soutien à la composition du gouvernement. Cette situation fait écho à des propos rapportés par Bassolma Bazié, qui évoquait des pressions similaires exercées lors de la mise en place du gouvernement. On observe également des coïncidences troublantes : dans la série, la présidente porte le nom de Traoré, à l'instar de l'actuel chef de l'État. Par ailleurs, un personnage nommé Bourgi agit dans l'ombre, ce qui peut rappeler certaines figures réelles, telles que Robert Bourgi (avocat et lobbyiste franco-libanais).

En outre, j'ai introduit un personnage de journaliste d'investigation nommé Auguste Henry, à la tête d'un journal intitulé Henry Sebgo. Il s'agit d'un hommage à Norbert Zongo. En définitive, même si certains éléments semblent faire écho à l'actualité, ils ne résultent nullement d'un calque volontaire. Les idées ont été conçues bien avant les événements récents. J'ai écrit le premier épisode en 2018, puis les suivants en collaboration avec Carine Bado, sous ma coordination, afin d'en assurer la cohérence globale en 2020. Avec du recul, certains parleront de simples coïncidences. Pour ma part, en tant que croyant, je considère que ces inspirations trouvent une origine plus profonde. Je suis convaincu que Dieu m'a guidé dans ce processus d'écriture et que des idées élaborées entre 2018 et 2020 trouvent aujourd'hui une résonance particulière.

Le fait que certaines scènes aient été tournées au palais présidentiel de Kosyam apporte beaucoup de réalisme à la série. Comment avez-vous réussi à obtenir cette autorisation exceptionnelle ?

Comme je le dis souvent, je n'ai pas de bras longs (de relations). Mon seul bras long, c'est Jésus-Christ. Je ne dis pas cela pour évangéliser, mais c'est une réalité personnelle. Quand je ne sais pas comment faire, je prie. C'est dans cet esprit que je me suis interrogé sur la manière d'obtenir une autorisation de tournage à Kosyam. En 2021, après des prières et des démarches, nous avons pu obtenir une première autorisation. Dieu a permis que nous rencontrions une personne capable de nous introduire et de faciliter le processus. Cependant, malgré cette autorisation, nous n'avons pas pu tourner cette année-là.

Lorsque nous avons voulu relancer le projet en 2023, il a fallu reprendre toute la procédure. On dit souvent que l'administration est une continuité, mais le contexte sécuritaire pouvait amener les autorités à refuser, même avec un document déjà obtenu. Avec l'appui du ministère en charge de la Culture, nous avons donc refait la demande. Et, par la grâce de Dieu, nous avons finalement obtenu l'autorisation de tourner en 2023. Je dirais donc que tout cela a été possible grâce à Dieu. Mais je tiens aussi à exprimer ma reconnaissance aux autorités burkinabè pour leur confiance envers les cinéastes. Autoriser un tournage dans un lieu aussi symbolique que Kosyam est un acte fort.

Cela montre que, depuis la création du Fespaco en 1969 jusqu'à aujourd'hui, l'État burkinabè a toujours soutenu le cinéma. Je profite donc de cette tribune pour dire merci : merci à la Présidence du Faso, merci aux autorités, et merci à toutes les personnes qui ont contribué à rendre ce projet possible.

Une scène du tournage.

À travers le personnage de la présidente Suzanne Traoré, cherchez-vous à mettre en lumière les obstacles auxquels les femmes peuvent être confrontées au sommet du pouvoir ?

Je pense que le but premier de la série, c'est de montrer l'envers du décor. Souvent, on n'imagine pas l'ampleur des défis auxquels nos autorités sont confrontées pour diriger un pays. Il ne s'agit donc pas uniquement de montrer ce qu'une femme peut subir au pouvoir, mais plutôt de mettre en lumière les réalités auxquelles tout chef d'État est confronté, quel que soit son sexe. D'ailleurs, dans le premier épisode, il y a une scène révélatrice : une assistante de la présidente affirme que « si c'était un homme, certaines situations ne se produiraient pas ».

Mais la présidente lui répond en évoquant les sept chefs d'État qui menacent de boycotter son investiture : « Sont-ils des femmes ou des hommes ? » Cela montre bien que la pression n'est pas une question de genre. En réalité, cette pression est liée à la nature même du pouvoir. Il y a tellement d'intérêts en jeu que certains cherchent toujours à avoir en face d'eux des dirigeants qu'ils peuvent influencer ou contrôler. Lorsqu'un leader refuse cette logique, tout est mis en œuvre pour l'affaiblir, voire l'écarter. Ce mécanisme ne se limite pas à la politique. On le retrouve aussi dans les entreprises : lorsqu'une autorité estime qu'une personne échappe à son contrôle, elle peut chercher à l'écarter, sauf si cela est impossible. On privilégie souvent des profils compétents, mais aussi “gérables”. À l'échelle internationale, cette logique est encore plus marquée, surtout lorsqu'il s'agit de pays riches en ressources naturelles. Un dirigeant difficile à influencer devient alors problématique pour certains intérêts extérieurs.

On a vu, par exemple, des situations où un dirigeant est d'abord accusé de faits graves comme le narcotrafic, puis, une fois écarté ou affaibli, le discours change et se recentre sur d'autres enjeux comme les ressources pétrolières (parlant du cas du Vénézuéla). Cela montre à quel point les priorités peuvent évoluer en fonction des intérêts. Si l'on prend le cas de la République démocratique du Congo, même sans entrer dans tous les détails, on constate que l'instabilité peut parfois profiter à certains acteurs. Dans un contexte de chaos, les États sont davantage occupés à gérer les crises qu'à structurer durablement la gestion de leurs richesses. Cela peut créer des brèches favorables à l'exploitation des ressources. Au final, la question n'est donc pas liée au fait d'être une femme ou un homme. Elle est profondément liée à la nature du pouvoir, aux rapports de force et aux intérêts qui gravitent autour.

Une deuxième scène du tournage.

Comment avez-vous travaillé pour que l'intrigue reste politiquement crédible tout en conservant l'aspect divertissant propre à une série télévisée ?

Il est essentiel de se former et de s'inspirer de ce qui a déjà été fait avec succès. Dans ce sens, j'ai regardé plusieurs séries politiques pour comprendre les mécanismes d'écriture et d'efficacité narrative. J'ai notamment suivi des séries comme Borgen, Commander in Chief, Designated Survivor, Prison Break, 24 heures chrono et Madam Secretary. Ces productions m'ont permis de comprendre comment construire des intrigues efficaces, maintenir le suspense et traiter des thématiques politiques de manière accessible et captivante. En les analysant, j'ai pu voir comment ces séries abordent les enjeux du pouvoir et structurent leurs récits pour capter l'attention du public. Par ailleurs, en faisant des recherches, je suis tombé sur les travaux de Dr Lydia Rouamba.

Sa thèse, consacrée aux femmes en politique au Burkina Faso entre 1957 et 2009, (la participation des femmes à la vie politique au Burkina de 1957 -2009) m'a été d'une grande utilité. Elle avait rencontré de nombreuses femmes engagées en politique, recueillant leurs témoignages, leurs expériences et leurs analyses. Cela nous a permis d'avoir accès à une matière riche, sans forcément devoir repartir sur le terrain pour rencontrer toutes ces actrices. Nous avons pu puiser dans ces contenus des éléments pertinents, que nous avons ensuite intégrés dans l'écriture. En plus de cela, nous restons des observateurs de notre société. Nous voyons, nous entendons et nous analysons ce qui se passe autour de nous. Tout cela nourrit forcément la création.

C'est avec cet ensemble d'influences que j'ai écrit le premier épisode. Ensuite, il m'a fallu collaborer avec quelqu'un pour la suite du projet. J'ai choisi Carine Bado, une consœur. Avant de commencer l'écriture à deux, j'ai pris le temps de la former afin qu'elle soit au même niveau de compréhension que moi. J'avais bénéficié de formations complémentaires, ainsi que de ressources, notamment des documents envoyés par un ami scénariste français. Ce m'a permis d'approfondir mes connaissances. Il était donc important de partager tout cela avec elle, afin que nous ayons une base commune. Une fois ce travail fait, nous avons pu écrire ensemble les épisodes 2 à 7, avec une vision cohérente et structurée.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées avant, pendant et après le tournage ?

Nous disposions, au départ, d'un financement qui nous a permis de faire appel à Carine Bado afin d'entamer l'écriture des épisodes. Toutefois, ces ressources restaient insuffisantes pour passer à la phase de tournage. Il a donc fallu engager de nombreuses démarches pour mobiliser des financements complémentaires. Nous avons notamment sollicité l'Organisation internationale de la Francophonie, sans succès. Si notre projet avait été retenu, nous aurions pu bénéficier d'un financement de plus de 100 millions de francs CFA. Malheureusement, cette opportunité ne s'est pas concrétisée, et la principale difficulté a été la recherche de fonds.

C'est dans ce contexte que, alors que je participais au tournage de ma consœur Carine Bado, en lui apportant mon appui, j'ai découvert un appel à projets lancé par TV5Monde. Ce dernier annonçait la mise en place d'un nouveau fonds TV5MondePlus, assorti d'un mécanisme de préachat pour les projets sélectionnés. Parallèlement à mes engagements sur le tournage, j'ai donc constitué et soumis un dossier de candidature. Le projet a finalement été retenu, et l'obtention de ce fonds a constitué un tournant décisif. À partir de ce moment, j'ai eu l'assurance que le tournage pouvait être lancé. Par la suite, le financement a été consolidé grâce à l'appui du Fonds de développement culturel et touristique, du ministère en charge de la Culture, ainsi que d'autres contributions. L'ensemble de ces soutiens a permis de réunir les conditions nécessaires à la réalisation de la série.

Un autre enjeu concernait l'accès au cadre de tournage, notamment la présidence. Sans cet accès, nous aurions été contraints de revoir certains éléments fondamentaux du projet, y compris le titre, en optant par exemple pour « Une femme à la présidence », avec un décor alternatif moins ancré dans la réalité institutionnelle, faute de disposer d'un cadre crédible. Fort heureusement, nous avons pu bénéficier de l'accès à la présidence. Bien que celle-ci n'ait pas apporté de soutien financier direct, elle a joué un rôle déterminant à plusieurs niveaux. D'une part, elle a conféré au projet une crédibilité institutionnelle indéniable. D'autre part, elle nous a permis de réduire considérablement les coûts liés à la location de décors, qui auraient été à la fois élevés et difficiles à substituer avec un niveau de réalisme équivalent. Ainsi, de manière très concrète, l'appui logistique de la présidence a constitué un levier essentiel dans la finalisation du projet.

Serge Armel Sawadogo est également scénariste.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur l'évolution du cinéma et des séries au Burkina Faso, surtout dans un pays qui accueille le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou ?

Je ne sais pas comment répondre à cette question avec sincérité sans paraître prétentieux. Néanmoins, je pense que nous avons, collectivement, abaissé notre niveau d'exigence dans la production cinématographique. Je me souviens qu'à l'époque où je réalisais cette série, il y avait une situation qui m'irritait particulièrement : à chaque édition du Fespaco, on constatait que des cinéastes, pourtant soutenus financièrement par l'État, revenaient sans distinction.

Cette situation m'interpellait profondément. Je me demandais : qu'est-ce qui nous empêche réellement de faire mieux ? Il ne s'agit pas de prétention, mais c'est un métier qui s'apprend et qui exige une formation continue. Cet apprentissage passe par la lecture, l'observation et l'analyse des œuvres existantes. Plus on y consacre du temps, plus on acquiert des connaissances solides. C'est une démarche que j'ai moi-même adoptée. Il m'arrive, par exemple, de m'isoler pour visionner et étudier les films de Idrissa Ouédraogo, que je considère comme de véritables masterclass.

À travers ses réalisations, j'analyse ses choix de mise en scène, sa narration et sa direction d'acteurs. De la même manière, il n'est pas indispensable de rencontrer physiquement des figures comme Gaston Kaboré pour apprendre : leurs œuvres constituent déjà une source précieuse d'enseignement. Avec le temps et l'investissement dans ce travail, on finit par intégrer une forme de sagesse héritée des anciens. Pourtant, j'ai le sentiment que, globalement, le niveau d'exigence a baissé. Dans le domaine des séries, par exemple, les productions locales se limitent souvent à des schémas techniques basiques : un plan large, suivi d'un champ-contrechamp, sans véritable travail de mise en scène. La direction d'acteurs est parfois négligée, réduite à des indications sommaires. Ce type d'approche ne permet pas d'atteindre un niveau de qualité élevé.

Cependant, cette situation s'explique en grande partie par le manque de moyens. Une mise en scène plus élaborée exige davantage de temps, et donc des coûts de production plus élevés. Face à des ressources limitées, certains créateurs privilégient la rapidité d'exécution afin d'éviter l'endettement, au détriment de l'exigence artistique. Ainsi, la baisse du niveau d'exigence est en partie liée à ces contraintes économiques, tant dans le cinéma que dans les séries. Par ailleurs, un autre facteur réside dans l'arrivée d'une nouvelle génération de jeunes acteurs du secteur, dont certains n'ont pas bénéficié d'une formation suffisante. Il ne s'agit pas uniquement de formation académique, notamment dans des établissements comme l'Institut supérieur de l'image et du son / Studio-école (ISIS/SE), mais aussi d'apprentissage auprès de professionnels expérimentés.

Travailler aux côtés d'un encadreur aguerri, suivre ses orientations et s'imprégner de son expérience constituent déjà une véritable formation. Or, certains jeunes ont intégré le métier sans passer par ce processus. Ils produisent parfois des contenus proches du théâtre filmé, qui rencontrent un certain succès populaire, mais qui restent limités en termes de portée et de qualité cinématographique. Plusieurs facteurs expliquent donc cette baisse globale du niveau. Toutefois, il convient de souligner que certains professionnels continuent de faire preuve de rigueur et d'ambition. Nous rendons grâce à Dieu, Dani Kouyaté a décroché l'Étalon d'or de Yennenga à la 29e édition du Fespaco. Cela constitue une véritable satisfaction pour le monde du cinéma national.

Serge Armel Sawadogo espère pouvoir réaliser une saison 2 de la série.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent embrasser une carrière dans le cinéma ?

Je pense qu'il est essentiel de se former : lire, apprendre et surtout accepter d'apprendre en permanence. L'apprentissage est un processus continu. À partir du moment où l'on cesse d'apprendre, les choses deviennent inévitablement plus complexes. On observe également que certains jeunes, à la sortie des écoles de formation, ont tendance à surestimer leur niveau. Parce qu'ils ont reçu quelques retours positifs, ils ont le sentiment d'être déjà ‘‘arrivés'' (à la hauteur), alors qu'ils ne sont, en réalité, qu'au début de leur parcours. Ils sont en chemin, et non au terme de celui-ci. Pour illustrer cela, prenons l'exemple du film que nous venons de réaliser. Nous avons reçu des retours encourageants, certes, mais cela ne nous empêche pas de nous interroger constamment sur les moyens d'aller encore plus loin, de nous améliorer davantage.

Notre ambition est claire : produire des œuvres capables de s'imposer partout dans le monde, de Ouagadougou à New-York, de New-York à Paris, de Paris à Moscou, et jusqu'à Tokyo. Nous ne voulons pas nous limiter à un rayonnement local ; nous aspirons à une portée véritablement internationale. Une telle ambition exige un niveau d'exigence particulièrement élevé. Il arrive d'ailleurs que certains membres de l'équipe perçoivent cette exigence comme excessive, voire comme une forme de dureté. Pourtant, la recherche de qualité implique nécessairement de la rigueur, et sur ce point, aucun compromis n'est possible. Ainsi, tout jeune qui souhaite embrasser ce métier doit avant tout être exigeant envers lui-même. Cette exigence doit toutefois s'accompagner d'humilité. Lorsque ces deux qualités se conjuguent, et avec la grâce de Dieu, les résultats finissent par suivre.

La série est diffusée gratuitement sur la plateforme TV5Monde.

Avez-vous un message à l'endroit des décideurs publics et des mécènes afin qu'ils investissent davantage dans le 7ᵉ art ?

Je dirais que l'un des éléments les plus déterminants demeure la diffusion. En effet, sans un dispositif de diffusion efficace, même les meilleures productions peinent à atteindre leur public et à être rentables. Prenons l'exemple d'un long métrage projeté uniquement au Ciné Burkina ou au Ciné Neerwaya : si sa distribution reste limitée à ces seules salles, sans possibilité d'extension à l'ensemble du territoire, sa rentabilité devient difficile à assurer.

En revanche, si l'on disposait d'un réseau de diffusion couvrant tout le pays, les perspectives économiques seraient nettement plus favorables. Par ailleurs, lorsqu'on évoque les salles de cinéma, il ne s'agit pas uniquement des recettes issues de la billetterie. Il existe également des sources de revenus annexes qui peuvent contribuer à la viabilité financière des œuvres.

Dès lors, un investissement accru dans les infrastructures de projection et les systèmes de diffusion apparaît comme une nécessité. Cela pourrait considérablement dynamiser le secteur. Il est tout aussi essentiel que des partenaires s'engagent aux côtés des chaînes de télévision, afin de leur permettre d'acquérir et de produire davantage de séries. Il s'agit de réfléchir collectivement à des modèles économiques adaptés, capables de renforcer la présence des productions locales sur nos écrans. À travers une telle dynamique concertée, il devient possible d'envisager des mécanismes durables pour structurer et développer l'industrie audiovisuelle et cinématographique.

Interview réalisée par Samirah Elvire Bationo
Lefaso.net
Voir la Filmographie du réalisateur ici

Cliquez ici pour voir l'intégralité de la série :
https://bit.ly/4rPCXbL

Categories: Africa, Afrique

Burkina : Le ministère de la Transition digitale lance son premier CASEM 2026 sous le signe de la souveraineté numérique

Mon, 23/03/2026 - 23:05

À Ouagadougou, le ministère en charge de la transition digitale a tenu, ce lundi 23 mars 2026, la première session ordinaire de son Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM). Cette rencontre stratégique s'inscrit comme une étape déterminante dans l'évaluation des actions menées en 2025 et la définition des priorités pour l'année en cours.

Placée sous le thème : « Convergence numérique et souveraineté audiovisuelle : optimiser les infrastructures de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) pour un accès universel à l'information et aux services numériques à forte valeur ajoutée », cette session traduit la volonté des autorités de renforcer la transformation digitale tout en consolidant l'indépendance informationnelle du pays. Cadre de redevabilité et de concertation, le CASEM permet d'examiner les performances passées et d'orienter les actions futures. À cette occasion, la ministre en charge de la transition digitale, Aminata Zerbo, a appelé à une nouvelle dynamique.

Malgré des acquis jugés « réels », elle a insisté sur la nécessité d'une accélération en 2026, marquée notamment par une rupture avec les lenteurs administratives, les insuffisances de coordination et certaines pratiques freinant l'efficacité de l'action publique. L'ambition affichée repose sur plusieurs axes : la consolidation des acquis, l'accélération des 12 chantiers structurants de la transformation digitale, le renforcement de la souveraineté numérique, la modernisation du secteur postal et l'amélioration de la gouvernance interne. Cette dynamique s'inscrit dans une vision plus large, portée par la feuille de route de l'espace confédéral de l'Alliance des États du Sahel et le nouveau plan national de développement 2026-2030, dénommé « R.E.L.A.N.C.E ». Dans ce cadre, le ministère entend jouer un rôle central dans la mise en œuvre des actions prioritaires, en lien avec les objectifs de souveraineté nationale et de développement endogène.

Une vue des participants

Sur le plan des infrastructures, plusieurs chantiers majeurs sont annoncés. Il s'agit notamment de renforcer le partage d'infrastructures numériques au sein de l'espace confédéral, de réduire les zones blanches, d'accélérer la refonte du réseau RESINA et le déploiement de la fibre optique. Le gouvernement prévoit également la migration et le rapatriement des données vers les nouveaux datacenters nationaux, ainsi que la finalisation de l'entrée de Starlink sur le marché burkinabè. En matière de transformation numérique, les autorités ambitionnent de mettre en place une plateforme de suivi des produits essentiels dans l'espace confédéral et de créer un centre régional de réponse aux incidents informatiques. L'accent sera également mis sur l'intensification de la dématérialisation des services publics, la mise en œuvre de l'identifiant unique et le renforcement de la sécurité des systèmes d'information.

Le secteur postal n'est pas en reste. L'adoption prochaine de la loi postale devrait ouvrir une nouvelle ère, avec la modernisation de la Poste Burkina Faso, le développement des services financiers numériques et la mise en place des « maisons du citoyen ». Un protocole d'amélioration des échanges postaux est également attendu dans le cadre de la coopération confédérale.

Des résultats 2025 globalement satisfaisants

Le bilan de l'année 2025 fait état de 132 activités programmées pour un coût global de plus de 28,7 milliards de francs CFA. Le taux d'exécution physique a atteint 85,48 %, traduisant une bonne mobilisation des équipes malgré un contexte national contraignant.

La ministre en charge de la Transition digitale, Aminata Zerbo

Parmi les principales réalisations figurent : la couverture de plus de 400 nouvelles localités zones blanches et le lancement de 750 autres, la connexion de 100 nouveaux bâtiments administratifs, la construction de deux datacenters modulaires, la dématérialisation de 272 procédures, dont 146 déjà accessibles en ligne, la généralisation des plateformes CIM et CIMEXT, l'organisation réussie de la 20e édition de la Semaine du numérique et l'adoption de textes structurants en cybersécurité. À cela s'ajoutent des initiatives majeures comme le lancement du programme Elite IT pour la formation de 100 ingénieurs en cybersécurité et intelligence artificielle, ainsi que des campagnes de sensibilisation à l'intelligence artificielle.

Au terme des travaux, cette session du CASEM devrait déboucher sur des recommandations opérationnelles visant à renforcer la gouvernance du secteur, améliorer les performances et accélérer la transformation digitale. À travers cette rencontre, le ministère réaffirme son ambition de faire du numérique un levier central de souveraineté, de développement économique et d'amélioration des services publics au Burkina Faso.

Rama Diallo
Lefaso.net

Categories: Africa, Afrique

UEMOA : Une croissance de 6,4% attendue en 2026

Mon, 23/03/2026 - 23:03

Au terme de l'année 2025, l'économie mondiale semble entrer dans une phase de transition plus apaisée. Après plusieurs années marquées par des chocs successifs : pandémie, tensions géopolitiques, inflation élevée ; les derniers indicateurs du quatrième trimestre 2025 dessinent un paysage économique plus stable, bien que toujours traversé d'incertitudes. C'est ce qui ressort du rapport sur la politique monétaire dans l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) publié en mars 2026. De Washington à Ouagadougou en passant par Bruxelles et Pékin, la croissance résiste, l'inflation recule progressivement, et les politiques économiques s'ajustent avec prudence.

Au quatrième trimestre 2025, l'activité économique mondiale a poursuivi sa progression, mais à un rythme modéré. Aux États-Unis, la croissance du PIB s'est établie à 1,8% en glissement annuel, en léger repli après 2,3% au trimestre précédent. Cette décélération traduit les effets différés du resserrement monétaire passé, malgré un début d'assouplissement de la politique de la Réserve fédérale.

Dans la zone euro, la dynamique reste également contenue, avec une croissance de 1,3%, contre 1,4% précédemment. L'économie européenne continue de composer avec des fragilités structurelles et des incertitudes budgétaires, notamment dans les grandes économies comme l'Allemagne et la France.

Du côté des économies émergentes, le tableau est plus contrasté mais globalement dynamique. La Chine maintient une croissance solide à 4,5%, bien qu'en léger ralentissement. L'Afrique du Sud affiche une progression de 1,9%, confirmant une reprise encore fragile.

En Afrique de l'Ouest en revanche, la dynamique est plus vigoureuse. Le Nigeria enregistre une nette accélération à 5,1%, tandis que le Ghana consolide sa performance à 5,5%. Ces résultats témoignent d'une résilience remarquable dans un environnement international pourtant incertain.

Une inflation en recul, mais sous surveillance

L'un des faits marquants de la période reste la poursuite de la désinflation à l'échelle mondiale. Aux États-Unis, l'inflation s'établit à 2,7% en décembre 2025, en légère baisse. Dans la zone euro, elle recule davantage pour atteindre 1,9%, repassant sous la barre symbolique des 2%.

Dans les économies émergentes, la situation est plus nuancée. La Chine sort d'une phase de déflation pour enregistrer une inflation modeste de 0,8%, tandis que l'Afrique du Sud voit ses prix progresser à 3,6%.

En Afrique de l'Ouest, la tendance est clairement à la baisse. Le Nigeria enregistre une chute spectaculaire de l'inflation à 15,2% (contre 21,0%), tandis que le Ghana passe de 9,4% à 5,4%. Cette amélioration contribue à soutenir le pouvoir d'achat et la stabilité macroéconomique.

Cependant, les risques persistent. Les tensions géopolitiques et les effets du changement climatique continuent de peser sur les chaînes d'approvisionnement et les prix des matières premières, laissant planer une incertitude sur la trajectoire future de l'inflation.

Des conditions financières plus favorables

Sur les marchés financiers, le quatrième trimestre 2025 a été marqué par une détente des taux d'intérêt à court terme, notamment aux États-Unis où le taux interbancaire a reculé à 3,90%, sous l'effet des mesures d'assouplissement de la Réserve fédérale (FED). En zone euro, la stabilité prévaut, reflétant une posture attentiste de la Banque centrale européenne.

Les marchés obligataires présentent des évolutions contrastées. Les rendements à long terme augmentent en Europe, sous l'effet de préoccupations budgétaires, tandis qu'ils reculent aux États-Unis et en Afrique du Sud, traduisant les anticipations de politiques monétaires plus accommodantes. Sur le marché des changes, l'euro reste globalement stable, signe d'un certain équilibre dans les flux financiers internationaux.

Le marché des matières premières confirme une tendance à la détente des prix énergétiques. Les prix du pétrole ont reculé, tirés par des anticipations d'excédent d'offre mondiale. À l'inverse, les produits hors énergie, notamment les métaux précieux, enregistrent une hausse.

Pour les pays de l'UEMOA, cette évolution se traduit par une légère baisse de l'indice des prix des matières premières exportées, notamment en raison du recul des cours du cacao et de l'huile de palmiste, deux produits stratégiques pour la région.

Evolution de l'encours de la dette publique de l'UEMOA réalisé par la BCEAO

L'UEMOA, un pôle de croissance robuste

Dans ce contexte international, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se distingue par la solidité de ses fondamentaux. Au quatrième trimestre 2025, la croissance du PIB réel s'est maintenue à un niveau élevé de 6,5%, confirmant le dynamisme de l'ensemble des secteurs économiques. Sur l'ensemble de l'année, la croissance atteint 6,7%, en progression par rapport à 2024. Cette performance s'appuie sur la vitalité des activités agricoles, commerciales et industrielles.

Fait notable, l'inflation dans l'Union est restée négative (-0,8% au quatrième trimestre), traduisant une baisse des prix, notamment des produits alimentaires et des services de restauration. En moyenne annuelle, elle ressort à 0,0%, après 3,5% en 2024.

La gestion des finances publiques dans l'UEMOA montre des signes d'assainissement. Le déficit budgétaire est ramené à 3,7% du PIB en 2025, contre 5,4% un an plus tôt. Parallèlement, la dette publique recule à 63% du PIB.

Les comptes extérieurs s'améliorent également, avec un excédent significatif de la balance des paiements, soutenu par la hausse des exportations et une amélioration des termes de l'échange. Sur le plan monétaire, la masse monétaire progresse fortement (+17,4%), portée par l'augmentation des actifs extérieurs nets et des crédits à l'économie.

La Bourse régionale, elle, affiche une performance remarquable. L'indice BRVM Composite progresse de 8,1% au quatrième trimestre, tandis que la capitalisation boursière bondit de plus de 20% sur l'ensemble de l'année 2025. Cette dynamique reflète une confiance accrue des investisseurs et un approfondissement du marché financier régional.

Évolution des indices sectoriels de la BRVM au troisième trimestre 2025 (Source : BRVM)

Quelles perspectives pour 2026 et 2027 ?

Les perspectives pour l'UEMOA restent globalement favorables. La croissance est attendue à 6,4% en 2026 et 6,3% en 2027, soutenue par les secteurs extractifs, manufacturiers et les services. L'inflation devrait revenir progressivement dans la fourchette cible (1% à 3%), tandis que le déficit budgétaire continuerait de se réduire. Le financement du secteur privé devrait également s'accélérer, avec une hausse attendue des crédits à l'économie.

Toutefois, ces perspectives demeurent exposées à plusieurs risques : instabilité sécuritaire dans certaines zones, volatilité des prix des matières premières, tensions géopolitiques et impacts du changement climatique.

En somme, l'économie mondiale amorce une phase de stabilisation, tandis que l'UEMOA confirme son statut de zone de forte croissance. La combinaison d'une inflation maîtrisée, d'une discipline budgétaire accrue et d'un dynamisme économique soutenu constitue un signal positif.

Mais cette trajectoire reste fragile. Dans un monde toujours incertain, la capacité des économies à renforcer leur résilience face aux chocs climatiques, géopolitiques et financiers, sera déterminante pour transformer cette embellie conjoncturelle en progrès durable.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Source : Rapport sur la politique monétaire dans l'UMOA mars 2026

Categories: Africa, Afrique

Burkina/Santé : Ne transportez plus vos malades seuls, appelez le SAMU

Mon, 23/03/2026 - 23:00

Créé pour sauver des vies en dehors des structures de santé, le Service d'aide médicale urgente (SAMU) du Burkina Faso monte en puissance depuis son lancement officiel. Dans cet entretien, son directeur général, Pr Flavien Kaboré explique son fonctionnement, ses missions, et appelle les populations à adopter le réflexe du 15 face à toute urgence médicale.

Qu'est-ce que le SAMU ?

Pr Flavien Kaboré : Le Service d'aide médicale urgente (SAMU) du Burkina Faso est un établissement public de santé créé en 2021, dont les textes réglementaires ont été adoptés en 2022.
Nous avons officiellement lancé nos activités en avril 2025 à Ouagadougou, puis en novembre 2025 à Bobo-Dioulasso. Toutefois, des activités préliminaires avaient déjà débuté dès 2023 à Ouagadougou et en mai 2025 à Bobo-Dioulasso. La mission principale du SAMU est d'assurer la prise en charge des urgences médicales survenant en dehors des structures de santé, depuis le lieu de survenue jusqu'à l'établissement le plus adapté. Au-delà de cette mission, le SAMU intervient également dans la couverture sanitaire des grands rassemblements, la gestion des catastrophes, l'élaboration des plans d'urgence, la formation en médecine d'urgence, la sensibilisation des populations aux bonnes pratiques en santé.

À quel moment doit-on contacter le SAMU ?

Le SAMU doit être contacté dès lors que vous êtes confronté à une situation d'urgence médicale, c'est-à-dire lorsque la vie d'une personne est menacée. Cela inclut notamment : les accidents de la circulation, les accidents domestiques ou professionnels, les détresses liées à une maladie. Dans toutes ces situations, il est essentiel d'appeler immédiatement le 15. Nos équipes interviennent dans les meilleurs délais pour stabiliser le patient et organiser son transfert vers une structure adaptée.

Comment se déroule la prise en charge d'un patient ? Par exemple, on vous appelle, on vous dit qu'il y a une personne qui est en situation d'urgence à Karpala, comment le SAMU s'organise pour intervenir ?

Lorsque vous composez le 15 un numéro gratuit accessible sur tous les réseaux, votre appel est pris en charge par un professionnel de santé (médecin ou infirmier). Cet agent analyse la situation à partir des informations que vous fournissez. Si nécessaire, une équipe médicale est immédiatement dépêchée sur les lieux pour : évaluer l'état du patient, initier les premiers soins, organiser son évacuation vers une structure de santé appropriée.

Lorsque le SAMU arrive pour la prise en charge d'un patient, est-ce qu'il y a une procédure à suivre ?

Le SAMU s'appuie sur un système de régulation médicale performant, basé sur la radiocommunication entre : les équipes mobiles, le centre de régulation, les structures hospitalières. Une fois sur place, l'équipe médicale évalue l'état du patient, transmet les informations au centre de régulation qui identifie l'établissement le plus adapté et disponible.
L'objectif est double : garantir la disponibilité d'une place, permettre à l'équipe hospitalière de se préparer avant l'arrivée du patient.
Ce fonctionnement assure une continuité optimale des soins, sans perte de temps.

Si vous appelez l'hôpital Yalgado pour un patient et que l'hôpital vous dit qu'il n'y a pas de place. Comment vous procédez ?

Si un établissement, comme le CHU Yalgado Ouédraogo, ne dispose pas de place, nous sollicitons immédiatement une autre structure adaptée, notamment le CHU de Bogodogo, l'hôpital de Tengandogo, les hôpitaux de district (Boulmiougou, Nongr-Massom, etc.), ou d'autres formations sanitaires partenaires.
Grâce à notre système de communication, la recherche de place est rapide et coordonnée. Dans certains cas, les patients peuvent être orientés directement vers les services de réanimation lorsque leur état l'exige.

Quelles informations essentielles doit-on fournir lors de l'appel pour faciliter l'intervention rapide des secours ?

Lors de votre appel, il est essentiel de répondre précisément aux questions du régulateur.
Les informations clés concernant l'état de la victime (symptômes, gravité), sa localisation exacte. Une localisation précise est déterminante pour réduire les délais d'intervention.

Est-ce qu'il existe des tarifications pour l'intervention du SAMU ?

Les interventions du SAMU en situation d'urgence sont entièrement gratuites pour les patients. En revanche, les transferts inter-hospitaliers programmés sont facturés à un tarif social. Par ailleurs, les bénéficiaires de la gratuité des soins (notamment les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans) continuent de bénéficier de la gratuité totale des prestations du SAMU.

Depuis la mise en œuvre du SAMU, quelle observation faites-vous ?

Nous constatons une augmentation progressive du nombre d'interventions, ce qui traduit une meilleure appropriation du service par la population.
Cela témoigne également de la contribution du SAMU à l'amélioration de la prise en charge des urgences au Burkina Faso.

Quelle est la composition de l'équipe du SAMU ?

Chaque ambulance est composée de trois professionnels : un chauffeur ambulancier, un infirmier, un médecin. Tous sont formés et équipés pour assurer une prise en charge efficace des urgences sur le terrain.

Aujourd'hui, quelles sont les difficultés que le SAMU rencontre sur le terrain ?

Nous faisons face à plusieurs défis : les appels abusifs au 15. Ils mobilisent inutilement les lignes et peuvent retarder la prise en charge de véritables urgences.
Il y a également le non-respect de la priorité des ambulances. Certains usagers ne facilitent pas le passage des ambulances, ce qui ralentit les interventions. Le recours encore insuffisant au SAMU. De nombreuses personnes continuent de transporter leurs proches par leurs propres moyens, sans assistance médicale, ce qui peut aggraver leur état.

Les communes de Saaba, Tanghin-Dassouri et Loumbila sont rattachées à la ville de Ouagadougou. Est-ce que les personnes qui sont dans ces localités peuvent appeler le SAMU ?

Actuellement, nos interventions couvrent principalement Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
Cependant, dans le cadre de notre plan de développement, des postes avancés seront progressivement déployés dans les communes périphériques afin d'élargir la couverture.

Quel message avez-vous à l'endroit des populations de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ?

Nous invitons les populations à adopter le réflexe du 15 face à toute urgence médicale.
N'attendez pas : en cas de danger pour la vie d'une personne, appelez immédiatement le SAMU. Nous appelons également à un usage responsable de ce numéro, exclusivement réservé aux urgences. Notre engagement est clair : intervenir rapidement et efficacement pour sauver des vies.

Rama Diallo, Muriel Dominique

Lefaso.net

Categories: Africa, Afrique

Échapper aux doubles standards de la CPI : L'Alliance des États du Sahel crée sa propre justice

Mon, 23/03/2026 - 22:57

La crise de confiance dans les activités de la Cour pénale internationale (CPI) à l'égard des pays africains, qui s'est récemment intensifiée au sein de la communauté politique internationale, a atteint son paroxysme lors de la projection du documentaire de Bakary Kanté « CPI : une justice universelle sans universalité », dont la première a eu lieu lors du 39e Sommet de l'Union africaine, tenu du 11 au 15 février 2026 à Addis-Abeba, Éthiopie. Les aspects abordés dans ce film éclairent de nombreuses divergences fondamentales concernant les activités de la Cour.

En analysant l'histoire et les mécanismes de fonctionnement de la Cour depuis sa création, ce film met en lumière sa profonde crise de légitimité. Il soulève des questions cruciales quant à savoir si la Cour sert réellement des normes juridiques universelles ou si elle est devenue un instrument sélectif, subordonné aux intérêts des grandes puissances. De plus, il met en évidence les aspects institutionnels et politiques qui sapent l'indépendance de la Cour, et rappelle que certains des acteurs mondiaux les plus importants refusent de reconnaître sa compétence.

La deuxième projection du film a eu lieu le 12 mars 2026 au Mali, en présence de députés du Conseil national de transition du Mali, d'acteurs politiques et publiques, de représentants du pouvoir judiciaire, de chefs communautaires, de journalistes et de nombreux autres invités. Les invités ont particulièrement souligné que l'évaluation sobre du fonctionnement de la CPI, telle que reflétée dans le film, démontre sa politique destructrice à l'égard des pays africains.

Selon l'ancien ministre malien de la Reconstruction du Mali, Ibrahim Ikassa Maïga, « la CPI est un instrument de domination et de manipulation par excellence, qui, sous couvert de vérité et de justice, porte préjudice aux victimes de génocide et de violations flagrantes des droits de l'homme ». Nouh Sarr, membre de la Commission juridique du Conseil national de transition, a souligné que « la CPI a toujours été une organisation au service de l'impérialisme, au service de la domination. Et par conséquent, ce film est un verdict de cette Cour, c'est un procès de cette Cour, et il reflète un éveil des consciences ». Parallèlement, Cheickné Camara, leader du parti « la Nation Commune Avance », a vivement soutenu l'idée même de la création d'une Cour pénale du Sahel pour les droits de l'homme, affirmant que « la CPI est conçue pour soumettre un certain nombre de pays, notamment africains, en créant un sentiment de frustration et de domination ».

Le film révèle que la Cour pénale internationale a fait l'objet de critiques concernant sa partialité envers l'Afrique depuis sa création. Les acteurs politiques et publiques présentes à la projection ont souligné que la CPI a été et reste un instrument de manipulation de l'impérialisme occidental, qui cause des dommages supplémentaires en se drapant dans le masque de la justice.

Les illustrations les plus frappantes de cela sont les affaires intentées contre l'ancien président du Soudan, Omar Al-Béchir, l'ancien président du Kenya, Uhuru Kenyatta, l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, ainsi que le chef de milice congolais, Thomas Lubanga. Le fait que la CPI évite pratiquement toute poursuite contre des responsables des puissances mondiales ne fait que renforcer la conviction d'une poursuite disproportionnée et unilatérale des seuls dirigeants africains.

En outre, les invités à la projection ont souligné que la déclaration ouverte des imperfections du fonctionnement de la CPI et l'absence d'une véritable justice internationale constituent une étape importante pour l'ensemble du continent africain et démontrent sa volonté de prendre la justice en main.

Les pays de l'Alliance des États du Sahel – le Niger, le Mali et le Burkina Faso – sont passés des paroles aux actes en annonçant leur retrait conjoint du Statut de Rome (le traité fondateur de la CPI) le 22 septembre 2025. Les dirigeants de l'Alliance ne se sont pas arrêtés là et ont entamé la recherche pratique de modèles alternatifs de justice régionale, basés sur les principes de souveraineté, d'égalité et d'universalité authentique du droit, annonçant leur intention de créer une Cour Sahélienne des Droits de l'Homme.

Les invités présents à la projection ont souligné que la création de la Cour Sahélienne est une étape nécessaire pour garantir une justice équitable, ainsi que pour protéger les États africains de la politique occidentale des doubles standards. Les experts et juristes présents à la projection du documentaire ont exprimé l'avis que les structures juridiques régionales pourraient potentiellement devenir un système de justice fiable et efficace. Un tel modèle, selon eux, serait capable de garantir la justice, la responsabilité et le respect de la souveraineté des États africains.

Ainsi, les pays de l'Alliance des États du Sahel, au nom de toute l'Afrique, démontrent leur volonté de créer une justice authentique, fondée sur le respect de la souveraineté et l'universalité de l'application du droit, laissant derrière eux les manipulations et l'impérialisme occidentaux. Comme l'a souligné Nouh Sarr « Un hommage aux pays de l'AES qui n'ont pas attendu, mais se sont retirés du Traité de Rome et travaillent aujourd'hui à la création d'une alternative, notamment la Cour des droits de l'homme du Sahel, car la question des droits de l'homme est d'une importance capitale et touche à l'autorité des États. Ensemble, nous pouvons continuer à travailler pour avoir un système judiciaire fort et indépendant qui tiendra bon ».

Dr. William Pedersen

Categories: Africa, Afrique

Burkina/Football : Composition du nouveau staff des Étalons, des citoyens donnent leurs avis

Mon, 23/03/2026 - 22:48

Ce lundi 23 mars 2026, le nouveau sélectionneur des Étalons, le Franco-comorien Amir Abdou, a, au cours d'une conférence de presse, présenté son nouveau staff. L'équipe est composée de sept membres issus de diverses nationalités dont un Burkinabè en l'occurrence l'ancien international Jonathan Zongo. En attendant de voir le staff technique à l'ouvrage, quelques amoureux du football donnent leurs appréciations et formulent leurs attentes. Le trophée de la CAN est la principale attente de ces Burkinabè qui ont accepté de donner leurs avis.

Pour Habila Salo, Amir Abdou a fait un bon choix. Mais, ce n'est pas le moment de s'y attarder car ce qui compte et qui est le plus attendu par les Burkinabè, c'est la coupe.

« Il a un bon staff avec un seul Burkinabè qui est le deuxième adjoint et qui était également un ancien footballeur international. De nouveaux visages, ça peut vraiment marcher et c'est ce qu'on souhaite en tout cas. Mais, ce que nous attendons en toute sincérité c'est de bons exploits, un bon jeu qui va nous permettre d'avoir de bons résultats surtout remporter au moins la CAN. C'est notre cri de cœur », s'est-il exprimé.

Habila Salo confie attendre de bons résultats de la part du staff

Même son de cloche chez Mahamadi Junior Ouédraogo. Tout en félicitant le nouveau sélectionneur et son nouveau staff pour leur nomination, il confie que remporter la Coupe d'Afrique des nations est leur véritable attente.

Mahamadi Junior Ouédraogo formule le vœu que le choix opéré par le sélectionneur soit le fruit d'une première étoile sur le maillot des Étalons.

« Les impressions à chaud après la conférence de presse, c'est déjà un sentiment de satisfaction et d'espérance après les propos que je juge franc du nouveau sélectionneur. À voir la composition du nouveau staff, on constate que cela a été formé sans influence extérieure. Mais, nous les attendons sur plusieurs chantiers notamment certaines réformes et beaucoup d'attente pour une éventuelle première étoile sur le maillot du Burkina Faso et une possible qualification à une coupe du monde », s'est-il confié.

Un sentiment et un espoir également partagés par Romaric Zoundi. Cependant, ce jeune amoureux du football met l'accent sur la présence d'un seul Burkinabè dans l'équipe technique. Pour lui, c'est une bonne chose car cela pourrait contribuer à réduire certaines pratiques.

Romaric Zoundi confie que c'est le résultat qui détermine l'appréciation du staff

« Je trouve que c'est un bon staff surtout qu'il est majoritairement composé d'expatriés. On voit déjà que l'entraîneur essaie de se familiariser avec les joueurs et d'apporter vraiment la confiance en eux, ce qui n'était pas le cas avec le coach précédent. En plus le fait qu'il n'y a qu'un seul Burkinabè dans le staff est un bon signe pour moi, car s'il y avait assez de Burkinabè, les agents des joueurs allaient toujours rôder autour d'eux afin de faire en sorte que le coach sélectionne leurs joueurs. Mais en même temps, c'est le football et c'est le résultat qui détermine l'appréciation du staff. Nous attendons juste une première CAN tout simplement », a-t-il dit, sourire aux lèvres.

De son côté, Adjima Thiombiano salue le choix du sélectionneur. Toutefois, il souhaite que le nouveau staff puisse tout mettre en œuvre pour emmener l'équipe nationale dans le top 10 africain.

Adjima Thiombiano souhaite que le staff travaille dur afin de hisser la sélection nationale dans le Top 10 africain

« Je loue sa décision et pense que c'est un bon choix opéré par Abdou Amir composé de plusieurs nationalités dont Jonathan Zongo, un ancien joueur des Étalons. Mes attentes pour ce nouveau staff, c'est d'abord de qualifier les étalons pour la prochaine Coupe d'Afrique des nations (CAN) et la Coupe du monde 2030. Et ensuite travailler dur afin de hisser la sélection nationale dans le Top 10 africain », a-t-il fait savoir.

Tout comme les autres, Mardoché Clognant Soma apprécie la composition du staff.

« Je pense que le choix du sélectionneur et de son équipe est le bienvenu. Je crois que c'est une équipe qui peut apporter un plus à nos Étalons. Comme tout citoyen, nous avons beaucoup d' attentes parce que je crois qu'on a de bons joueurs et que le sélectionneur fera de bons choix. Nous ne voulons pas jouer seulement les huitièmes et quarts de finale. Nous voulons remporter des compétitions surtout la CAN », a-t-il indiqué.

« Nous ne voulons pas jouer seulement les 8es et quarts de finale. Nous voulons remporter des compétitions surtout la coupe d'Afrique », indique Mardoché Clognant Soma

« J'espère bien que le coach Amir Abdou connaît bien la qualité de ces personnes qui pourront l'aider à atteindre ses objectifs. À part Jonathan Zongo, je pense que bon nombre de ces gens ont déjà travaillé avec lui. Je lui souhaite une bonne chance et surtout je les encourage à travailler ensemble dans le respect pour donner un grand espoir au football burkinabè car le peuple lui-même en a marre et attend de vrais résultats surtout un premier trophée continental. Bonne chance au nouveau staff technique... La Patrie ou la mort, nous vaincrons ! », a lancé de son côté Hamado Kiemdé.

Hamado Kiemdé formule le vœu que ce nouveau staff puisse atteindre ses objectifs.

Les avis sur la composition du nouveau staff des étalons font donc l'unanimité. Cependant, remporter la CAN demeure l'attente principale des citoyens burkinabè surtout ceux qui sont passionnés de football.

Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

Categories: Africa, Afrique

Partenariat public-privé : « Le temps de la planification doit désormais céder la place à celui de l'action (...) », Jean Emmanuel Ouédraogo

Mon, 23/03/2026 - 22:43

La Commission de Partenariat public-privé (PPP) a tenu sa première session ordinaire de l'année 2026, ce lundi 23 mars 2026, sous la présidence du Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, chef du gouvernement. Cette rencontre statutaire s'inscrit dans la mise en œuvre des orientations stratégiques des plus hautes autorités, visant à faire du PPP, un levier majeur de financement du développement, sans alourdir la dette publique.

Les travaux de cette première session de l'année 2026 ont porté sur l'examen et l'adoption du rapport de mise en œuvre du programme PPP au 31 décembre 2025, ainsi que sur l'examen et la validation de l'avant-projet du programme PPP pour l'année 2026.

Pour le Premier ministre, face à un contexte économique international contraignant, l'État ne peut plus se limiter aux mécanismes classiques de financement public. « Le Partenariat public-privé s'impose comme un instrument stratégique incontournable pour combler le déficit en infrastructures et stimuler durablement la croissance économique », estime-t-il.

En dépit des avancées enregistrées, le directeur exécutif du Bureau national des grands projets du Burkina Faso (BN-GPB), Pr Hamidou Sawadogo, a énuméré plusieurs contraintes ayant affecté la mise en œuvre de certains projets. Il s'agit notamment de la non-transmission dans les délais, des offres techniques et financières par certains ministères, d'insuffisances dans la gestion des projets PPP par les sectorielles et la non mise en place des cellules PPP dans certains départements ministériels.

Les échanges ont permis de recadrer les pratiques, précisément la sélection rigoureuse des projets et des partenaires, afin d'atteindre les objectifs. Ils ont également permis de poser les bases opérationnelles du volet investissement du Plan de relance 2026-2028, tout en mettant en lumière les progrès réalisés et les défis à relever.

À l'issue des travaux, la Commission a validé un projet de programme PPP d'une trentaine de projets, aligné sur les priorités nationales du Plan RELANCE. Ils concernent, entre autres, les secteurs de l'énergie, des infrastructures routières, de l'habitat, de la santé, de la sécurité, du développement industriel et commercial.

Le Premier ministre a exhorté les départements ministériels à accélérer la mise en œuvre des projets et à renforcer la consolidation des initiatives déjà engagées. « Le temps de la planification doit désormais céder la place à celui de l'action visible et des résultats concrets », incite le Premier ministre, invitant ainsi l'ensemble des parties-prenantes à œuvrer de sorte à traduire les engagements en réalisations concrètes au bénéfice des populations.

Lefaso.net
Source : DCRP/Primature

Categories: Africa, Afrique

Cameroun : Plus de cinq mois après la réélection de Paul Biya, le nouveau gouvernement toujours attendu

Mon, 23/03/2026 - 22:39

Réélu en début octobre 2025 pour un huitième mandat à la tête de son pays, le Cameroun, Paul Biya "peine" à offrir un nouveau gouvernement, plusieurs fois annoncé et alors même qu'il avait, à l'occasion de son discours de nouvel an, affirmé sa volonté d'agir rapidement pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens camerounais. Cette situation nourrit de nombreux commentaires sur la situation politique camerounaise. Pendant ce temps, les députés, eux, ont adopté le 19 mars, une seconde prolongation de leur mandat jusqu'au 20 décembre 2026, avec pour fait marquant également, l'éviction de Cavaye Yeguie Djibril, qui présidait l'Assemblée nationale depuis plus de trois décennies (54 ans à l'Assemblée, dont 34 ans en tant que président de l'institution, selon Camerounlink.com).

Cinq mois après la réélection extrêmement controversée de Paul Biya pour un huitième mandat, le pays s'enlise dans une paralysie institutionnelle sans précédent, rapportent plusieurs médias, qui affirment également que le président camerounais, âgé de 93 ans, dirige un système politique devenu un véritable « casse-tête » gérontocratique, où « certains ministères sont officiellement dirigés par des hommes politiques morts depuis des années ».

« Si l'exécutif sortant, en place depuis 2019, assure la continuité administrative, les milieux économiques scrutent les signaux d'une prochaine recomposition gouvernementale. En poste depuis janvier 2019, la légitimité de l'équipe gouvernementale en place à engager des réformes d'ampleur est politiquement fragilisée par son statut d'équipe sortante. Les grandes décisions d'orientation, de réallocation budgétaire, de lancement de nouvelles politiques sectorielles, de nominations à des postes stratégiques, tendent à être différées dans l'expectative d'un renouvellement de l'équipe gouvernementale et de ses priorités. (…). Pour les opérateurs économiques étrangers, la distinction entre continuité administrative et renouveau gouvernemental est bien connue. Un gouvernement dont le remplacement est annoncé mais non encore effectué n'est pas en mesure de prendre des engagements politiques de long terme au nom de l'État. Dans un environnement régional où plusieurs pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) cherchent à attirer les mêmes flux d'investissements directs étrangers, cette période d'entre-deux peut conduire certains acteurs à adopter une posture attentiste », présente vitrineducameroun.com

En attendant, on assiste à un changement au sommet du Parlement, c'est-à-dire à l'Assemblée nationale et au Sénat. En effet, le perchoir est désormais occupé par Théodore Datouo, 65 ans (86 ans pour son prédécesseur) tandis que Aboubakary Abdoulaye, 64 ans (le sorti est âgé de 92 ans) occupe désormais la tête du Sénat.

Ce qui fait dire à des analystes camerounais, que Paul Biya a trahi sa promesse de rajeunissement faite au peuple camerounais.

Le gouvernement, dont la composition se fait donc désirer par les Camerounais, rompra-t-il avec l'image d'un Cameroun politiquement "pris en otage" par la gerontocratie ?

O.L. Lefaso.net

Diplomatie : L'UICN réaffirme son engagement à accompagner les actions de développement impulsées par les autorités burkinabè

Mon, 23/03/2026 - 22:30

Le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie Traoré et le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères Stella Eldine Kabré ont reçu en audience, jeudi, 19 mars 2026, le directeur régional du Programme Afrique centrale et occidentale de l'Union internationale pour la Conservation de la nature (UICN), Pr Aimé Joseph Nianogo. Au cours de cette visite, qu'il a qualifiée de visite de courtoisie, l'hôte a réaffirmé l'engagement de l'Organisation à accompagner les actions de développement impulsées par les autorités nationales.

Le directeur régional du Programme Afrique centrale et occidentale de l'Union internationale pour la Conservation de la nature (UICN), Pr Aimé Joseph Nianogo, dit avoir pris connaissance des nouvelles orientations du gouvernement, ce qui permettra d'aligner les interventions de l'Organisation sur le plan national de développement, en matière de protection de l'environnement, de préservation de la biodiversité et de résilience face aux changements climatiques, avec pour priorité, le bien-être des communautés bénéficiaires.

« Notre rôle, c'est de nous rapprocher des communautés. Il est nécessaire de nous enquérir des priorités avec les structures gouvernementales et les services techniques, pour pouvoir adapter nos actions. Si celles-ci correspondent aux orientations gouvernementales, nous aurons de l'appui pour leur mise en œuvre », a-t-il expliqué.

Le ministre des Affaires étrangères a dit son appréciation du travail mené par l'UICN dans le domaine de l'environnement, tout en saluant la proximité de l'organisation avec les acteurs gouvernementaux et les communautés.

Selon le ministre, il y a un grand potentiel dans le secteur de l'environnement qui mérite d'être davantage valorisé à travers tous les maillons de la chaîne. C'est pourquoi, il exhorte l'UICN à œuvrer dans ce sens, tout en mettant l'accent sur les capacités endogènes.

Le chef de la diplomatie burkinabè a donc marqué la disponibilité des acteurs de son département, à avoir une collaboration plus renforcée avec les structures gouvernementales et les organisations, telle que l'UICN, dans le sens de relever les défis dans le domaine de l'environnement.

Présent au Burkina depuis une trentaine d'années, l'IUCN intervient aux côtés du gouvernement pour la protection de l'environnement, la conservation de la biodiversité et la promotion du développement durable et équitable. Elle soutient les activités socio-économiques des paysans, telles que le financement du maraîchage et l'organisation de foires pour l'écoulement des spéculations des bénéficiaires, dont 80% sont constitués de femmes.

Lefaso.net

Source : DCRP/MAE

Categories: Africa, Afrique

Accès à l'eau potable et assainissement : Des avancées majeures qui annoncent un futur prometteur dans la région du Liptako

Mon, 23/03/2026 - 22:26

En cette Journée mondiale de l'Eau, le projet ESEPV Sahel met en évidence le rôle que peut jouer un accès durable à l'eau potable dans l'amélioration des conditions de vie, de la dignité et des perspectives économiques des communautés. Les avancées récentes dans le Liptako illustrent comment l'eau, au-delà d'être une nécessité vitale, peut renforcer la résilience et la paix dans une région confrontée à de multiples vulnérabilités.

À l'occasion de la Journée mondiale de l'Eau, le projet Épanouissement socio-économique des populations vulnérables au Sahel (ESEPV Sahel) réaffirme son engagement : garantir un accès équitable, sécurisé et durable à l'eau potable, condition essentielle au bien être, à la paix sociale et au développement économique des communautés du Liptako. Les progrès enregistrés ces derniers mois témoignent de la capacité du projet à contribuer à transformer concrètement le quotidien des populations et à bâtir les bases d'un avenir plus résilient.

Un Schéma Directeur d'Approvisionnement en Eau Potable (SDAEP) prometteur

L'évaluation des ressources en eau souterraine dans les communes de Dori, Falagountou et Gorom-Gorom est en cours avec l'élaboration du Schéma Directeur d'AEP. Une étape importante a déjà été franchie, à savoir la détermination des zones favorables sur le plan hydrogéologique dans les trois communes. Cela représente un des points forts du futur schéma, car il va orienter les futures campagnes de prospection pour le renforcement de la capacité de production d'eau. L'existence de nappes aquifères dans les zones favorables sur le plan hydrogéologique doit encore être confirmée par la réalisation de forages d'eau. Les plus performants de ces forages (débit supérieur à 5 m3/h), serviront à construire des réseaux d'AEP dans les communes de Falagountou et de Gorom-Gorom.

Falagountou : 18 forages réalisés, dont 10 exploitables pour la construction d'un système AEP

Les opérations de forage menées à Falagountou comptent parmi les avancées les plus significatives. Au total, 18 forages ont été réalisés, dont certains affichent des débits remarquables atteignant 60 m³/heure — une performance rare dans la région. Ces résultats offrent une base solide pour la mise en œuvre d'un système d'Approvisionnement d'Eau Potable (AEP) performant, capable de répondre aux besoins croissants des ménages, des services sociaux et des activités économiques locales. Ils marquent un pas essentiel vers la sécurisation de la ressource, enjeu central de la Journée mondiale de l'Eau.

Gorom-Gorom : des ateliers de forage mobilisés pour renforcer le système AEP

À Gorom Gorom, la dynamique est tout aussi encourageante : les équipes techniques ont déployé des ateliers de foration destinés à développer de nouveaux points d'eau et à renforcer la capacité de desserte du système AEP existant. Ces interventions ciblées visent à garantir une alimentation en eau plus régulière et plus sûre pour les ménages, les établissements scolaires, les centres de santé et les infrastructures communautaires. L'action coordonnée sur le terrain illustre la volonté du projet d'intervenir là où les besoins sont les plus urgents.

Bientôt de nouvelles infrastructures d'hygiène dans nos espaces publics à Dori, Falagountou et Gorom-Gorom.

L'amélioration des conditions sanitaires des populations n'est pas en reste pour le projet, notamment via la construction d'infrastructures de base de qualité. Ainsi, il est prévu la réalisation de blocs de latrines dans les espaces publics, écoles et centres de santé à Dori, Falagountou et Gorom-Gorom. Pour sa première intervention dans ce sens, le projet compte réaliser 15 blocs de latrines et 03 blocs mixtes de douches dans ses communes cibles.

L'eau comme vecteur d'espoir, de stabilité et de développement

Dans une région marquée par les effets du changement climatique, les tensions liées aux ressources et les fragilités socio économiques, chaque forage réalisé, chaque latrine construite, chaque atelier mobilisé est un acte de résilience. Les réalisations du projet ESEPV Sahel démontrent que l'accès à l'eau ne se limite pas à la survie : il contribue à l'apaisement social, favorise l'autonomisation des femmes et soutient les activités économiques. Elles s'inscrivent pleinement dans l'esprit de la Journée mondiale de l'Eau, qui invite les nations et les communautés à transformer l'eau en moteur de paix et de prospérité.

À propos d'ESEPV Sahel

Le projet d'Autonomisation socio économique des populations vulnérables au Sahel (ESEPV Sahel) est un projet de 6 ans financé par Affaires mondiales Canada et mis en œuvre par Cowater International. Il vise à réduire les obstacles liés au genre à la participation socio-économique des femmes et des groupes marginalisés en facilitant l'accès aux services sociaux de base, aux opportunités économiques et à une gouvernance inclusive et participative dans les communes de Dori, Falagountou et Gorom Gorom, dans la région du Liptako au Burkina Faso. Les activités liées à l'accès aux services sociaux de base se focalisent notamment sur la réalisation d'infrastructures d'approvisionnement en eau, d'hygiène et d'assainissement et la formation des populations et services techniques pour leur prise en charge.

Pour en savoir plus : https://esepv-sahel.org/

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Burkina/Transition énergétique : Un projet d'hybridation énergétique de la chaîne des stations Access Oil lancé

Mon, 23/03/2026 - 22:22

Le projet d'hybridation énergétique de 60 stations Access Oil et de deux bâtiments appartenant à la même société a été lancé ce samedi 21 mars 2026, à Ouagadougou. La cérémonie a eu lieu au sein de la station Access Oil Siao, première station du groupe ouverte en 2008. Ce projet vise à assurer aux stations et aux bâtiments administratifs une autonomie énergétique, permettant ainsi la continuité des services. Le projet est porté par le tandem Solaris Energy et Solar X.

Dans environ six mois, la chaîne des stations-service Access Oil présentes sur l'ensemble du territoire national ainsi que deux bâtiments administratifs appartenant au groupe, disposeront d'énergie solaire en quantité suffisante pour assurer leur fonctionnement 24h/24. C'est ce à quoi devrait aboutir le projet d'hybridation énergétique lancé ce jour. À en croire l'administrateur général de Solaris Energy, Squall Hamidou Ouédraogo, il va s'agir de joindre à l'énergie classique fournie par la nationale de l'électricité, de l'énergie solaire à travers l'installation de panneaux solaires et d'onduleurs, énergie qui sera stockée dans des batteries.

Ainsi, chaque station sera équipée de 10 kWc de panneaux solaires, d'un onduleur triphasé de 10 kVA et d'un système de stockage de 30 kWh. Ce qui représente une capacité totale de 600 kWc, 600 kVA et 1 800 kWh de stockage. Quant aux bâtiments administratifs, le premier recevra 150 kWc, un onduleur de 100 kW et 325 kWh de stockage et le deuxième 50 kWc, un onduleur de 50 kW et 215 kWh de stockage.

Squall Hamidou Ouédraogo, administrateur général de Solaris Energy, a indiqué que l'installation des équipements va permettre aux stations de fonctionner 24h/24 avec l'énergie solaire.

Les équipements de qualité et de dernière génération qui seront installés, vont donc permettre de produire environ 1 280 000 de kWh d'énergie par an. Cette énergie produite permettra à la chaîne de stations Access Oil et aux bâtiments de fonctionner sans interruption à l'énergie solaire. Et l'utilisation de l'énergie verte va permettre d'éviter chaque année la production de 728 tonnes de Co2, préservant ainsi l'environnement.

Squall Hamidou Ouédraogo a fait savoir qu'un suivi en temps réel de la production, de la consommation et de l'état des batteries sera fait, afin d'optimiser les performances des installations, de détecter les anomalies et de planifier la maintenance préventive. Il a ajouté que la maintenance régulière des équipements, la formation des opérateurs et la mise en place de contrats de service garantiront la durabilité, la sécurité et la fiabilité des systèmes.

Pour le représentant du président-directeur général de la chaîne de stations Access Oil, Sylvestre Ouédraogo, ce projet est accueilli avec grand enthousiasme, car il va constituer une alternative aux problèmes énergétiques rencontrés et qui impactent la bonne marche de leurs activités. « Ce projet va nous permettre d'être opérationnels à 100% afin de pouvoir répondre aux besoins de la clientèle. Nous invitons la société porteuse du projet à mettre à notre disposition des équipements de qualité et dans des meilleurs délais », a-t-il laissé entendre.

Sylvestre Ouédraogo, représentant du P-DG des stations Access Oil, a fait savoir que ces installations vont leur permettre d'assurer la continuité des services.

Il faut noter que ce projet d'hybridation est le fruit de la collaboration entre Solaris Energy et Solar X. Solar X finance le projet à hauteur de 993 millions FCFA sous la forme d'un leasing sur une période de 10 ans. Solar X est une entreprise spécialisée dans le financement des solutions en rapport avec les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la digitalisation de l'énergie. À en croire la responsable commerciale de Solar X, Rahinatou Kindo, l'entreprise, présente dans quatre pays, accompagne les commerces et industries dans l'acquisition de systèmes énergétiques performants, qu'elle préfinance entièrement en leur permettant un remboursement sous forme de leasing.

Rahinatou Kindo, responsable commerciale de Solar X.

La cérémonie de lancement des travaux d'hybridation a été placée sous le parrainage de Dr Alidou Koutou. Il a indiqué que des solutions endogènes telles que l'énergie solaire, constituent une opportunité à saisir pour accompagner le mix énergétique et renforcer la résilience des économies. Dr Koutou s'est réjoui du lancement des travaux de solarisation des stations Access oil, qui témoignent de la capacité des différents acteurs à innover et à proposer des solutions concrètes face aux défis énergétiques actuels.

Dr Alidou Koutou, parrain de la cérémonie.

« Au-delà de leurs dimensions technologiques, ces infrastructures constituent un symbole fort de notre engagement collectif en faveur d'un modèle énergétique plus durable, plus inclusif, plus respectueux de l'environnement. Elles démontrent également que la transition énergétique n'est pas seulement une vision pour l'avenir, mais bien une réalité qui se construit aujourd'hui à travers des projets concrets et structurants », a-t-il soutenu.

Au cours de la cérémonie, les équipements qui seront installés ainsi que leurs performances ont été présentés.

Armelle Ouédraogo
www.lefaso.net

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In memoria : Eric Lionel CONGO

Mon, 23/03/2026 - 20:30

Voici déjà un an qu'il a plu au Seigneur de rappeler à lui son bien aimé Eric Lionel CONGO.
En ce douloureux anniversaire, les grandes familles CONGO, les familles alliées et amies KABORE, OUEDRAOGO, BALMA, SAWADOGO, NJAFA, BOUGMA, TAPSOBA, KAFANDO, TIEMTORE, ILBOUDO, TRABOULGA, COMPAORE et BAGOANA, à Guéré, Ouagadougou, Nioko1, Rayongo, Ziniaré

Monsieur Pierre Martin CONGO et son épouse Marie Bernadette à Sanyiiri, leurs enfants et petits-enfants,
La Veuve CONGO née OUEDRAOGO Khadidia et ses enfants Giulia, Lorenza et Lucia à Ziniaré,
Vous réitèrent leur profonde gratitude et leurs sincères remerciements pour les nombreuses marques de compassion, de solidarité, de réconfort et de soutiens multiformes manifestés lors de la maladie, du décès le 25 mars 2O25 suivi des obsèques le 27 mars 2025 et de la messe funéraire le 8 novembre 2025 de leur fils, frère, époux, père, oncle, neveu, cousin, gendre et ami Eric Lionel CONGO.

Vos multiples sacrifices, vos élans de solidarité et de fraternité, vos prières et vos offrandes leur ont été d'un grand réconfort et elles prient le Dieu Tout Puissant de vous bénir abondamment et de vous rendre vos bienfaits au centuple.

Dieu a donné, Dieu a repris, que le nom de Dieu soit béni, Job 1, 21.
Elles vous prient de vous unir à elles dans la prière pour le repos de son âme à travers les messes qui seront dites le mercredi 25 mars 2026 dans les paroisses et coordinations ci-après :

Paroisse Saint Camille de Dagnoen : 5 h 30 mn ;
Paroisse Saint Paul de Guiloungou : 5 h 45 mn ;
Paroisse Notre Dame de Fatima de Dassasgo : 5 h 45 mn ;
Paroisse Saint Pierre de Gounghin : 5 h 45 mn ;
Paroisse Notre Dame des Apôtres de la Patte d'Oie : 5 h 45 mn ;
Paroisse Sainte Josephine Bakita de Dagnongo : 5 h 45 mn ;

Paroisse Saint François d'Assise de Karpala : 5 h 45 mn ;
Paroisse Cathédrale Notre Dame de l'Assomption de Manga : 5 h 45 mn ;
Paroisse Sainte Faustine de Sabtoanna : 5 h 45 mn ;
Coordination Saint Gabriel de Sinyiri : 18 h 30 mn ;

Et à la Paroisse Saint André de Saaba le dimanche 29 mars 2026 à 9 h 00 mn ;
Que l'âme de notre bien aimé Eric Lionel repose en paix auprès du Père.

Union de prières.

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Avis a manifestation d'interet n 0 2026-0 004 (sobimap/dg/daa relatif a la mise en place du reseau des distributeurs agrées de la societe Burkinabe d'intrants et de materiels agro-pastoraux (sobimap).

Mon, 23/03/2026 - 11:37

1. Cet avis à manifestation d'intérêt fait suite à l'adoption du programme d'activités, exercice 2026 de la Société Burkinabè d 'Intrants et de Matériels Agro-Pastoraux (SOBIMAP).
2. Les services prévus au titre de cette manifestation d'intérêt sont la distribution des produits de la Société sur l'ensemble du territoire national.
3. La participation à la concurrence est ouverte à toutes les personnes physiques ou morales pour autant qu'elles ne soient pas sous le coup d'interdiction ou de suspension et en règle vis-à-vis de l'administration.

3.1. Conditions de participation
Tout candidat à la manifestation d'intérêt doit remplir les conditions suivantes :
Être détenteur d'un agrément de vente des produits concernés en cours de validité ;
Disposer d'un réseau de distribution fonctionnel ,
Disposer de magasins conformes aux normes de stockage des produits concernés ,
Être âgé de 18 ans au moins ;
Avoir une expérience avérée dans le domaine de la distribution d'intrants ;
Faire la preuve de l'existence de son réseau de distribution ;
S'engager à respecter les dispositions du cahier des charges des distributeurs agrées de la SOBIMAP •
Être de bonne moralité.

3.2. Composition du dossier de candidature
Les candidats sont invités à manifester leur intérêt pour la distribution des produits de la SOBIMAP à travers un dossier comportant les documents suivants .
Un formulaire de demande dument rempli et signé par le demandeur, à retirer au secrétariat de la SOBIMAP ;
Une copie certifiée conforme du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) ou tout autre document en tenant lieu ,
Une copie conforme de l'agrément de vente des produits concernés en cours de validité ;
Une copie légalisée de la carte nationale d'identité ou tout document équivalent pour les personnes physiques et les documents portant création de l'entité pour les personnes morales ;

Société d'Etat à caractère stratégique régie par la loi n 0025/99/AN du 16/11/99 ; créée par décret n02024-0358/PRESTRANS/PM/MDICAPME/MEFP/MARAH du 05/04/2024 avec un capital social de 100 000 OOOFCFA. NO IFU 00239158U, NOCNSS : 1377569 B, RCCM N OBF OUA-01-2024-B30-10318, 01 BP 1173 OUAGA CNTC, Tel : 25 48 79 79/77 81 75 04, E-mail : sobimapbf@gmail.com ; Ouagadougou, 3e étage de l'immeuble Armelle, quartier projet ZACA.

2
Un numéro d 'Identifiant Financier Unique (IFU) en cours de validité ,
Un casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;
Une attestation de situation fiscale en cours de validité •
Une caution de garantie délivrée par une institution financière ou de micro finance compétente ,
Une fiche d'évaluation des entrepôts de stockage délivrée par les services techniques du ministère en charge de l'agriculture ,
Un document justifiant de l'existence d'une adresse physique fixe et identifiable ;
Les documents d'identification et les contacts d'au moins deux (02) personnes à contacter en cas de besoin pour les personnes morales ,

Deux copies paraphées et signées du cahier des charges des distributeurs, à retirer au secrétariat de la SOBIMAP •
Le reçu de paiement des frais d'études de dossier.
NB : tes frais liés à l'évaluation des magasins par Zes services techniques du ministère en charge de l'agriculture sont à Za charge du demandeur.

4. Le présent avis à manifestation d'intérêt est soumis aux dispositions du décret n02024-1748/PRES/PM/MEF du 31 décembre 2024 portant procédure de passation, d'exécution et de règlement des marchés publics. Les candidats seront évalués sur la base des critères ci-dessus définis et dont les détails seront précisés dans les termes de référence.

5. Pour toutes les informations complémentaires, les candidats intéressés peuvent contacter la Direction du Réseau et des Ventes (DRV) de la Direction Générale de la Société Burkinabè d 'Intrants et de Matériels Agro-Pastoraux (SOBIMAP) sise à Koulouba dans la zone du Projet ZACA, aux adresses suivantes : 01 BP 1173 OUAGA CNTC ; TEL. : 25 48 79 79 / 77 81 75 04 /72 54 28 28 ; email sobimapbf@gmail.com et tous les jours ouvrables de 08h00 à 15h30mns.

6. Les manifestations d'intérêt doivent être déposées au secrétariat de la Direction Générale de la Société Burkinabè d 'Intrants et de Matériels Agro-Pastoraux (SOBIMAP), sise à Koulouba dans la zone du Projet ZACA au 3ème étage de l'immeuble Armelle au plus tard le mardi 31 mars 2026 à 15h30mns.
Les frais d'étude non remboursables des dossiers sont fixés à vingt-cinq mille (25 000) F CFA par candidat. L'Administration se réserve le droit de ne donner suite à tout ou partie de cette procédure.

Société d'Etat à caractère stratégique régie par la loi n 0025/99/AN du 16/11/99 ; créée par décret n'2024-0358/PRESTRANS/PM/MDICAPME/MEFP/MARAH du 05/04/2024 avec un capital social de 100 000 OOOFCFA. NO IFU 00239158U, N OCNSS : 1377569 B, RCCM N OBF OUA-01-2024-B30-10318, 01 BP 1173 OUAGA CNTC, Tel : 25 48 79 79/77 81 75 04, E-mail : sobimapbf@gmail.com ; Ouagadougou, 3e étage de l'immeuble Armelle, quartier projet ZACA.

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SONABEL : Avis de recrutement sous contrats à durée indéterminée

Wed, 18/03/2026 - 18:30

Le Directeur Général de la SONABEL communique :

Il est porté à la connaissance du public burkinabè que dans le cadre de ses activités, la SONABEL recrute des personnes qualifiées pour être embauchées sous des Contrats de Travail à Durée Indéterminée (CDI).

Le détail du recrutement peut être consulté sur le site web de la SONABEL, accessible à l'adresse : www.sonabel.bf

LE DIRECTEUR GENERAL,

Souleymane OUEDRAOGO
Chevalier de l'Ordre de l'Etalon

Categories: Afrique, France

SONABEL : avis de recrutement sous contrats à durée déterminée

Wed, 18/03/2026 - 18:30

Le Directeur Général de la SONABEL communique :

Il est porté à la connaissance du public burkinabè que dans le cadre de ses activités, la SONABEL recrute des personnes qualifiées justifiant d'une expérience professionnelle pour être directement employées sous des Contrats de Travail à Durée Déterminée (CDD).

Le détail des recrutements peut être consulté sur le site web de la SONABEL, accessible à l'adresse : www.sonabel.bf

LE DIRECTEUR GENERAL,

Souleymane OUEDRAOGO
Chevalier de l'Ordre de l'Etalon

Categories: Afrique, France

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