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La rente du calcul. L’intelligence artificielle émirienne entre diversification post-pétrole et réalignement stratégique

Wed, 14/10/2026 - 18:26
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Depuis trois ans, les Émirats arabes unis occupent le premier rang des récits consacrés à l’essor de l’intelligence artificielle (IA) hors des deux grandes puissances technologiques que sont les États-Unis et la Chine. L’ampleur des sommes engagées, la mise en scène des annonces et la présence répétée d’Abou Dabi aux côtés des géants américains ont installé une lecture désormais convenue, celle d’un pétro-État qui achète, à force d’investissements souverains, son autonomie et sa place dans la révolution algorithmique. Toutefois, cette lecture est incomplète, à deux titres.

Elle confond d’abord des documents d’ordre distinct, souvent invoqués indistinctement. L’Abu Dhabi Economic Vision 2030, adoptée par l’émirat dès 2008, est un plan de diversification économique antérieur au tournant de l’IA. « We the UAE 2031 », vision fédérale lancée en novembre 2022, fixe un cap national général articulé autour de la prospérité, de l’influence et de l’économie de la connaissance. La substance proprement algorithmique se loge, elle, dans la National Strategy for Artificial Intelligence 2031, annoncée en octobre 2017, qui vise à faire des Émirats l’un des leaders mondiaux du secteur et fait de la fédération le premier État au monde à nommer un ministre chargé de l’intelligence artificielle. Cet empilement révèle une continuité ; l’IA y est pensée comme le dernier avatar d’un projet de diversification engagé de longue date.

Deuxièmement, ce que la trajectoire émirienne donne à voir n’est pas une simple diversification, mais la conversion d’une rente pétrolière en une rente du calcul, et cette conversion, présentée comme une conquête de souveraineté, opère en réalité un réalignement stratégique sur l’écosystème américain. La souveraineté algorithmique d’Abou Dabi se paie d’une dépendance négociée et assumée à l’égard des puces, du cloud et des protocoles de sécurité des États-Unis. Le calcul devient, pour l’émirat, ce que le pétrole fut au vingtième siècle, une ressource stratégique dont la maîtrise définit son rang international. Dans quelle mesure la souveraineté que revendique Abou Dabi relève-t-elle d’une émancipation ou d’une dépendance reconfigurée ? Éprouver cette dernière hypothèse suppose d’examiner successivement la logique du pari émirien, l’appareil qui le met en œuvre, puis le prix et la portée géopolitique de ce basculement.

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La Chine a-t-elle plié le match ? Avec Sylvie Bermann

Wed, 14/10/2026 - 17:47

La rivalité entre les États-Unis et la Chine a franchi un cap historique lors de la visite d’État de Xi Jinping à Washington à la fin du mois de septembre. Pour la première fois, Washington a semblé se comporter d’égal à égal vis-à-vis de Pékin. Une reconnaissance symbolique qui intervient au moment où les errements de la politique étrangère de Donald Trump, en Iran et en Ukraine, interrogent sur la capacité des États-Unis à tenir tête à la Chine, notamment concernant Taïwan. La multiplication des ingérences de Washington sur l’Amérique latine, où la Chine a grandement développé son influence au cours des dernières années, représente cependant un défi de taille pour cette dernière. L’Europe, peine quant à elle à tirer son épingle du jeu, prise en tenaille entre les deux grandes puissances mondiales.

La Chine ressort-elle vainqueur de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping ? Comment Taïwan peut-il être impacté par les évolutions de la politique étrangère de Trump ? Pékin a-t-elle un pouvoir d’influence sur la guerre en Iran et en Ukraine ? Enfin, face à ces deux grandes puissances, qu’en est-il de la place de la France et de l’Europe ?

Autant d’enjeux abordés avec Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Chine (2011), au Royaume-Uni (2014) et en Russie (2017) et autrice de « Madame l’ambassadeur : de Pékin à Moscou, une vie de diplomate » (Éditions Tallandier, 2022).

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Trump et Poutine : l’Ukraine en partage

Wed, 14/10/2026 - 15:34

Je n’ai guère été surpris par les déclarations de Donald Trump ces derniers jours sur l’Ukraine. Pas davantage par le deal sur le diesel russe annoncé vendredi, ni par ses appels à remplacer Volodymyr Zelensky. « Je suggère qu’ils se trouvent un nouveau dirigeant capable de négocier », a-t-il lâché samedi. Ni même par sa proclamation dominicale d’un « cessez-le-feu énergétique » dont ni Moscou ni Kiev n’avaient été informés. Zelensky a répondu, sidéré : « Si Trump l’a négocié avec Poutine, qu’il nous dise quand ça commence. » La Russie continuait de frapper les infrastructures énergétiques ukrainiennes quelques heures après l’annonce.

Tout cela était prévisible. Pour plusieurs raisons.

La première : Trump n’a jamais pu sentir Zelensky. Nous avons tous en mémoire la rencontre désastreuse de février 2025 à la Maison-Blanche, ce face-à-face tendu qui avait tourné au pugilat diplomatique sous les caméras. Depuis, quelques inflexions, quelques compliments de façade, « vos soldats sont courageux », « vous avez une belle veste », mais les faveurs du président américain ont toujours été pour Vladimir Poutine.

La deuxième raison est circonstancielle. Donald Trump est à trois semaines des élections de mi-mandat. Sa base MAGA, celle qui l’avait élu en 2024 notamment parce qu’il avait promis de ne pas entraîner l’Amérique dans une nouvelle guerre à l’irakienne ou à l’afghane, ne lui a pas pardonné l’Iran. Les prix à la pompe explosent. En levant les sanctions sur le diesel russe, Trump joue les médecins après avoir lui-même contribué à rendre le patient malade. Bonus : il se trouve désormais un méchant commode. Ce n’est plus à cause de la guerre en Iran si les Américains souffrent à la caisse. C’est à cause de Zelensky, ce président ukrainien obtus qui s’obstine à harceler les raffineries russes au lieu d’accepter la paix que Washington lui tend sur un plateau.

La troisième raison est idéologique. Les connexions entre la Maison-Blanche et le Kremlin ne sont plus un secret pour personne. Elles sont assumées, presque revendiquées. Mais au-delà de ces rapprochements politiques, il existe une véritable communauté de vues. JD Vance, Susie Wiles et les idéologues de l’extrême droite américaine au pouvoir depuis janvier 2025 partagent avec Poutine une même détestation du système multilatéral libéral de l’après-1945, une même fascination pour la loi du plus fort et une même vision du monde où les grandes puissances se partagent des zones d’influence sans se soucier des petits États souverains coincés entre elles.

Et c’est là que se dessinerait la véritable stratégie. Car le Trump d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui de 2017, Ubu isolé et improvisateur. Il est désormais entouré d’hommes et de femmes qui savent parfaitement ce qu’ils veulent. Le calcul pourrait être le suivant : resserrer les liens avec Moscou, faire suffisamment de concessions au Kremlin pour qu’il accepte un accord, mais en s’assurant que l’Ukraine résiste encore un minimum, afin que les ambitions de Poutine ne reviennent pas à ce qu’elles étaient en 2022 : l’absorption totale du pays. Zelensky serait poussé vers la sortie. Un président ukrainien plus « accommodant » le remplacerait. Un deal serait signé. Et Donald Trump se présenterait en garant d’une Ukraine libre, du moins de ce qu’il en resterait, en échange d’un accès illimité aux matières premières ukrainiennes. En gros, le même coup qu’avec le Venezuela : une forme de néocolonisation habillée en victoire pour la paix.

Nous assisterions donc à un partage de l’Ukraine. Malgré ce qu’en disent les optimistes qui croient encore à une victoire militaire ukrainienne et se réfugient dans le déni, c’est malheureusement, à mes yeux, le scénario vers lequel nous nous dirigeons. Sept sénateurs américains, républicains et démocrates, ont demandé dimanche à Trump de « revenir immédiatement en arrière » sur le deal diesel. Des dirigeants européens ont réaffirmé leur soutien à Zelensky. Mais personne, à ce stade, ne semble avoir les moyens de faire plier Washington.

La guerre en Ukraine aura duré près de cinq ans. Elle se terminerait non pas par une victoire claire et nette de la Russie, mais par un partage. Comme en 1945, lorsque les grandes puissances redessinaient la carte de l’Europe, comme en 1956, lorsque les Hongrois découvraient que leur liberté pesait bien peu face aux équilibres entre Washington et Moscou. Comme chaque fois que les grandes puissances décident du sort des « petits » pays. L’Histoire est cruelle. Et elle bégaie.

Romuald Sciora, essayiste franco-américain, est directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. Dernières publications: « America 250, une histoire graphique des États-Unis, vol. 1, Né dans le sang » et « Lettre ouverte à Trump d’un Américain de papier » (éditions Point Nemo).

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Le monde au-delà des États, une géopolitique des acteurs non étatiques

Wed, 14/10/2026 - 12:49

Les États souverains dominent nos représentations du monde. Pourtant, une part croissante des fonctions traditionnellement attachées à la souveraineté se déploie hors du seul cadre étatique. Multinationales, plateformes numériques, diasporas, organisations non gouvernementales (ONG), organisations sportives, groupes armés ou entités en quête de reconnaissance investissent des domaines que l’État leur concède, qui échappent à sa maîtrise ou dont le contrôle lui est disputé. Ces formes de pouvoir ne sont pas nouvelles, mais l’échelle de leurs moyens, leur transnationalité et leurs capacités à exercer des formes d’autorité modifient les rapports de force internationaux.

À l’occasion de la parution de la Revue internationale et stratégique (RIS) N°143 sur le thème « Le monde au-delà des États, une géopolitique des acteurs non étatiques », Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du Programme Sport et géopolitique et de l’Observatoire géopolitique de l’espace post-soviétique, et Fatou Élise Ba, chercheuse à l’IRIS, responsable du Programme Sécurité humaine répondent à nos questions :

  • Pourquoi est-il devenu indispensable d’analyser les rapports de force entre acteurs non étatiques et puissances étatiques ?
  • Comment ces pouvoirs alternatifs parviennent-ils à la fois à avoir une capacité d’influence ou de contraindre un État, tout en restant dépendant structurellement de celui-ci ?
  • Où se situe la frontière juridique et politique entre un État de facto et un État de jure ?

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J’ai lu… « Le triangle du pouvoir » de Alexander Stubb

Tue, 13/10/2026 - 17:16

À l’occasion de la parution de « Le Triangle du pouvoir » (éditions Tallandier), Pascal Boniface revient sur la vision géopolitique du président finlandais Alexander Stubb, qui distingue trois grands pôles de puissance : l’Occident, la Chine et le Sud global.

Il analyse en particulier les erreurs stratégiques des États-Unis, de la « guerre contre le terrorisme » aux échecs en Irak et en Afghanistan, ainsi que les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine. Selon lui, face à un Sud global qui conteste les incohérences occidentales, notamment à propos des sanctions contre la Russie et de la question israélienne, l’Occident doit repenser son approche s’il veut préserver son influence.

Pour Stubb, défendre un ordre international fondé sur des règles suppose de les appliquer avec cohérence, d’écouter le reste du monde et de montrer l’exemple plutôt que d’imposer ses valeurs.
C’est donc une réflexion lucide, portée par un dirigeant occidental conscient des limites de la puissance de son propre camp et du rôle déterminant que le Sud global sera appelé à jouer dans la définition du nouvel ordre mondial.

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Midterms : Trump est-il en train de paniquer ? | Les mardis de l’IRIS

Tue, 13/10/2026 - 12:53

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’‪‪IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Marie-Cécile Naves, directrice de recherche à l’IRIS, autour des élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis. Alors que Donald Trump et les républicains sont en baisse dans les sondages notamment à la suite de la guerre en Iran et ses conséquences sur le coût de la vie, les élections à la Chambre des représentants et au Sénat pourraient rebattre les cartes au Congrès.

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The EU and the Internal Defence Market: What Are the National Perspectives?

Tue, 13/10/2026 - 10:35
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Since the European Commission announced its intention to revive the project of an internal market for defence, Member States have been on alert. The issue is particularly sensitive. Using the EU budget to strengthen the European Defence Technological and Industrial Base (EDTIB) is one thing, regulating defence markets — and public procurement in particular — is quite another. Some countries are supportive, others remain sceptical, while others are still weighing up what position to take.

The idea of an internal market for defence does, after all, raise major issues. This is no longer simply a matter of supporting industry: it touches on the very exercise of national sovereignty, as governments decide which weapons and military equipment their security will ultimately depend on.

These questions have therefore been the subject of intense debate within the EU institutions for several months. In Brussels, even the terminology remains contested: a Defence Single Market? An Internal Market for Defence? A Defence Equipment Market?

But what is the view from European capitals? How are these issues perceived at national level? And what positions do the main Member States intend to defend in Brussels? To answer these questions, the ARES Group asked nine of its researchers, based in nine EU capitals, to examine the debate from their respective national perspectives. The picture that emerges is a nuanced one. National positions certainly diverge, but they are far from set in stone, and several areas of convergence are beginning to emerge. More importantly, some of these disagreements appear to stem from misunderstandings that could be clarified, potentially opening the way to compromise.

REMINDER: THE CHALLENGE FACING THE INTERNAL DEFENCE MARKET Analysing national perspectives DENMARK FRANCE GERMANY ITALY LITHUANIA POLAND SPAIN SWEDEN THE NETHERLANDS Conclusion CONCLUSION: DIVERGENCES ET CONVERGENCES

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Trump : panique à Washington

Mon, 12/10/2026 - 17:28

Donald Trump a annoncé vendredi avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine concernant l’importation de pétrole russe. Une décision qui met fin à des années de sanctions occidentales contre la Russie après son invasion de l’Ukraine.

À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, la flambée des prix de l’essence, aggravée par la guerre en Iran, met à mal l’une de ses principales promesses de campagne. En cherchant à soulager son électorat à court terme, Trump est prêt à financer la machine de guerre russe et à sacrifier la sécurité ukrainienne et européenne. Après les sanctions contre la CPI et les attaques contre le droit international, ce nouvel accord menace désormais directement la souveraineté de ses alliés.

Ne serait-il pas temps que les Européens réagissent ? Mon analyse dans cette vidéo.

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Université et défense nationale dans le Japon d’après-guerre : de nouvelles « liaisons dangereuses » ?

Mon, 12/10/2026 - 15:29
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Les liens entre l’establishment militaire, la défense nationale et l’Université au Japon sont à la fois emblématiques et contrastés. La modernisation de l’archipel depuis 1868 a été soutenue par la création d’un appareil militaire puissant et performant ayant trois objectifs : la protection de l’indépendance nationale contre la menace occidentale sur les marches de l’empire ; la constitution d’un glacis colonial à Taiwan et sur le continent ; la construction en Asie orientale d’un « espace vital » dit de « coprospérité » par substitution au colonisateur occidental. Pour cela, il lui a fallu utiliser des ressources de plus en plus nombreuses, en hommes, en matériels grâce à la montée en puissance des arsenaux militaires et de l’industrie lourde, en moyens financiers et en connaissances, grâce à un système de formation des élites universitaires au service de l’État.

On considère que les rapports entre l’Université et les militaires se resserrent au sortir de la Première Guerre mondiale lorsque se créent, de façon informelle et éphémère, les premiers cercles d’études militaires à l’intérieur de quelques établissements d’enseignement supérieur, dont Waseda.

Au début des années 1930, les manœuvres d’intimidation des forces armées minent le gouvernement des partis. L’isolement du Japon sur la scène internationale après son départ de la Société des Nations (SDN) en mars 1933, l’enlisement en Chine, la perspective d’un
élargissement du conflit aux puissances occidentales ‒ sans exclure l’URSS ‒ pousse les autorités sur la voie d’une économie de guerre planifiée et autarcique, à une accélération de l’intégration idéologique des sujets, en bref à une galvanisation des énergies nationales autour de la satisfaction des buts de guerre. L’enseignement supérieur y apporte son concours par le développement important des filières technologiques, soit au sein des établissements existants soit en en créant de nouveaux, et dont les étudiants bénéficient de reports d’incorporation.

La défaite de 1945 a opéré dans le monde universitaire une rupture singulière par rapport à l’institution militaire. Cependant, cette rupture ne signifie pas que les intellectuels japonais ‒ juristes et politistes notamment ‒ ne se sont pas intéressés aux changements de la politique de défense de l’archipel. Bien au contraire, et le plus souvent dans un sens critique. Mais on a longtemps observé dans les milieux académiques trois angles morts : faiblesse de la recherche stratégique ; désintérêt pour l’étude de la condition des Forces d’autodéfense (FAD) et surtout mise à distance par rapport à l’industrie de défense. Ces angles morts s’expliquent par la prégnance du pacifisme constitutionnel et l’occultation du militaire dans l’espace public.

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Les crises humanitaire du 21e siècle : La situation au Liban

Mon, 12/10/2026 - 11:52

Au cours du 21e siècle, le Liban est resté l’un des principaux pays d’accueil des réfugiés de la région : Palestiniens depuis 1948, Irakiens après 2003, puis Syriens à partir de 2011. Cette pression s’est conjuguée à une succession de chocs : guerre de 2006, effondrement économique de 2019, explosion du port de Beyrouth en 2020 et escalades répétées avec Israël. Le pays semble ainsi pris dans une crise qui ne cesse de resurgir. Depuis trente ans, Première Urgence internationale (PUI) apporte une assistance indispensable aux populations les plus vulnérables et les plus touchées par le conflit au Moyen-Orient. Aujourd’hui, la multiplication des crises dans un même environnement sous haute tension invite à s’interroger sur les conditions des travailleurs humanitaires.

Comment décririez-vous la situation humanitaire actuelle au Liban ? Peut-on parler d’une crise systémique, et quelles impasses de la réponse humanitaire cette récurrence révèle-t-elle ? Comment les équipes humanitaires travaillent-elles sur le terrain alors que la situation ne cesse de se dégrader ? Comment préservez-vous la capacité d’action de vos équipes locales, souvent elles-mêmes touchées par la crise ? L’action humanitaire au Liban est-elle affectée par la contraction des financements du secteur ? La « priorisation des crises » adoptée par l’ONU vous paraît-elle une adaptation nécessaire ou une tendance dangereuse, risquant de reléguer des crises comme celle du Liban au rang de crises oubliées ?

Le point avec Olivier Routeau, directeur des opérations de PUI et responsable pédagogique de la formation Humanitaire et Développement d’IRIS Sup’.

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Mensonges des médias, colère des citoyens. Avec Denis Robert

Wed, 07/10/2026 - 17:57

Ces dernières années, nous assistons à une uniformisation progressive du paysage médiatique mainstream. La concentration des médias entre les mains de milliardaires politisés à droite ou à l’extrême droite et la pression de plus en plus forte sur le service public entrainent la disparition des voix critiques, de plus en plus exclues des plateaux de télévision, des radios et même de la presse écrite. Face à ce phénomène, des médias indépendants émergent sur Internet, portant un discours plus contestataire, en phase avec les aspirations d’un nombre croissant de citoyens. Blast, fondé en 2020 par Denis Robert, fait partie de ces nouveaux canaux d’information qui cherchent à « peser dans la bataille de l’information » et à être « accessibles au plus grand nombre pour aiguiser l’esprit critique et donner envie de résister et d’agir » face à la standardisation des discours.

Comment lutter contre l’uniformisation des discours portés par les médias dominants ? La profession de journaliste est-elle en danger face à la multiplication des entorses à la déontologie ? Est-il possible de fournir une information rendant compte de la « réalité » ? Comment expliquer l’omniprésence du soutien à Israël au sein des médias français ?

Autant d’enjeux abordés avec Denis Robert, journaliste et fondateur du média Blast.

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Comprendre la question kurde

Wed, 07/10/2026 - 17:44

Présentes sur les territoires de quatre États, les populations kurdes partagent une histoire millénaire. Néanmoins, leur division physique en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran, à la suite du traité de Lausanne de 1923 a formé des modes de socialisation politique différents marqués par des contradictions internes et des aspirations contrastées.

À l’occasion de la sortie de son ouvrage « Comprendre la question kurde » (Éditions Armand Colin, 2026), Didier Billon, conseiller scientifique et responsable du Programme Moyen-Orient/Afrique du Nord de l’IRIS répond à nos questions

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Élections de mi-mandat aux États-Unis : quel scénario selon les résultats ?

Wed, 07/10/2026 - 15:19

Le 3 novembre, les électeurs américains se rendront aux urnes pour les élections de « mi-mandat » (midterms). Sont en jeu les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat, ainsi que de nombreux mandats locaux. La très courte majorité républicaine à la Chambre et la majorité, un peu plus confortable, au Sénat sont toutes deux menacées. À en juger par les indicateurs disponibles, les démocrates semblent bien partis pour réaliser une bonne performance.

Il n’est pas inhabituel que le parti du président sortant essuie un revers lors de ces élections, mais les sondages sont particulièrement défavorables aux républicains pour cette échéance de 2026. Le président lui-même affiche des niveaux de popularité historiquement faibles — les sondages récents situent son taux d’approbation autour de 38 % — et les perspectives de la plupart des candidats républicains au Congrès sont étroitement liées au sort politique de Trump. La campagne militaire de l’administration en Iran, impopulaire, ainsi que les questions liées au coût de la vie ont rendu les électeurs américains particulièrement mécontents ces derniers mois. Dans les sondages « génériques », les démocrates devancent les républicains de 8 points ou davantage, soit bien au-delà de la marge d’erreur. Plus révélateur encore, les républicains consacrent de plus en plus de ressources à défendre des sièges dans des territoires que Trump avait remportés largement en 2024. Dans des États comme le Texas, l’Iowa, l’Ohio et l’Alaska, où les républicains ont largement dominé ces dernières années, le parti du président est désormais sur la défensive. Les démocrates ont eux aussi leurs difficultés, et l’image du parti est loin d’être excellente auprès de nombreux électeurs, mais ils devraient néanmoins réaliser une bonne performance.

Les chances des démocrates de reprendre la Chambre des représentants sont très bonnes. Il leur suffit de gagner trois sièges nets pour obtenir la majorité, et ils semblent bien placés pour y parvenir. Le Sénat est plus compliqué. Initialement, la carte électorale de cette année n’était pas particulièrement favorable à la minorité démocrate, mais, ces derniers mois, la dynamique semble s’être retournée contre plusieurs candidats républicains vulnérables. Certains pronostics donnent désormais un léger avantage aux démocrates, qui pourraient, tout juste, parvenir à remporter les quatre sièges nécessaires pour faire basculer le Sénat. Ce sera extrêmement serré.

Si les démocrates parviennent à s’imposer dans les deux chambres, le changement sera probablement plus progressif que radical. Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, serait bien placé pour devenir président de la Chambre (Speaker). Jeffries est politiquement situé au centre-gauche et est étroitement lié à l’establishment démocrate. Au Sénat, le chef de la minorité, Chuck Schumer, qui a déjà occupé le poste de chef de la majorité, convoite clairement cette fonction. Il rencontrera probablement une certaine opposition, mais il est le favori présumé. Schumer est lui aussi un pragmatique et un institutionnaliste. Ces deux dirigeants sont assez éloignés de certains des progressistes les plus en vue du parti, comme Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez.

Pour Donald Trump, en revanche, le retour de l’une ou des deux chambres du Congrès sous contrôle démocrate constituera presque certainement un casus belli. Avec une majorité démocrate au Congrès, les deux dernières années de la présidence Trump seront sans doute exceptionnellement houleuses et conflictuelles.

Voici trois pronostics pour la période qui suivra les midterms :

En cas de victoire démocrate, Donald Trump contribuera davantage encore à saper la confiance dans le système démocratique américain. Le président est certainement conscient des perspectives médiocres des républicains et semble avoir eu du mal à trouver un message susceptible d’améliorer leurs chances tout en prenant ses distances avec une éventuelle défaite électorale. Au lendemain d’une mauvaise élection pour les républicains, il est toutefois très probable que Trump et son administration mettent en cause la fiabilité du système électoral lui-même. Trump a attaqué à plusieurs reprises le vote par correspondance, affirmé que des non-citoyens, supposément favorables aux démocrates, votaient en grand nombre, et accusé de fraude toute une série de responsables électoraux locaux dans des circonscriptions favorables aux démocrates. Il a même été question de déployer des agents fédéraux, notamment du FBI et de l’ICE, dans les bureaux de vote à travers le pays. Si son parti perd, il faut s’attendre à des accusations virulentes de « vol » de l’élection de la part de Trump, avec les effets corrosifs que l’on peut imaginer sur la culture démocratique américaine lorsqu’un président des États-Unis formule de telles accusations. Les recours judiciaires infondés que les républicains pourraient engager contre les résultats électoraux n’auraient guère plus de chances d’aboutir que ceux de 2020, lorsque Trump avait déjà cherché à « stop the steal » après avoir perdu l’élection présidentielle. Mais le mal, lui, serait déjà fait.

La paralysie gouvernementale sera inévitable. En cas de victoire démocrate, les chances de parvenir à un accord bipartisan sur les éléments fondamentaux de la gouvernance au cours des deux années qui resteront à Trump à la Maison-Blanche seraient pratiquement nulles. On peut notamment s’attendre à des affrontements persistants et perturbateurs autour du processus budgétaire. Des shutdowns de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, sont très probables. Contrairement à ses prédécesseurs, Trump semble avoir une grande tolérance pour le fait de mettre à l’arrêt une grande partie du gouvernement plutôt que de parvenir à un compromis négocié avec le Congrès, et il a déjà utilisé la menace d’un shutdown comme arme dans ses affrontements avec le Congrès. On peut espérer qu’il n’ira pas jusqu’à provoquer un défaut de paiement de la dette américaine, mais le président a démontré qu’il était à l’aise avec le recours au bras de fer autour du relèvement du plafond de la dette, avec des risques potentiellement considérables pour l’économie internationale si un différend avec le Congrès sur cette question restait sans solution. En cas de shutdown, Trump pourrait également recourir à des moyens juridiques contestables pour poursuivre certaines opérations gouvernementales qu’il juge prioritaires — la guerre en Iran ou les opérations de l’ICE contre les immigrés, par exemple.

Le Congrès contre-attaquera. Les chances de voir Donald Trump faire une nouvelle fois l’objet d’une procédure de destitution sont élevées. Le Congrès pourrait invoquer plusieurs motifs, mais l’une des voies d’attaque qui présenterait certains avantages politiques pour les démocrates pourrait concerner les opérations militaires controversées menées par Trump en Iran. En vertu du War Powers Act, le président est légalement tenu d’informer le Congrès dans les 48 heures suivant le lancement d’opérations militaires et de solliciter une autorisation du Congrès dans un délai de 60 jours. Trump n’a fait ni l’un ni l’autre. La Chambre disposerait très certainement des voix nécessaires à une mise en accusation — l’équivalent, aux États-Unis, d’un acte d’accusation contre le président — et, si les démocrates contrôlent également la chambre haute, un procès se tiendrait au Sénat. Compte tenu de la majorité des deux tiers nécessaire pour condamner le président, une destitution effective paraît très improbable. À la Maison-Blanche comme au Congrès, cependant, une grande partie du travail quotidien risque de s’arrêter tandis que les deux branches du gouvernement se livreront une véritable guerre institutionnelle. Parallèlement, le Congrès mènera des auditions hostiles et pourrait même engager des procédures de destitution contre d’autres responsables de l’administration.

En cas de victoire démocrate aux midterms, la fin de la présidence Trump risque donc d’être particulièrement difficile.

Retrouvez régulièrement les éditos de Jeff Hawkins, ancien diplomate américain, chercheur associé à l’IRIS, pour ses Carnets d’un vétéran du State Department.

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« Être correspondant en Russie, c’est travailler en terrain hostile »

Tue, 06/10/2026 - 19:12
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Arrivé à Moscou en septembre 2021, quelques mois seulement avant le déclenchement de l’offensive russe contre l’Ukraine, Sylvain Tronchet a vu ses conditions de travail profondément évoluer au fil de la guerre. Restrictions de déplacement, difficultés d’accès aux sources, surveillance, accréditations refusées : exercer le métier de correspondant étranger en Russie est devenu de plus en plus complexe. Dans un pays où les derniers journalistes indépendants ont progressivement cessé leur activité ou quitté le territoire, comment continuer à informer ? Comment confronter le discours du pouvoir aux faits sans mettre en danger ses interlocuteurs ? Et comment raconter une société russe bouleversée par plusieurs années de guerre ?

De retour en France après cinq années passées en Russie, Sylvain Tronchet revient sur son expérience dans cet entretien exclusif accordé à l’Observatoire de l’information et des stratégies d’influence. 

Entretien réalisé en juillet 2026.  

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Brésil : adieu Lula ? | Les mardis de l’IRIS

Tue, 06/10/2026 - 14:14

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’‪‪IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, autour des résultats du premier tour de l’élection présidentielle au Brésil qui placent Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, en tête avec 47,03 % des voix devant le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva qui obtient 45,16 % des suffrages. Les deux candidats se retrouveront au second tour, le 25 octobre. Le Brésil va-t-il à son tour s’inscrire dans le virage conservateur observé dans plusieurs pays d’Amérique du Sud ?

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Pour une sortie de crise en RDC. Avec Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix 2018

Tue, 06/10/2026 - 11:14

Dans cet entretien, Pascal Boniface reçoit Denis Mukwege, gynécologue et militant des droits de l’Homme kino-congolais et lauréat du prix Nobel de la paix 2018 ; il revient sur sa note stratégique pour une sortie de crise pour la République démocratique du Congo (RDC), à l’occasion de la Conférence « 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité » à Bruxelles.

L’Est de la République démocratique du Congo est le théâtre de violents conflits depuis trente ans, guerre la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale. Différents groupes s’affrontent pour le contrôle des ressources de la région, plaque tournante d’une industrie minière indispensable à la révolution numérique, mais en réalité « rouge du sang des femmes et des enfants congolais ». Le plus important de ces groupes est le M23, soutenu par l’État rwandais, qui sévit en RDC au détriment de la souveraineté du pays.

Dans sa note stratégique, Denis Mukwege propose une série de mesures pour un processus de sortie de crise vers une paix juste et durable. Il souligne notamment l’importance de l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité : cessez-le-feu immédiat, retrait immédiat du M23 et démantèlement des administrations parallèles.
Ainsi, pour Denis Mukwege, la sortie de crise en RDC ne peut se limiter à un simple cessez-le-feu : elle doit s’accompagner d’une véritable réponse politique et sécuritaire, mais aussi d’une lutte contre l’exploitation illégale des ressources et l’impunité, afin de construire une paix durable et de rendre justice aux populations congolaises.

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Le sommet franco-coréen et une nouvelle étape de la coopération stratégique

Mon, 05/10/2026 - 18:40
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Le changement le plus significatif de la diplomatie des sommets franco-coréens en 2026 ne réside pas dans la multiplication des rencontres. Il tient au fait que, cinq mois à peine après avoir élevé leur relation au rang de « partenariat stratégique global » à Séoul le 3 avril, les deux pays ont commencé, le 8 septembre à Paris, à donner une traduction concrète à ce partenariat par des accords, des dialogues de haut niveau, des coopérations entre entreprises et des échanges militaires. Au lendemain du sommet d’avril, j’avais souligné que la tâche suivante de la relation franco-coréenne ne consistait pas à forger une nouvelle rhétorique, mais à mettre en place des mécanismes opérationnels pérennes : instances de concertation diplomatique et de défense, feuille de route de la coopération de défense, concrétisation industrielle de la coopération nucléaire et coopération en matière de sous-marins nucléaires d’attaque (SNA). Le sommet de septembre a répondu en grande partie à cette exigence, tout en mettant clairement en lumière les lacunes institutionnelles qui restent à combler.

Réduire ce sommet au simple renforcement d’une relation bilatérale ne permet pas d’en saisir pleinement la portée stratégique. Lors de la déclaration conjointe à la presse, le président Emmanuel Macron a souligné qu’en cette période de recomposition du monde, la Corée et la France devaient agir ensemble dans les domaines de la défense, de la sécurité, de la technologie et de l’énergie, tout en préservant chacune leur « souveraineté » et leur « autonomie stratégique ». L’autonomie stratégique ne signifie pas ici rejeter les alliances ni adopter une neutralité mécaniquement équidistante entre les États-Unis et la Chine ; elle renvoie plutôt à la capacité de juger et d’agir par soi-même, ainsi qu’à l’élargissement de ses marges de choix dans les domaines touchant aux intérêts nationaux essentiels, aux chaînes d’approvisionnement, à la technologie et à la sécurité. Le président français est allé jusqu’à affirmer que l’action commune des deux pays leur permettait d’échapper à toute « vassalisation » par quelque grande puissance que ce soit, qualifiant cette démarche de « coalition des indépendants » et estimant que la relation franco-coréenne en offrait une illustration exemplaire.

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Les incendies de forêt, révélateurs d’une nouvelle vulnérabilité stratégique

Fri, 02/10/2026 - 12:34
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Les incendies de forêt ne sont plus seulement une question de protection des massifs forestiers. À mesure que le risque s’étend géographiquement, que les saisons propices aux feux s’allongent et que plusieurs territoires peuvent être confrontés simultanément à des incendies majeurs, ils interrogent désormais la capacité des États à protéger leurs populations, leurs infrastructures et leurs fonctions essentielles.

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Trump-CPI : La réaction timorée des européens

Fri, 02/10/2026 - 11:48

La Cour pénale internationale (CPI) fait aujourd’hui l’objet de nombreuses tentatives de déstabilisation de la part de l’administration Trump, qui a fait de son démantèlement « brique par brique » une mission. L’hostilité des États-Unis à l’égard de la CPI n’est pas nouvelle : cette offensive intervient en réaction aux enquêtes et procédures engagées par la Cour concernant d’un côté la situation en Afghanistan, risquant de mettre en cause l’armée américaine ; de l’autre la situation en Palestine, procédure qui a donné lieu à l’émission d’un mandat d’arrêt à l’encontre notamment de Benyamin Netanyahou en novembre 2024.


L’administration Trump a néanmoins franchi un nouveau cap depuis son retour aux affaires, en imposant des sanctions d’ampleur à l’encontre de plusieurs magistrats de la Cour et en multipliant les appels aux États parties au statut de Rome à s’en retirer. Face à cette offensive contre une institution au cœur du droit international, la réaction européenne reste timorée.

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Les enjeux des élections brésiliennes

Thu, 01/10/2026 - 17:56

Le 4 octobre, les Brésiliens redéfiniront leur paysage politique lors d’élections générales. Dans ce contexte, 13 candidats s’opposeront pour la présidentielle.

Ce scrutin attire tous les regards. Deux enjeux majeurs le caractérisent : une forte polarisation entre la gauche de Luiz Inácio Lula da Silva et l’extrême droite de Flávio Bolsonaro ; une ingérence de Washington dans la campagne.

Une victoire de Flávio Bolsonaro, soutenu par l’administration Trump, pourrait ainsi faire basculer toute la région du côté des projets du président américain visant à repositionner l’Amérique latine comme zone d’influence des États-Unis.

Quels sont les véritables enjeux de ces élections ? Alors que la polarisation domine la vie politique nationale, l’influence de Washington pose une question cruciale : jusqu’où l’ingérence américaine peut-elle aller ? Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.

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