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Togo : le calendrier des épreuves écrites des examens 2026-2027 dévoilé

Wed, 28/10/2026 - 20:45

Les épreuves écrites des examens et concours nationaux de l’année scolaire 2026-2027 se dérouleront entre mars et août 2027, selon le calendrier officiel. Le baccalauréat deuxième partie (BAC II) est notamment prévu du 21 au 25 juin 2027.

Les candidats aux examens et concours nationaux connaissent désormais les dates des épreuves écrites pour l’année scolaire 2026-2027. Le calendrier officiel fixe les périodes de composition pour les différents diplômes de l’enseignement général, technique et professionnel.

Dans l’enseignement général, les épreuves écrites du baccalauréat première partie (BAC I) se dérouleront du 24 au 28 mai 2027. Pour les candidats aux épreuves techniques et pratiques du BAC I, les compositions écrites sont prévues du 10 au 22 mai 2027.

Le Certificat d’études du cours primaire (CEPD) est programmé du 8 au 10 juin 2027, tandis que les candidats au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) composeront du 15 au 17 juin 2027.

Pour le baccalauréat deuxième partie (BAC II), les épreuves écrites sont fixées du 21 au 25 juin 2027. Une session de remplacement est prévue du 3 au 7 août 2027 pour les candidats concernés.

Les examens professionnels également concernés

Dans l’enseignement technique et la formation professionnelle, les épreuves écrites du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP), notamment les spécialités industrielles, artistiques, artisanales et agro-pastorales, sont programmées du 29 juin au 16 juillet 2027.

Les candidats au Brevet de technicien (BT), option assistance aux personnes et conseil (APC), composeront du 5 au 16 juillet 2027. Pour le Brevet de technicien supérieur (BTS), les épreuves écrites se dérouleront du 5 au 9 juillet 2027.

Les épreuves écrites du Brevet professionnel (BP) banque et du CAP employé de banque sont prévues du 20 au 30 juillet 2027. Celles du Certificat de qualification professionnelle (CQP) auront lieu du 17 au 23 août 2027.

Les candidats au Certificat d’études d’aptitude professionnelle (CEAP), au CAP et aux concours des séries concernées devront également tenir compte des épreuves écrites prévues les 2 et 3 septembre 2027.

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Categories: Afrique

Éliminatoires CAN 2027 : Patrice Neveu présélectionne 31 Éperviers pour affronter l’Algérie

Wed, 28/10/2026 - 13:51

Le sélectionneur national du Togo, Patrice Neveu, a dévoilé une liste de 31 joueurs présélectionnés pour la double confrontation contre l’Algérie, prévue les 14 et 17 novembre 2026, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027. La liste définitive sera connue le 3 novembre prochain.

Les Éperviers se préparent à deux rendez-vous importants face aux Fennecs d’Algérie. Pour ces rencontres, Patrice Neveu a retenu 31 joueurs dans une pré-liste composée de quatre gardiens de but, douze défenseurs, huit milieux de terrain et sept attaquants.

Dans cette première sélection figurent plusieurs cadres de l’équipe nationale, notamment le capitaine Djéné Dakonam, Kevin Denkey, Kodjo Fo-Doh Laba, Karim Dermane et Thibault Klidjé.

Le sélectionneur a également présélectionné Lilian Brassier, défenseur évoluant à l’Eintracht Francfort, en Allemagne. Si sa présence est confirmée dans la liste définitive, il pourrait honorer sa première sélection avec le Togo.

## Des joueurs évoluant sur plusieurs continents

La pré-liste témoigne de la diversité des championnats dans lesquels évoluent les internationaux togolais. En défense, Patrice Neveu pourra notamment compter sur Kennedy Boateng (Al Fateh, Arabie saoudite), Kevin Boma (RB Salzbourg, Autriche), Pierre Nadjombe (FC Magdebourg, Allemagne) et Henri Koudossou (Arminia Bielefeld, Allemagne), sous réserve de leur confirmation dans le groupe final.

Au milieu de terrain, les noms de Kodjo Aziangbe (Shanghai Port FC, Chine), Karim Dermane (ESTAC Troyes, France), Sadik Fofana (Lecce, Italie) et Samsindin Ouro (Dunajská Streda) figurent sur la liste.

En attaque, Kevin Denkey (FC Cincinnati, États-Unis), Thibault Klidjé (Hibernian FC, Écosse), Kodjo Fo-Doh Laba (Al Sharjah, Émirats arabes unis) et Yaw Annor (National Bank of Egypt, Égypte) font partie des joueurs présélectionnés.

## La liste définitive attendue le 3 novembre

Patrice Neveu animera une conférence de presse le mardi 3 novembre 2026 au stade de Kégué, à Lomé. Cette rencontre avec les médias sera l’occasion de dévoiler la liste définitive des joueurs retenus pour affronter l’Algérie.

Le premier match est annoncé le 14 novembre à Tizi Ouzou, en Algérie, avant la manche retour prévue le 17 novembre à Lomé.

Pour les Éperviers, l’objectif sera de négocier au mieux ces deux rencontres afin de défendre leurs chances dans la course à la qualification pour la CAN 2027.

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Categories: Afrique

Tribune : Pourquoi malgré les voyages de Faure à travers le monde le développement risque de rester une illusion?

Wed, 28/10/2026 - 11:36

On peut importer des modèles de développement, admirer les prouesses d’un pays et rêver de les reproduire au Togo. Mais aucun modèle ne peut réussir durablement là où la confiance entre les institutions et les citoyens est fragilisée.

Pourquoi malgré les voyages de Faure à travers le monde le développement risque de rester une illusion ?

On peut importer des modèles de développement, admirer les prouesses d’un pays et rêver de les reproduire au Togo. Mais aucun modèle ne peut réussir durablement là où la confiance entre les institutions et les citoyens est fragilisée.

Il y a des expériences qui en disent long sur l’état d’un pays. Des expériences comme celle-ci que nous avons personnellement vécue. Elle illustre le fossé qui peut exister entre le citoyen et ceux qui sont censés le protéger.

Story time ! Un homme a été victime de graves violences de la part de quatre sôdja. Nous nous sommes rendus à leur bureau pour nous plaindre. Le capitaine qui nous a reçus a établi un procès-verbal, puis il a dit à la victime de le signer. Ce dernier a protesté, car le procès-verbal le présentait comme le fautif, et non comme la victime. Le capitaine le rassure qu’il y a un deuxième PV qui dit que les sôdja sont fautifs de l’avoir agressé. Dès que le plaignant a signé, le capitaine nous a lancé en substance : « La procédure est terminée ! ». Bref, il nous a bien eus.

Son raisonnement était simple : la victime étant elle-même en infraction, elle avait tort, tout comme les agents qui l’avaient violemment brutalisée et blessée. Au final, un jeu égal entre les deux parties, comme si l’infraction de l’un pouvait effacer les violences commises par l’autre.

C’est ainsi que la confiance dans les institutions se détruit. Au lieu de rechercher la vérité et d’établir les responsabilités, l’autorité donne au citoyen le sentiment d’avoir été piégé. Une telle expérience ne nourrit ni le respect ni la confiance. Elle installe plutôt le doute, la frustration, le sentiment d’abandon et même la haine.

Et pourtant, c’est cette confiance qui constitue l’un des fondements essentiels du développement.

Le Togo peut se rendre en Chine pour observer ses infrastructures, admirer ses prouesses technologiques et s’inspirer de son modèle économique. Il peut même rêver de produire sur son sol une pomme plus gigantesques que celle que Faure a vue en Chine. Mais une chose restera sure, on ne saurait importer les résultats d’un modèle sans réunir les conditions qui permettent de les atteindre.

La terre togolaise peut être fertile, les ressources humaines peuvent être disponibles, les ambitions peuvent être énormes. Mais si le citoyen ne fait pas confiance à ses dirigeants et aux institutions, si l’injustice nourrit la méfiance et si l’autorité est perçue comme une menace plutôt que comme une protection, les ambitions de développement vont toujours se heurter à des échecs, comme ça a souvent été le cas pour plusieurs projets agricoles qui nous ont coûté des milliards mais ont foiré dans ce pays. 

Le développement chinois ne se résume pas à des routes, des bâtiments, des technologies ou des performances agricoles. Le Togo doit s’interroger sur les mécanismes de gouvernance, de discipline institutionnelle, de lutte contre la corruption et de responsabilité publique qui ont transformé l’ambition chinoise en résultats concrets.

On ne construit pas un pays uniquement avec du béton, des machines et des investissements. On le construit aussi avec la confiance, la justice et la responsabilité.

Il ne s’agit pas seulement de vouloir faire du Togo une nouvelle Chine, il s’agit aussi de créer les conditions dans lesquelles le citoyen peut croire en son pays, lui faire confiance et être convaincu que ses droits et sa dignité seront respectés.

Tant que cette confiance et cette symbiose entre dirigeants et peuple ne seront pas suffisamment établies, les plus beaux projets risqueront de rester des rêves. Avant de vouloir reproduire les fruits d’un autre pays, le Togo doit aussi bâtir ce qui ne s’importe pas, c’est-à-dire la confiance de son peuple.

Source : Journal SIKAA

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Categories: Afrique

Togo/Port autonome de Lomé : un docker interpelle les autorités sur la précarité de ses collègues

Wed, 28/10/2026 - 11:19

Dans une lettre ouverte datée du 25 octobre 2026 et adressée au président du Conseil, Faure Gnassingbé, ainsi qu’au nouveau directeur général du Port autonome de Lomé, un docker lance un appel en faveur d’une meilleure protection sociale de ses collègues. Absence de pension pour certains retraités, difficultés d’accès aux soins, précarité des revenus et prise en charge des accidents du travail sont autant de préoccupations soulevées dans ce plaidoyer pour la dignité des travailleurs portuaires et la protection de leurs familles.

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE LA RÉPUBLIQUE TOGOLAISE ET AU NOUVEAU DIRECTEUR GÉNÉRAL DU PORT AUTONOME DE LOMÉ

Objet : Appel urgent à la compassion, à la justice sociale et à la dignité humaine en faveur des dockers du Port autonome de Lomé

À Son Excellence Monsieur le Président du Conseil de la République togolaise

À Monsieur le Directeur général du Port autonome de Lomé

Excellence Monsieur le Président du Conseil,

Monsieur le Directeur général,

C’est le cœur lourd, mais avec l’espoir que la voix des humbles puisse encore parvenir jusqu’aux plus hautes autorités de notre pays, que nous prenons aujourd’hui la plume pour vous adresser cet appel. Nous vous écrivons au nom de ces hommes que l’on voit chaque jour sur les quais du Port autonome de Lomé, ces travailleurs dont les bras portent des charges, dont les dos supportent des efforts considérables et dont la sueur contribue au fonctionnement d’un outil stratégique pour notre économie nationale.

Nous vous écrivons au nom de ces pères de famille qui quittent leur domicile chaque matin sans savoir combien ils gagneront à la fin de la journée, de ces hommes qui affrontent les risques du métier pour ramener de quoi nourrir leurs enfants, payer leur loyer, soigner leurs proches et préserver un minimum de dignité à leur foyer.

Excellence Monsieur le Président du Conseil, nous implorons votre miséricorde, votre humanisme et votre haute bienveillance.

Nous savons que vous portez de lourdes responsabilités à la tête de notre pays. Mais nous croyons aussi qu’un geste de votre part, une instruction ferme, une décision prise en faveur de ces travailleurs, peut changer en un instant le cours de nombreuses vies. Là où des familles ne voient aujourd’hui que des dettes, des larmes et des lendemains incertains, votre intervention pourrait faire renaître l’espérance.

Nous ne venons pas vous demander la charité. Nous venons solliciter la justice, la reconnaissance du travail accompli et le respect de la dignité humaine.

Nous nous tournons ensuite vers vous, Monsieur le Directeur général, avec l’espoir que votre arrivée à la tête du Port autonome de Lomé marquera le commencement d’une nouvelle ère, une ère où la performance économique marchera de pair avec la protection de l’homme, où le progrès du port se mesurera également au bonheur de ceux qui contribuent à sa réussite.

Car derrière les chiffres, les marchandises, les navires et les performances, il y a des êtres humains. Et aucun port, aussi performant soit-il, ne devrait oublier les hommes qui participent chaque jour à son fonctionnement.

1. LE CRI SILENCIEUX DE NOS ANCIENS DOCKERS : QUELLE RECONNAISSANCE APRÈS TANT D’ANNÉES DE SERVICE ?

Excellence Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Directeur général,

Permettez-nous de commencer par une réalité qui nous brise le cœur : celle de nos anciens dockers, ces hommes qui ont donné leurs forces à ce port et qui, au soir de leur vie professionnelle, se retrouvent dans une situation qui interroge profondément notre conscience collective.

Mon propre père a été docker. Aujourd’hui, après six années de retraite, il se retrouve sans pension, malade et physiquement diminué. L’homme qui a autrefois travaillé de ses mains, porté des charges et contribué à faire vivre sa famille voit désormais ses membres trembler, même lorsqu’il est debout. Celui qui a dépensé son énergie pour travailler ne dispose plus de la sécurité financière que devrait lui apporter une vieillesse digne.

Lorsque je regarde mon père, je ne vois pas seulement un parent malade. Je vois le visage de nombreux anciens dockers qui ont peut-être connu le même sacrifice, la même fatigue et les mêmes risques. Je me demande alors : que reste-t-il à ces hommes après tant d’années de travail ? Qui prend soin d’eux lorsqu’ils ne peuvent plus porter une charge ? Qui les aide lorsqu’ils n’ont plus la force de travailler ? Comment peuvent-ils se soigner, se nourrir et vivre dignement lorsqu’ils n’ont pas de pension régulière ?

Est-il juste qu’un homme puisse consacrer une partie essentielle de sa vie au travail et finir ses vieux jours sans sécurité financière ?

Nous ne pouvons accepter que nos anciens soient abandonnés à leur sort après avoir contribué à la vie du port. Nous sollicitons un examen sérieux de leur situation, la vérification de leurs droits et la mise en place de solutions concrètes pour les anciens dockers qui se retrouvent sans pension ou sans ressources suffisantes.

Nous voulons pouvoir regarder nos pères dans les yeux et leur dire que leurs sacrifices n’ont pas été oubliés.

2. SE SOIGNER NE DEVRAIT PAS DEVENIR UNE ÉPREUVE QUI MET LA VIE EN DANGER

Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Directeur général,

Nous souhaitons attirer votre attention sur les difficultés rencontrées par les dockers victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles lorsqu’ils doivent recevoir des soins.

D’après les difficultés que nous dénonçons, un docker hospitalisé au CHU Sylvanus-Olympio peut être contraint, pour obtenir des médicaments ou des produits nécessaires à une intervention, de suivre un parcours administratif particulièrement éprouvant.

Il doit parfois quitter le CHU pour se rendre au CMS du port, obtenir une contresignature, retourner au service compétent — notamment à la SMOP — puis revenir au CMS avant de prendre la route d’Adidogomé pour se procurer les produits prescrits à la pharmacie Béthel, présentée comme la pharmacie habilitée dans ce circuit. Après ces démarches, il faut encore retourner au CHU pour poursuivre les soins.

Excellence, imaginez un instant la scène.

Un homme est hospitalisé. Il souffre. Il attend un médicament ou un produit indispensable à son intervention. Sa santé est fragile, son corps est affaibli et chaque minute peut compter. Pourtant, au lieu de pouvoir se concentrer sur ses soins, il doit dépendre de démarches, de déplacements et de validations successives.

Et lorsque le malade ne peut pas se déplacer lui-même, c’est un proche, un camarade ou un accompagnant qui doit effectuer ces trajets, souvent dans l’inquiétude, parfois dans l’urgence, avec la peur de ne pas revenir à temps.

Nous dénonçons un circuit qui, lorsqu’il est appliqué sans procédure d’urgence adaptée, peut imposer des déplacements longs et répétés à des personnes dont l’état de santé exige une prise en charge rapide. Ces déplacements exposent également les accompagnants à la fatigue, au stress et aux risques de circulation.

Nous ne prétendons pas que chaque retard entraîne nécessairement une issue tragique. Mais nous refusons que des formalités évitables puissent retarder des soins urgents.

La vie d’un docker malade ne doit jamais être suspendue à une succession de signatures et de déplacements administratifs.

Nous demandons donc :

– La simplification immédiate du circuit de prise en charge médicale des dockers accidentés ou atteints de maladies professionnelles.

– La mise en place d’une procédure d’urgence permettant au CHU et aux autres structures de soins concernées d’obtenir rapidement les médicaments et produits indispensables.

– L’étude d’un système de délivrance ou de livraison directe des produits prescrits à l’hôpital lorsque la situation médicale l’exige.

– La possibilité de transmettre et de valider certains documents à distance, sans obliger le malade ou son accompagnant à parcourir toute la ville.

– La publication claire des démarches, des délais et des responsabilités de chaque service.

Nous demandons que la vie humaine soit placée au-dessus des lourdeurs administratives.

3. DES TRAVAILLEURS QUI VIVENT AU JOUR LE JOUR, SANS LA SÉCURITÉ QUE MÉRITE LEUR CONTRIBUTION

Monsieur le Président du Conseil,

Un docker occasionnel peut se présenter au port sans avoir la certitude d’obtenir une vacation. Lorsqu’il a la chance de travailler, il perçoit un revenu lié aux journées ou aux vacations effectuées. Lorsqu’il n’est pas retenu, les besoins de sa famille, eux, ne disparaissent pas.

Le loyer attend. Les enfants doivent manger et aller à l’école. Les factures continuent de s’accumuler. Les parents malades ont besoin de soins. La vie ne s’arrête pas parce qu’un docker n’a pas été appelé à travailler.

Cette incertitude permanente transforme le quotidien de nombreuses familles en une lutte incessante pour survivre. Certains travailleurs sont contraints de s’endetter pour répondre aux besoins les plus élémentaires. D’autres vivent dans l’angoisse de ne pas pouvoir satisfaire les attentes de leurs enfants.

Nous exprimons également notre profonde préoccupation concernant la déclaration des dockers aux organismes de protection sociale et l’effectivité de leurs droits. La situation de chaque catégorie de docker doit être examinée afin de déterminer les obligations applicables, les cotisations versées et les droits réellement ouverts.

Nous demandons que les travailleurs concernés puissent bénéficier d’une protection sociale effective, d’une traçabilité de leurs rémunérations et d’un dispositif de retraite adapté à leur statut.

Car un travailleur ne devrait pas être considéré uniquement lorsqu’il est nécessaire à l’activité du port. Il doit aussi compter lorsqu’il tombe malade, lorsqu’il vieillit ou lorsqu’il n’est plus en mesure de travailler.

4. NOS CAMARADES DÉCÉDÉS : DES FAMILLES QUI NE DEVRAIENT PAS ÊTRE OUBLIÉES

Nous avons connu ou entendu parler de camarades qui ont perdu la vie sur les quais ou au cours de leurs déplacements liés au travail. Derrière chaque décès, il y a une histoire, des sacrifices et une famille qui doit continuer à vivre malgré la douleur.

Il y a parfois une épouse qui se retrouve seule pour élever les enfants. Il y a des orphelins qui grandissent sans leur père. Il y a des enfants dont la scolarité peut être compromise, faute de ressources. Il y a des familles qui doivent affronter le deuil en même temps que la précarité.

Nous ne voulons pas que la mort d’un travailleur se résume à une absence sur un quai.

Nous demandons qu’un mécanisme transparent permette d’examiner chaque accident mortel lié au travail, de vérifier les droits des familles concernées et de leur apporter l’accompagnement prévu par les textes et les dispositifs applicables.

Nous souhaitons également qu’un fonds de solidarité ou un mécanisme d’assistance aux familles des dockers décédés soit étudié, en complément des indemnisations et prestations légalement dues.

Un docker peut disparaître, mais sa famille ne devrait pas disparaître des préoccupations de l’institution pour laquelle il a travaillé.

5. LES DOCKERS ACCIDENTÉS : QUAND LA DOULEUR DU CORPS SE DOUBLE DE LA PEUR DE PERDRE SON REVENU

Monsieur le Directeur général,

Nous attirons particulièrement votre attention sur le sort des dockers victimes d’accidents du travail qui, malgré leurs douleurs et leurs limitations physiques, se retrouvent parfois dans l’obligation de reprendre le travail ou de continuer à se présenter pour espérer obtenir une vacation.

Certains craignent de perdre leurs revenus s’ils s’arrêtent. D’autres redoutent de ne plus être sollicités s’ils ne peuvent pas accomplir les tâches habituelles. Dans ces conditions, la nécessité de nourrir leur famille peut les pousser à travailler alors que leur état de santé exige du repos, des soins ou une adaptation du poste.

Nous nous interrogeons : comment un homme qui souffre du dos peut-il continuer à porter de lourdes charges ? Comment un travailleur dont les mouvements sont limités peut-il accomplir des tâches physiques sans risquer d’aggraver ses blessures ? Et comment peut-il se rétablir convenablement s’il doit choisir entre sa santé et le repas de ses enfants ?

Nous demandons que chaque situation soit examinée sérieusement par les professionnels de santé compétents et que les recommandations médicales soient effectivement prises en compte.

Nous sollicitons :

– Un suivi médical régulier des dockers accidentés.

– L’aménagement des postes ou la réaffectation vers des tâches compatibles avec leurs capacités, lorsque cela est médicalement indiqué et professionnellement possible.

– Une information claire sur les indemnités, prestations et recours auxquels les victimes peuvent prétendre.

– Un accompagnement administratif pour que les travailleurs ne soient pas contraints de multiplier seuls les démarches pour faire reconnaître leurs droits.

– La protection des travailleurs contre les pressions qui pourraient les conduire à reprendre prématurément une activité incompatible avec leur état de santé.

Nous ne demandons pas que l’on déclare systématiquement tous les accidentés inaptes à travailler. Nous demandons que l’on ne les oblige pas, par nécessité économique, à mettre davantage leur santé en danger.

6. DERRIÈRE CHAQUE DOCKER, IL Y A UNE FAMILLE, UNE ÉPOUSE, DES ENFANTS ET DES RÊVES

Excellence Monsieur le Président du Conseil,

Nous vous demandons de ne pas regarder le docker uniquement comme un homme en tenue de travail, présent sur un quai pour charger, décharger, déplacer ou manutentionner des marchandises.

Regardez-le aussi comme un père qui se demande, en rentrant chez lui, comment il va nourrir ses enfants. Comme un mari qui voudrait répondre aux besoins de son épouse. Comme un fils qui souhaite prendre soin de ses parents vieillissants. Comme un homme qui aimerait construire sa maison, scolariser ses enfants et vivre sans être constamment poursuivi par les dettes.

Derrière chaque docker, il y a une famille entière qui dépend, en partie ou totalement, de ses revenus. Lorsque le docker tombe malade, c’est parfois toute la famille qui bascule dans la précarité. Lorsqu’il n’obtient pas de vacation, c’est le repas du soir qui devient une inquiétude. Lorsqu’il est accidenté, ce sont les dépenses médicales, le transport et la perte de revenus qui s’ajoutent à la souffrance physique.

À cette situation s’ajoute la cherté de la vie. Les prix des produits essentiels, les frais de santé, le logement et l’éducation pèsent lourdement sur les ménages.

Nous ne voulons pas que les familles des dockers soient condamnées à survivre au jour le jour alors que le port auquel ils contribuent occupe une place stratégique dans l’économie nationale et régionale.

Nous sollicitons une réflexion sérieuse sur les rémunérations, la régularité des revenus, les conditions d’accès aux vacations, les aides sociales et les mécanismes de protection des familles.

Nous voulons que le docker puisse travailler sans vivre dans la peur permanente du lendemain.

7. LA SÉCURITÉ ET LA DIGNITÉ AU TRAVAIL : UNE NÉCESSITÉ, PAS UN LUXE

Le travail portuaire comporte des risques importants : manutention de charges lourdes, déplacements d’engins, circulation de véhicules, chutes, accidents liés aux équipements et fatigue physique.

Nous demandons que la prévention des accidents soit renforcée, que les équipements de protection adaptés soient disponibles et effectivement utilisés, que les consignes de sécurité soient régulièrement rappelées et que les accidents fassent l’objet d’analyses permettant d’éviter leur répétition.

Nous demandons également que les travailleurs puissent signaler les dangers sans craindre de représailles et que les conditions d’hygiène, d’accès à l’eau potable, de repos et d’assistance médicale soient examinées avec sérieux.

La sécurité ne doit pas être une formalité que l’on rappelle après un accident. Elle doit être une priorité avant que l’accident ne survienne.

Nous souhaitons aussi que les dockers puissent être écoutés à travers des représentants légitimes, des rencontres régulières avec les responsables concernés et un mécanisme de traitement des réclamations.

Car les hommes qui travaillent quotidiennement sur le terrain connaissent les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Leur expérience doit contribuer à améliorer les décisions qui concernent leur vie professionnelle.

8. LE PRESTIGE DU PORT DOIT AUSSI SE MESURER AU BONHEUR DE SES TRAVAILLEURS

Nous sommes fiers du rôle stratégique du Port autonome de Lomé et de son importance pour le Togo et la sous-région. Nous souhaitons que notre port continue de se développer, d’attirer les investissements, d’améliorer ses performances et de renforcer son rayonnement.

Mais nous pensons profondément qu’un port ne peut véritablement être qualifié de grand si ceux qui contribuent à son fonctionnement vivent dans la peur, l’insécurité sociale et la misère.

La réputation d’un port ne devrait pas reposer uniquement sur les volumes de marchandises traitées, la capacité d’accueil des navires ou la rapidité des opérations. Elle devrait aussi se refléter dans la manière dont il protège les travailleurs, accompagne les victimes d’accidents, respecte ses anciens et prend en considération les familles endeuillées.

Nous voulons pouvoir dire avec fierté que notre port est performant, mais aussi humain. Que son développement ne laisse pas derrière lui ceux qui ont contribué à sa construction et à son fonctionnement.

Nous ne demandons pas que toutes les difficultés soient résolues en un jour. Nous demandons qu’elles soient reconnues, examinées et traitées avec sérieux, selon un calendrier clair et des engagements vérifiables.

9. NOS DEMANDES ET NOTRE ESPÉRANCE

Excellence Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Directeur général,

Au terme de cet appel, nous formulons respectueusement les demandes suivantes :

1. La mise en place d’une commission d’examen de la situation sociale des dockers, associant les responsables concernés, les représentants des travailleurs et, si nécessaire, les services compétents de l’État.

2. L’examen de la situation des anciens dockers sans pension, afin de vérifier leurs droits, les périodes de cotisation et les possibilités de régularisation ou d’assistance.

3. La simplification du dispositif de prise en charge médicale, notamment pour les accidents du travail et les maladies professionnelles, avec un circuit d’urgence adapté aux besoins hospitaliers.

4. Le renforcement de la protection sociale, avec la vérification de la déclaration des travailleurs concernés, de leurs cotisations et de leurs droits à la retraite et aux prestations applicables.

5. L’amélioration des conditions de rémunération et d’accès aux vacations, afin de réduire l’incertitude permanente qui pèse sur les familles des dockers occasionnels.

6. La prise en charge effective des accidents du travail, avec un suivi médical, des procédures d’indemnisation accessibles et des possibilités d’aménagement ou de reclassement compatibles avec l’état de santé des victimes.

7. La mise en place d’un mécanisme d’assistance aux familles des dockers décédés, en veillant à ce que les droits légaux et les prestations dues soient identifiés et effectivement versés.

8. Le renforcement des mesures de santé et de sécurité au travail, accompagné d’un suivi régulier de leur application.

9. L’ouverture d’un dialogue social régulier entre les autorités portuaires, les structures chargées de la gestion des dockers et les représentants des travailleurs.

10. La publication d’un plan d’action assorti de priorités et d’échéances, afin que cet appel ne demeure pas une simple lettre de plus, mais devienne le point de départ de changements concrets.

Nous sommes conscients que ces mesures nécessitent des études, des moyens et une coordination entre plusieurs acteurs. C’est pourquoi nous sollicitons avant tout une volonté politique et institutionnelle claire, capable d’engager les services compétents vers des solutions durables.

10. EXCELLENCE, NE LAISSEZ PAS LES DOCKERS VIEILLIR DANS L’OUBLI

Monsieur le Président du Conseil,

Il nous est difficile de terminer cette lettre sans revenir à l’image de mon père.

Quand je le regarde aujourd’hui, avec ses membres qui tremblent même lorsqu’il est debout, après avoir consacré des années de sa vie au métier de docker et passé six années à la retraite sans pension, je pense à tous ces travailleurs qui se demandent ce que l’avenir leur réserve.

Je pense aux pères qui cachent leur détresse à leurs enfants. Aux hommes qui souffrent mais continuent de se présenter au travail parce qu’ils n’ont pas le choix. Aux familles qui s’endettent pour payer les soins. Aux veuves et aux orphelins qui doivent poursuivre leur chemin sans celui qui faisait vivre leur foyer.

Et je me pose cette question, que je vous adresse avec tout le respect dû à votre fonction : quelle consolation pouvons-nous offrir à un père qui a donné sa force au travail et qui se retrouve, au soir de sa vie, sans pension, malade et dépendant de la compassion de ses proches ?

Nous ne vous demandons pas de regarder uniquement des dossiers administratifs. Nous vous demandons de voir les visages qui se cachent derrière ces dossiers.

Nous vous demandons de penser à l’enfant qui attend son repas, à la mère qui ne sait plus comment payer les médicaments, au docker accidenté qui craint de perdre son revenu, au vieil homme qui ne peut plus travailler et à la famille qui a perdu son père sur le quai.

Une décision prise aujourd’hui peut changer le destin de nombreuses familles. Une procédure simplifiée peut permettre à un malade d’accéder plus rapidement à ses soins. Une pension régularisée peut rendre sa dignité à un ancien travailleur. Un dispositif d’indemnisation effectif peut empêcher qu’une famille déjà endeuillée sombre dans la misère.

Excellence Monsieur le Président du Conseil, nous implorons votre compassion et votre intervention.

Monsieur le Directeur général, nous faisons appel à votre sens des responsabilités, à votre humanisme et à votre volonté de faire du Port autonome de Lomé une institution exemplaire, non seulement par ses performances, mais aussi par le respect accordé aux hommes et aux femmes qui contribuent à son fonctionnement.

Nous ne cherchons ni la confrontation ni l’humiliation de qui que ce soit. Nous voulons être entendus. Nous voulons que nos souffrances soient reconnues. Nous voulons que les engagements se traduisent en actes.

Nous croyons qu’un pays se grandit lorsqu’il protège ceux qui travaillent. Nous croyons qu’une institution gagne en valeur lorsqu’elle prend soin de ceux qui la servent. Et nous croyons qu’une autorité démontre véritablement sa grandeur lorsqu’elle tend la main à ceux qui n’ont plus la force de se faire entendre.

Ne permettez pas que les dockers soient indispensables lorsqu’ils sont forts et oubliés lorsqu’ils sont malades. Ne permettez pas que ceux qui ont contribué à la prospérité du port soient abandonnés au moment où ils ont le plus besoin de solidarité.

Nous espérons sincèrement que cette lettre trouvera un écho favorable auprès de vous et qu’elle ouvrira la voie à une rencontre, à une écoute attentive et à des mesures concrètes.

Pour nos pères, pour nos camarades, pour nos enfants et pour toutes les familles qui vivent dans l’ombre de ces difficultés, nous vous demandons de faire de la dignité des dockers une priorité.

Que le développement de notre port soit aussi celui de l’espoir, de la justice sociale et du bonheur des familles togolaises.

Dans l’espoir d’une réponse favorable et d’actions à la hauteur de cette détresse humaine, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Directeur général, l’expression de notre très haute considération.

Pour la dignité des dockers. Pour la protection de leurs familles. Pour une justice sociale véritable.

Un docker du Port autonome de Lomé, au nom de ses camarades et de leurs familles.

Fait à Lomé, le 25 octobre 2026

Signature : 60..65..27

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Categories: Afrique

Togo/Arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO : contester la décision n’efface pas la violation

Wed, 21/10/2026 - 15:51

Dans une tribune en réponse à l’analyse de Christian Eninam Trimua sur l’arrêt du 29 janvier 2026 relatif à la réforme constitutionnelle togolaise, le politologue et essayiste Elhajj Madi Djabakaté défend la portée du constat de violation de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. S’il reconnaît que la compétence de la Cour, la procédure de révision constitutionnelle et les limites de la réparation méritent un débat juridique rigoureux, il estime que ces controverses ne sauraient effacer la violation constatée et appelle l’Union africaine à examiner ses responsabilités dans la mise en œuvre de la Charte.

Contester l’arrêt ne suffit pas à effacer la violation

Contester l’arrêt ne suffit pas à effacer la violation

Réponse à CET sur la compétence de la CJ CEDEAO, les limites du pouvoir de révision et les responsabilités de l’Union africaine

Par Elhajj MADI DJABAKATE, politologue et essayiste

Introduction : Une critique doctrinale n’est pas une décision de justice

Avant tout écrit au fond, je me permets de rappeler qu’une affirmation peut conquérir la foule ; seule une argumentation robuste peut survivre à un contradicteur intelligent.

Dans son article intitulé « Juger sans titre, évincer sans texte, censurer sans suite », Christian Eninam Trimua développe une contestation méthodique de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 dans l’affaire Ligue togolaise des droits de l’homme et douze autres c. République togolaise. Trois objections structurent sa démonstration : la Cour aurait statué sans compétence, aurait apprécié un texte constitutionnel dépassé et aurait prononcé une censure dépourvue de conséquences sur la réforme contestée.

Ces objections appellent une réponse juridique, plutôt qu’une disqualification personnelle. La liberté de commenter une décision de justice permet d’en dénoncer les insuffisances. Elle suppose toutefois qu’il faut distinguer ce que l’arrêt décide, ce que ses motifs laissent en suspens et ce que le commentateur voudrait lui faire dire.

La présente réponse défend une proposition centrale : les éventuelles fragilités de la motivation ou de la retenue du dispositif ne transforment pas le constat d’une violation de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance en un certificat de conformité démocratique.

Cette défense exige toutefois de ne pas reproduire certaines approximations. La CADEG fournit la norme substantielle appliquée par la Cour. Elle ne remplace pas, à elle seule, le titre de compétence de la Cour. Le maintien en fonction des députés sortants était prévu par la Constitution. Il faut donc discuter de l’étendue de leurs pouvoirs plutôt que de nier leur existence institutionnelle. Enfin, l’absence d’appel ne signifie pas l’absence de voie de recours contre un arrêt rendu par défaut.

I. Sur le « vice de titre » : distinguer le juge compétent de la règle qu’il applique

1. Deux protocoles différents, deux questions différentes

Une première clarification s’impose. Le Protocole additionnel A/SP.1/01/05 de 2005, relatif à la Cour de justice, ne doit pas être confondu avec le Protocole A/SP1/12/01 de 2001, relatif à la démocratie et à la bonne gouvernance.

Le premier concerne notamment la compétence de la Cour en matière de droits humains et l’accès des personnes physiques ou morales à son prétoire. Le second énonce des obligations de gouvernance démocratique au sein de la communauté. Sur les questions de démocratie, de gouvernance, d’élections et de changements anticonstitutionnels de pouvoir, la référence pertinente est plutôt le Protocole A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance, adopté en décembre 2001 comme texte additionnel au Mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflits de la CEDEAO. Ce protocole consacre notamment les principes suivants :

· l’accès au pouvoir par des élections libres, honnêtes et transparentes ;

· l’interdiction des réformes électorales majeures à l’approche des élections sans large consensus ;

· l’indépendance des organes de gestion des élections ;

· la transparence du processus électoral ;

· la lutte contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement.

Cette distinction est précisément opérée dans l’arrêt. Aux paragraphes 47 à 53, la Cour déclare irrecevables les griefs fondés uniquement sur le manquement aux obligations du Protocole de 2001, faute de qualité des requérants pour introduire une telle action. Elle examine, en revanche, la violation de l’article 23 de la CADEG, qu’elle considère comme un instrument relatif aux droits humains, notamment les paragraphes 81 à 83.

Il serait donc inexact de soutenir que la condamnation repose indistinctement sur l’ensemble des instruments invoqués. La violation retenue au fond est celle de la CADEG. Mais il serait également inexact d’en conclure que le Protocole de 2005 devient sans importance : la norme applicable au litige et le fondement permettant au juge d’en connaître sont deux choses distinctes.

En termes simples, la CADEG précise ce que l’État doit respecter. Les textes organisant la Cour déterminent dans quelles conditions celle-ci peut en assurer le contrôle. Je renvoie Trimua pour relire les paragraphes 44 à 54 et 81 à 91 de l’arrêt. Tout porte à croire qu’il répond sans avoir pris la peine de lire l’arrêt.

2. Le retrait invoqué appelle une démonstration complète, non une conclusion automatique

Christian Trimua affirme que le Togo aurait mis fin à l’application provisoire du Protocole de 2005 par une notification reçue le 19 mars 2024, avant la saisine de la Cour le 18 avril suivant. Son objection est sérieuse : si une cessation juridiquement valable avait effectivement supprimé le titre nécessaire avant la saisine, elle ne pourrait pas être écartée par la seule invocation de l’importance des droits humains.

Mais le caractère sérieux d’un argument ne dispense pas d’en établir les prémisses.

Il convient de vérifier le texte intégral de la notification, son objet exact, ses destinataires, sa réception, sa communication aux autres États ainsi que son articulation avec le droit institutionnel de la CEDEAO. Or, le gouvernement togolais n’a pas publié de copie primaire de cette notification. Sa validité et sa portée ne peuvent donc être considérées ici comme définitivement établies sur la seule foi de leur présentation doctrinale.

L’article 25, paragraphe 2, de la Convention de Vienne prévoit bien la cessation de l’application provisoire par notification de l’intention de ne pas devenir partie. Mais il commence par une réserve essentielle : « À moins que le traité n’en dispose autrement ou que les États ayant participé à la négociation n’en soient convenus autrement ». Son application nécessite donc l’examen du régime conventionnel applicable.

L’article 5 ajoute que la Convention s’applique aux traités constitutifs d’organisations internationales et aux traités adoptés en leur sein, « sous réserve de toute règle pertinente de l’organisation ». Cette disposition ne résout pas, à elle seule, le différend. Elle interdit cependant de traiter la question institutionnelle comme si elle n’existait pas.

3. La Convention de Vienne ne se lit pas à sens unique

L’intérêt du recours à la Convention de Vienne est qu’il oblige chacun à se soumettre à une discipline commune.

Son article 25 concerne l’application provisoire. Son article 26 impose l’exécution de bonne foi des traités en vigueur. Son article 27 interdit, sous réserve qu’il précise, d’invoquer le droit interne pour justifier l’inexécution d’un traité.

Ces dispositions ne s’annulent pas mutuellement. Les articles 26 et 27 ne créent pas une compétence juridictionnelle qui ferait défaut. Réciproquement, une contestation relative à l’accès à une juridiction n’efface pas les obligations substantielles souscrites dans un autre instrument.

Christian Trimua reconnaît d’ailleurs que, dans sa propre construction, les obligations matérielles du Togo au titre de la CADEG subsisteraient même si la voie de la pétition individuelle devant la Cour venait à disparaître.

Contester la compétence d’Abuja ne suffit pas à rendre licite une réforme portant atteinte aux principes de l’alternance démocratique. Le débat sur le juge ne fait pas disparaître celui sur l’obligation.

4. L’action populaire n’est pas irrecevable par définition

L’arrêt ne proclame pas un droit universel de contester n’importe quelle politique publique. Il distingue les requérants, leurs capacités et les fondements de leurs demandes.

La Cour écarte les recours de l’ASVITTO et de l’ADDI faute de preuves suffisantes de leur personnalité juridique. Elle reconnaît ensuite l’intérêt des partis politiques à défendre les droits liés à la participation aux affaires publiques. Enfin, elle admet l’action de la LTDH et de CODITOGO au regard de sa jurisprudence relative à l’actio popularis en matière de droits humains.

Cette construction peut être discutée. Il est notamment possible d’interroger l’articulation entre la recevabilité admise et le rejet ultérieur du grief relatif à la participation politique. Mais affirmer qu’il s’agissait d’une action populaire ne suffit pas à démontrer son irrecevabilité : c’est précisément l’admission de certaines actions de cette nature que la Cour motive aux paragraphes 61 à 64. Une réfutation doit répondre à cette motivation. Trimua doit relire les articles 54 à 65 de l’arrêt.

II. Sur le « vice de texte » : l’article 144 ne peut être lu contre l’article 59

1. Une majorité renforcée ne supprime pas une garantie spéciale

Le cœur de la controverse constitutionnelle réside dans l’articulation entre les articles 59 et 144 de la Constitution antérieure.

L’article 144 organise la procédure générale de révision et prévoit notamment l’adoption parlementaire à la majorité des quatre cinquièmes.

L’article 59 dispose, quant à lui :

« Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq (05) ans, renouvelable une seule fois. Cette disposition ne peut être modifiée que par voie référendaire. »

On ne peut pas présenter le premier texte comme une autorisation générale sans préciser ce qu’il advient du second. La lecture qui protège le mieux l’effet utile de ces dispositions est la suivante : la procédure générale de révision demeure applicable, sous réserve du respect de la réserve référendaire spéciale prévue à l’article 59.

Il ne s’agit donc pas de déclarer l’article 144 entièrement inopérant. Il s’agit de constater qu’il ne constitue pas nécessairement une autorisation de modifier, par la seule voie parlementaire, une disposition expressément soumise à l’exigence d’un référendum. Il faut éviter de commettre un « sophisme juridique ».

2. La « refondation » ne peut devenir une technique d’évasion constitutionnelle

Dans la note 108 de son article, Christian Trimua aborde cette difficulté. Il soutient notamment que le verrou protégerait essentiellement la limitation des mandats ; qu’il ne survivrait pas à la disparition du cadre institutionnel de la Quatrième République ; et qu’une « modification » particulière devrait être distinguée d’une « refondation » globale. C’est ici que la réplique doit être la plus ferme.

Premièrement, le texte de l’article 59 ne vise pas expressément à limiter le nombre de mandats. La phrase protégée mentionne également le suffrage universel direct et la durée du mandat. En réduire la portée à un seul de ses éléments suppose une justification interprétative qui ne peut se contenter de remplacer les mots du constituant.

Deuxièmement, soutenir qu’un verrou disparaît avec le cadre que la réforme abolit risque de le rendre impuissant face aux transformations les plus profondes. Il suffirait alors de modifier suffisamment de choses pour échapper aux garanties applicables aux modifications plus modestes.

Troisièmement, la distinction entre « modification » et « refondation » ne peut être importée comme si la Constitution togolaise avait expressément prévu deux procédures distinctes, dont l’une permettrait de contourner les protections de l’autre.

Un pouvoir de révision ne devient pas souverain parce qu’il choisit de se présenter comme un pouvoir de refondation. S’il tire sa compétence de la

jusqu’à l’entrée en fonction de leurs successeurs. Mais cette clause ne clôt pas le débat. Elle le déplace.

Christian Trimua déduit du maintien des fonctions le maintien intégral des compétences, y compris les compétences constitutives. Cette lecture est défendable. Elle n’est pas la seule question pertinente. Il reste à déterminer si une garantie de continuité institutionnelle autorise une transformation complète de l’architecture du pouvoir sans renouvellement préalable de la représentation et, surtout, sans respecter une réserve référendaire spéciale.

La question n’est donc pas simplement : les députés pouvaient-ils encore siéger ? Elle devient : pouvaient-ils exploiter cette continuité pour bouleverser les règles fondamentales de la désignation et de la limitation du pouvoir exécutif ?

Il faut ainsi distinguer l’existence juridique de l’organe, l’étendue de sa compétence et la légitimité démocratique de l’opération. Le maintien en fonction répond à la première question. Il ne résout pas automatiquement les deux autres.

La prorogation de fait des fonctions parlementaires après l’expiration du mandat se justifie par la nécessité d’assurer la continuité institutionnelle. Elle ne saurait toutefois être interprétée comme une reconduction de la légitimité démocratique conférée par le suffrage universel, laquelle exige le renouvellement périodique de la représentation nationale par des élections libres et régulières.

Dans les démocraties constitutionnelles, le maintien transitoire d’élus dont le mandat a expiré est admis uniquement au nom de la continuité de l’État. Cette situation exceptionnelle ne constitue ni un renouvellement du mandat ni une nouvelle source de légitimité démocratique. Elle a pour seul objet d’assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à l’élection et à l’installation régulière de nouveaux représentants du peuple.

IV. Un texte de première lecture : une difficulté réelle, mais pas une réponse suffisante

La réplique doit reconnaître les limites du dossier.

Le jugement a été rendu en 2026. Cela ne prouve pas, à lui seul, que la Cour aurait examiné exhaustivement toutes les étapes de la réforme et de son application. Le paragraphe 75 reprend des dispositions du projet initial ; les paragraphes 84 et 91 identifient la modification du 25 mars 2024. Christian Trimua peut donc légitimement demander une comparaison rigoureuse entre les versions successives du texte.

Inversement, l’arrêt ne se fonde pas uniquement sur la durée initialement envisagée du mandat présidentiel. Aux paragraphes 84 à 90, il examine les pouvoirs du président du Conseil, son rattachement à la majorité parlementaire, le calendrier de la réforme et le contournement possible des limites imposées à l’exercice du pouvoir exécutif.

La question décisive est donc celle-ci : les changements apportés après la première lecture ont-ils supprimé le mécanisme substantiel que la Cour juge contraire à l’alternance, ou ont-ils seulement modifié certains de ses paramètres ?

Une seconde lecture ne purge pas automatiquement une violation conventionnelle. Mais une rédaction rigoureuse doit aussi éviter de prétendre que toute correction ultérieure serait juridiquement indifférente. Il appartient à celui qui invoque une régularisation d’en démontrer la portée. Il appartient au juge d’expliquer pourquoi il remédie, ou non, au problème identifié.

La critique de la précision du raisonnement reste ainsi ouverte. Elle ne permet pas, sans démonstration supplémentaire, de conclure que la réforme, définitivement adoptée, serait démocratiquement irréprochable. Trimua doit relire le paragraphe 75 ainsi que les paragraphes 84 à 91 de l’arrêt.

V. Le défaut : une occasion de se défendre laissée sans réponse, non une dispense de preuve

Sur ce point, le texte de l’arrêt est explicite. La Cour indique que la requête introductive a été signifiée au défendeur et que la demande de jugement par défaut l’a également été. Elle constate l’absence de représentation du Togo aux audiences mentionnées, notamment celle du 12 mai 2025.

Selon le paragraphe 68, aucune défense, réponse ou comparution n’a suivi les significations régulières rendues par la Cour.

Il serait excessif d’en déduire avec certitude les motivations du gouvernement. Mais il est fondé de constater qu’il n’a pas utilisé, dans cette procédure, l’occasion qui lui était offerte de présenter ses moyens, ses pièces et ses objections.

Si la notification de retrait constituait l’élément décisif que Christian Trimua décrit, le prétoire était précisément le lieu où en produire copie, en discuter l’opposabilité et demander à la Cour de se prononcer.

Cela ne signifie pas que le défaut crée la compétence ou vaut aveu. La Cour rappelle elle-même, aux paragraphes 39 à 43, qu’elle doit vérifier sa compétence, la recevabilité, la régularité de la procédure et le bien-fondé de la demande.

Deux propositions doivent donc être tenues ensemble : l’absence de l’État ne dispense pas le juge de contrôler ; elle ne permet pas non plus à l’État de transformer une critique doctrinale en décision d’annulation. Trimua doit reprendre l’arrêt et lire les paragraphes 33 à 43 ainsi que 66 à 69.

VI. Une condamnation sans annulation n’est pas une absolution

1. Lire tout le dispositif

La Cour de justice de la CEDEAO peut constater la violation. Elle ne peut pas se substituer à l’Union africaine pour la sanctionner. Dans l’architecture de la CADEG, le juge dit le droit, tandis que l’Union africaine met en œuvre les conséquences institutionnelles de sa violation.

Christian Trimua souligne à juste titre que la Cour n’a pas ordonné le retrait de la réforme. L’injonction formulée porte sur la conformité des réformes constitutionnelles ou institutionnelles à venir.

Mais le point V du dispositif constate expressément la violation de l’article 23 de la CADEG. Le point VI rejette distinctement le grief relatif à la participation aux affaires publiques.

La constatation d’une violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG) par la Cour de justice de la CEDEAO ne devrait surprendre personne dès lors que les faits litigieux correspondent objectivement aux situations visées par la Charte. La véritable question n’est donc pas tant celle de l’existence de la violation que celle des conséquences institutionnelles qui en découlent.

En effet, dans un système juridique fondé sur la répartition des compétences, il convient de distinguer soigneusement le pouvoir de constater une violation de celui de la sanctionner. Une juridiction peut être compétente pour interpréter un texte, qualifier juridiquement des faits et déclarer qu’une norme a été méconnue sans pour autant détenir le pouvoir de prononcer les sanctions prévues par ce même texte. C’est précisément la logique retenue par la CADEG.

Dès lors que la Charte attribue explicitement à l’Union africaine, par l’intermédiaire de ses organes compétents, notamment le Conseil de paix et de sécurité, la responsabilité de mettre en œuvre les mesures et sanctions consécutives aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, il serait difficilement concevable qu’une autre institution s’arroge une compétence que le texte n’a pas entendu lui conférer. La Cour de justice de la CEDEAO ne saurait donc se substituer à l’Union africaine pour décréter ou appliquer les sanctions prévues par la Charte.

Une approche juridiquement rigoureuse consiste alors à considérer que la mission de la Cour s’arrête à la qualification juridique des faits : elle dit le droit, établit l’existence ou non d’une violation et éclaire les acteurs institutionnels sur la portée des engagements souscrits. La décision relative aux sanctions relève ensuite des organes politiques auxquels la Charte a expressément confié cette prérogative.

En d’autres termes, la déclaration de violation constitue une étape juridique ; la sanction constitue une étape politique et institutionnelle. Confondre les deux reviendrait à brouiller la répartition des compétences voulue par les États africains eux-mêmes.

Dans cette perspective, la suite logique d’une décision constatant une violation de l’article 23 de la CADEG ne serait pas de demander à la Cour de justice de la CEDEAO de prononcer des sanctions qu’elle n’est pas habilitée à infliger, mais plutôt de saisir les mécanismes compétents de l’Union africaine afin qu’ils tirent les conséquences prévues par la Charte et mettent en œuvre, le cas échéant, les mesures appropriées à l’encontre de l’État concerné.

Une lecture honnête doit retenir trois éléments : une violation conventionnelle constatée, un autre grief rejeté et une réparation limitée. Ni victoire totale des requérants, ni validation générale de la réforme.

L’absence d’annulation interne ne fait pas disparaître le constat international. On peut critiquer l’insuffisance de la réparation sans en faire la preuve de l’inexistence de la violation. Trimua a-t-il lu les paragraphes 83 et 89 de l’arrêt ?

2. Pas d’appel ne signifie pas aucun recours

Il faut également corriger une formule trop absolue : l’arrêt rendu par défaut n’est pas « insusceptible de tout recours ».

L’article 90 du Règlement prévoit expressément qu’un arrêt par défaut est susceptible d’opposition, dans le délai d’un mois à compter de sa signification. Il précise également qu’il est exécutoire et que la Cour peut, dans les conditions prévues, en suspendre l’exécution.

Faute de disposer ici d’une preuve certaine de la date de signification et d’un état complet des démarches ultérieures, il serait imprudent de déclarer cette voie encore ouverte ou définitivement fermée.

Toutefois, en se référant aux propos tenus très récemment par le greffier en chef de la cour sur une chaîne de télévision sénégalaise, on peut dire que cette voie est définitivement fermée. L’article 90 du Règlement de la Cour de justice de la CEDEAO régit le jugement par défaut lorsque le défendeur, régulièrement mis en cause, ne produit pas de mémoire en défense ou ne répond pas à la requête dans les formes et délais prescrits. Il faut rappeler les principes clés de l’article 90 :

• Constat de défaillance : Si le défendeur régulièrement assigné ne répond pas à la requête, le requérant peut demander à la Cour de lui adjuger ses conclusions.

• Vérifications préalables par la Cour : Avant de rendre un arrêt par défaut, la Cour doit obligatoirement vérifier :

1. Sa propre compétence pour connaître du litige. 2. La recevabilité de la requête. 3. Que les formalités de signification ont été régulièrement et légalement accomplies. 4. Que les conclusions du requérant paraissent fondées en droit et en fait. • Caractère exécutoire : L’arrêt rendu par défaut en application de cet article est exécutoire. La proposition juridiquement sûre est plus simple : une publication doctrinale n’est pas une opposition et ne suspend pas, par elle-même, l’arrêt. Celui qui conteste une décision doit emprunter les voies prévues, lorsqu’elles sont disponibles, plutôt que de demander au débat public de se substituer à la juridiction.

VII. L’effectivité : le Conseil de paix et de sécurité doit examiner ses responsabilités

La question finale dépasse la seule discussion du commentaire de Christian Trimua. L’article 23, paragraphe 5, de la CADEG place les révisions portant atteinte aux principes de l’alternance démocratique parmi les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Son article 24 confie au Conseil de paix et de sécurité des responsabilités lorsque l’évolution du processus démocratique ou l’exercice légitime du pouvoir est compromis. L’article 25, paragraphe 1, prévoit la suspension des droits de participation lorsque le Conseil constate un changement anticonstitutionnel et que les initiatives diplomatiques ont échoué. Ces conditions doivent être respectées. L’arrêt de la Cour ne prononce pas automatiquement la suspension de l’Union africaine ni ne se substitue aux compétences propres du Conseil. Mais il fournit un constat juridictionnel qui justifie que les organes continentaux examinent la situation, motivent leur position et mobilisent les instruments prévus.

L’appel à l’effectivité doit donc être précis : transmission du dossier au Conseil, examen contradictoire de la situation, initiatives diplomatiques, demandes de garanties et évaluation des mesures prévues par la Charte lorsque leurs conditions sont réunies.

Ce qui serait incohérent, ce serait de reconnaître dans les textes les coups de force constitutionnels tout en réservant, dans la pratique, l’attention institutionnelle aux seuls coups de force militaires. Trimua doit lire les articles 23 à 26 de la CADEG.

Conclusion : La souveraineté ne consiste pas à choisir les obligations qui dérangent le moins

Pour conclure, face à cet entêtement à justifier « un changement anticonstitutionnel de gouvernement », je voudrais rappeler que la compromission se paie tôt ou tard, et de différentes façons, surtout pour les intellectuels mercenaires qui se croient plus malins avec leur plume et leurs titres académiques. Ils représentent l’ensemble des composantes de l’élite. « Le 1er niveau est constitué d’intellectuels opportunistes qui se servent de leurs connaissances livresques pour aider les dictateurs à donner un contour idéologique et politique à leur tyrannie… Le tyran peut voler, tuer, emprisonner, torturer… il sera défendu, intellectuellement réhabilité par des « cerveaux » au nom de leurs propres intérêts. Résultat : la plupart de ces intellectuels finissent par s’exiler, sont froidement exécutés ou « se suicident » en prison. Les plus heureux sont ceux qui sont dépouillés de leurs biens et de leurs privilèges avant d’être jetés en pâture au peuple… Un tyran n’a pas d’amis éternels. » Ce n’est pas moi qui le dis, mais un certain Norbert ZONGO, « Le sens d’un combat », dans L’Indépendant, « Édito n° 00 du 03 juin 1993 ».

Christian Trimua soulève des questions qui ne doivent pas être évitées : le titre de compétence, la portée d’un retrait invoqué, la précision du texte contrôlé et l’effectivité du dispositif. Mais leur discussion ne conduit pas nécessairement à la conclusion qu’il propose.

L’article 144 ne neutralise pas, de lui-même, la réserve référendaire de l’article 59. Le maintien en fonction d’une assemblée ne démontre pas, à lui seul, l’existence d’un pouvoir de refondation illimité. Une seconde lecture ne suffit pas à établir la disparition d’un contournement de l’alternance. Et une réparation limitée ne transforme pas une violation constatée en conformité acquise.

Surtout, la controverse sur la compétence du juge ne saurait servir à écarter l’obligation substantielle que le Togo a acceptée : de ne pas utiliser la révision constitutionnelle pour porter atteinte aux principes de l’alternance démocratique.

La bonne foi commande de discuter les deux dimensions, procédurale et matérielle, sans sacrifier l’une à l’autre.

Chacun demeure libre de critiquer l’arrêt. Mais tant qu’une voie juridictionnelle appropriée n’en a pas modifié les effets, le commentaire ne remplace pas la décision. Et les institutions continentales ne peuvent se dispenser d’examiner leurs responsabilités au seul motif qu’un État condamné conteste le raisonnement du juge. Venant d’un universitaire qui a proposé à une citoyenne, sur le plateau télé, d’aller prendre des armes, ce n’est pas très surprenant.

Les colloques, tribunes, consultations opportunistes ou initiatives de circonstance peuvent nourrir le débat doctrinal, mais ils ne sauraient altérer la portée juridique d’une décision rendue par une juridiction compétente. Une fois prononcé, un arrêt tire sa force de l’autorité du droit et de la motivation juridique qui le fonde, et non des réactions politiques ou des tentatives ultérieures de relativisation. Les constructions narratives les plus sophistiquées peuvent chercher à en minimiser les effets, mais elles ne modifient ni les faits constatés, ni les normes appliquées, ni les conclusions auxquelles le juge est parvenu. En droit, la discussion est toujours légitime ; elle ne suffit cependant pas à effacer la force d’un arrêt devenu référence juridique.

La question n’est donc plus seulement de savoir comment défendre une réforme. Il s’agit de savoir comment rendre effectives les garanties africaines contre la confiscation constitutionnelle de l’alternance.

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Togo/Meeting du CNCC à Tsévié : les organisateurs maintiennent leur rassemblement

Wed, 21/10/2026 - 15:45

Malgré les réserves exprimées par le maire de Zio 1, le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) maintient son meeting d’information prévu le dimanche 25 octobre 2026, à 14 heures, à la place Atikoumé de Tsévié. Le regroupement conteste l’indisponibilité du site invoquée par l’autorité communale et soupçonne une volonté d’entraver la tenue de son rassemblement.

Le bras de fer se poursuit entre le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) et le maire de la commune de Zio 1, le Dr Atatsi Ayawo. Dans un courrier daté du 19 octobre 2026, ce dernier a informé les organisateurs que la place Atikoumé de Tsévié, retenue pour leur meeting, n’était pas disponible à la date prévue. Il leur a, en conséquence, suggéré de reporter leur rassemblement.

Une explication que les responsables du CNCC contestent. Selon des informations rapportées par Icilome, le maire aurait auparavant reproché aux organisateurs de ne pas l’avoir informé de la tenue de cette manifestation. L’autorité communale aurait estimé qu’elle aurait dû être préalablement avisée en raison de ses fonctions.

Les responsables du CNCC opposent à cette position leur interprétation des dispositions légales encadrant les manifestations publiques. Ils soutiennent que la réglementation leur impose de notifier le ministre chargé de l’Administration territoriale ou, à défaut, le préfet. Ils affirment avoir accompli cette formalité.

Dans ces conditions, le CNCC considère le courrier du maire comme un « prétexte » destiné à empêcher la tenue de son meeting. Les organisateurs ne comptent donc pas renoncer à leur rendez-vous du dimanche 25 octobre, à 14 heures, à la place Atikoumé de Tsévié.

À travers cette mobilisation, le regroupement entend porter un message politique autour du mot d’ordre : « Non au coup d’État permanent, oui à la restauration de la Constitution de 1992 ».

La tenue effective du meeting reste ainsi au centre des préoccupations, alors que les organisateurs maintiennent leur position face aux réserves exprimées par l’autorité communale.

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Togo : le meeting du CNCC à Tsévié compromis par une demande de report

Wed, 21/10/2026 - 15:39

Prévu le dimanche 25 octobre 2026 à Atikoumé, dans la commune de Zio 1, le meeting du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) fait face à un obstacle. Le maire de la commune a invité les organisateurs à reporter le rassemblement, invoquant l’indisponibilité du site retenu.

Le meeting d’information du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC), annoncé pour le dimanche 25 octobre 2026 à Atikoumé, à Tsévié, pourrait ne pas se tenir à la date prévue. Dans une correspondance datée du 19 octobre, le maire de la commune de Zio 1, Dr Atatsi Ayawo, a informé les organisateurs que la place retenue pour la manifestation ne serait pas disponible ce jour-là.

Selon l’autorité municipale, le site serait occupé par d’autres activités. Une situation qui l’amène à inviter les responsables du CNCC à envisager un report du rassemblement.

« Je suis au regret de vous informer que la place Atikoumé de Tsévié n’est malheureusement pas disponible pour la date du 25 octobre 2026. Il conviendrait, dès lors, que vous envisagiez le report de l’activité à une date ultérieure », a écrit Dr Atatsi Ayawo.

Initialement prévu à 14 heures, ce meeting devait réunir les organisations participantes et leurs sympathisants autour du mot d’ordre : « Non au coup d’État permanent, oui à la restauration de la C92 ».

À travers cette mobilisation, le CNCC entend poursuivre la contestation de la réforme constitutionnelle de 2024 et défendre le retour à la Constitution de 1992.

Pour l’heure, la correspondance du maire invite les organisateurs à envisager un report. Elle ne précise toutefois pas si une autre date ou un autre lieu a été proposé pour la tenue de cette manifestation.

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Togo/Recrudescence des accidents de la route : un facteur important ignoré

Wed, 21/10/2026 - 11:45

Au temps du Général Yark Damehame, ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, on était habitué au bilan semestriel des accidents de la route.Avec son successeur Col Calixte Madjoulba, on n’entend plus rien. Ensuite c’est la Division de la Sécurité Routière (DSR) qui a pris la relève.

Là, ce n’est plus le même rythme. On publie des bilans trimestriels, semestriels et même mensuels comme c’est cas actuellement avec le mois de septembre 2026.Ce bilan rendu public le 8 octobre est bien plus qu’alarmant. Au total 439 accidents de la circulation, 31 décès et 715 blessés, rien que pour le seul mois de septembre. Dans ce bilan, les motocyclistes représentent plus de 38 % des personnes décédées, selon les chiffres communiqués par la DSR lors de sa quatorzième séance pédagogique.

Pour le Commissaire Divisionnaire Dr Tassa Agba, responsable de la DSR, plusieurs pratiques contribuent à accroître les risques pour les motocyclistes. Il cite notamment l’excès de vitesse, la méconnaissance du Code de la route, les surcharges et le non-port du casque. Le transport de plusieurs passagers, y compris des enfants, dans des conditions dangereuses constitue également une source de préoccupation. À cela s’ajoutent la fatigue après de longues heures de conduite et la consommation d’alcool ou de stupéfiants.

C’est un fait et pour réduire l’hécatombe, le respect du code de la route, le port systématique du casque et la prudence au guidon ou au volant peuvent y contribuer. Malheureusement, parmi les facteurs aggravants ce fléau figure l’état défectueux de nos routes. Mais les autorités n’en parlent pas assez.

Regardez cette image au beau milieu des pavés de Lomégan-Djidjolé non loin de la Pharmacie Mathilda dans la Commune du Golfe 5. Cela fait plusieurs jours que ces pavés se sont affaissés avec des risques d’accident. Des images comme celles-ci, il y en a à la pelle à travers le pays. Que coûte l’arrangement de cette voie?

Togo, pays de merde.

Lecorrecteur.tg

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Kozah 1 : La vente de Sodabi et de boissons fortement alcoolisées interdite entre 20h et 6h

Wed, 14/10/2026 - 16:41

La commune de Kozah 1, dans la région de la Kara, s’apprête à renforcer la réglementation sur la vente et la consommation de boissons alcoolisées et de certaines boissons énergisantes. À compter du 1er décembre 2026, leur commercialisation sera interdite entre 20 heures et 6 heures du matin, conformément aux dispositions de l’arrêté municipal n° 009 du 18 août 2026.

Signé le 12 octobre 2026 par le maire, Me N’DJELLE Abby Edah, un communiqué radio annonce l’application effective de ces mesures. Elles visent notamment à protéger la santé publique, à préserver la jeunesse et à maintenir la tranquillité dans la commune.

Le communiqué rappelle également l’interdiction stricte de vendre, d’offrir ou de distribuer gratuitement du Sodabi, des boissons fortement alcoolisées ou des boissons énergisantes aux mineurs. Les autorités municipales entendent ainsi mieux encadrer les activités commerciales et limiter les risques liés à la consommation de ces produits.

Des restrictions autour des lieux sensibles

Les mesures concernent également plusieurs espaces publics et lieux sensibles. La commercialisation et la consommation des boissons visées sont interdites dans un rayon de 200 mètres autour des établissements scolaires, des centres de formation, des structures sanitaires, des lieux de culte et des bâtiments administratifs.

Les marchés, les gares routières ainsi que les espaces publics non autorisés sont aussi concernés par ces restrictions.

Par ailleurs, les producteurs, commerçants et exploitants sont tenus de respecter les normes d’hygiène et de sécurité ainsi que les obligations administratives en vigueur. La vente et la consommation de ces boissons lors des manifestations sportives, culturelles ou officielles nécessitent une autorisation préalable.

Le communiqué met également en garde contre la distribution et la consommation abusives de ces produits pendant les funérailles, les manifestations traditionnelles et les rassemblements susceptibles de troubler l’ordre public.

Une campagne de sensibilisation annoncée

En prélude à l’entrée en vigueur de ces dispositions, une campagne d’information et de sensibilisation sera organisée dans les cantons, les villages, les quartiers et les marchés de Kozah 1.

Le maire invite les populations, les chefs traditionnels, les responsables communautaires ainsi que les associations de jeunes et de femmes à s’impliquer dans la sensibilisation et à contribuer au respect des mesures annoncées.

À travers cette initiative, les autorités municipales entendent renforcer l’encadrement de la vente et de la consommation de ces boissons, avec pour objectif de préserver la santé des populations et la tranquillité publique.

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Coopération Togo-Chine : Faure Gnassingbé et Xi Jinping veulent franchir un nouveau cap

Wed, 14/10/2026 - 12:28

Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et le président chinois, Xi Jinping, ont convenu de renforcer les relations entre leurs deux pays. Reç u à Pékin le mardi 13 octobre 2026, le dirigeant togolais a adhéré à la proposition chinoise d’élever le partenariat bilatéral au rang de « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle », avec l’ambition de produire des retombées concrètes pour les populations.

La coopération entre le Togo et la Chine s’oriente vers une nouvelle étape. Au cours de son entretien avec Xi Jinping, dans le cadre de sa visite officielle en Chine, Faure Gnassingbé a réaffirmé la volonté de Lomé de consolider les relations avec Pékin et de renforcer les échanges dans plusieurs domaines stratégiques.

Le président chinois a proposé d’élever les relations entre les deux pays au niveau d’une « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle ». Cette initiative vise à approfondir les liens bilatéraux et à donner une nouvelle impulsion à un partenariat présenté comme étant fondé sur la confiance mutuelle et une convergence de vues.

Xi Jinping a salué les relations historiques entre les deux pays ainsi que les orientations de développement du Togo. Il a notamment souligné l’engagement du pays dans les réformes et le développement, conformément à ses réalités nationales.

De son côté, Faure Gnassingbé a exprimé sa reconnaissance pour l’accueil réservé à sa délégation et marqué son adhésion à cette nouvelle orientation de la coopération sino-togolaise. Il a réitéré l’attachement du Togo à un partenariat étroit, équilibré et mutuellement bénéfique.

Des retombées concrètes attendues

Au-delà des déclarations d’intention, le Président du Conseil a insisté sur la nécessité de traduire les engagements bilatéraux en résultats tangibles pour les populations togolaises. Il a notamment évoqué les opportunités, les compétences, les emplois et le savoir-faire que cette coopération devrait contribuer à développer.

Cette orientation place les retombées économiques et sociales au cœur des ambitions affichées par les deux pays. Les dirigeants ont ainsi exprimé leur volonté de consolider les acquis de leur partenariat, d’élargir les domaines de coopération et de promouvoir des initiatives concrètes au bénéfice de leurs populations respectives.

En marge de cette rencontre, Faure Gnassingbé s’est entretenu avec Zhao Leji, président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire chinoise. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération interparlementaire et sur la contribution des institutions représentatives au rapprochement entre les deux pays.

La journée diplomatique s’est achevée par un geste symbolique. Le Président du Conseil a déposé une gerbe au Monument des Héros du Peuple, sur la place Tian’anmen, en hommage aux héros de la nation chinoise.

Cette visite officielle illustre ainsi la volonté affichée de Lomé et de Pékin de donner une nouvelle dimension à leur partenariat. Reste à traduire les engagements annoncés en projets et en bénéfices mesurables pour les populations des deux pays.

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AES-Togo : vers un tarif douanier préférentiel

Wed, 14/10/2026 - 12:12

Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le Togo veulent harmoniser leurs pratiques douanières et faciliter les échanges commerciaux. Des experts des quatre pays se réunissent du 12 au 14 octobre à Ouagadougou pour préparer un régime tarifaire préférentiel confédéral.

Les travaux des experts de l’AES et du Togo, réunis à Ouagadougou autour de la facilitation des échanges commerciaux, ont été ouverts par le directeur général des Douanes du Burkina Faso, Yves Kafando. Ils doivent notamment permettre de finaliser le projet de décision instituant un régime tarifaire préférentiel, en définissant les règles d’origine des marchandises et les procédures de certification de leur origine confédérale.

Cette rencontre préparatoire précède la cinquième réunion des directeurs généraux des Douanes de l’AES, prévue les 15 et 16 octobre dans la capitale burkinabè.

Les experts examineront également la mise en œuvre des recommandations de leur précédente réunion, tenue à Bamako les 2 et 3 octobre 2025.

L’interconnexion des systèmes informatiques douaniers et l’adoption des textes communautaires figurent aussi à l’ordre du jour.

Le renforcement des capacités des administrations douanières, avec l’appui de l’Institut des finances publiques du Burkina Faso, sera également abordé.

À l’ouverture des travaux, M. Kafando a plaidé pour une coopération renforcée entre les administrations de l’AES et du Togo. L’objectif est d’harmoniser les procédures, de fluidifier les échanges et de sécuriser les recettes publiques.

Des recommandations seront soumises aux directeurs généraux des Douanes des pays concernés et au commissaire général de l’Office togolais des recettes (OTR) à l’issue des travaux.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé la Confédération des États du Sahel en juillet 2024, après leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Le Togo, qui ne fait pas partie de l’AES, participe à cette concertation douanière dans le cadre du renforcement de la coopération régionale.

HO/te/Sf/APA

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Application de l’Arrêt de la Cour de la CEDEAO : mettons le cap sur le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine

Wed, 07/10/2026 - 21:02

Dans son Arrêt rendu le 29 janvier 2026, la Cour de Justice de la CEDEAO, se basant sur les dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG), a établi que le changement de constitution effectué en mars 2024 au Togo constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement.

Paragraphe 89, page 32 : « Au vu de ce qui précède, la Cour estime que le moment choisi et la teneur de la modification de mars 2024 indiquent que son objectif premier était de contourner les limites imposées au mandat présidentiel par la Constitution précédente, permettant ainsi au président sortant de conserver le pouvoir sous une nouvelle forme institutionnelle en tant que président du Conseil doté de pouvoirs exécutifs presque identiques. Cette manœuvre, effectuée peu avant les élections législatives et sans large consultation nationale, constitue un abus de la réforme constitutionnelle visant à consolider le contrôle politique, contraire aux principes démocratiques consacrés par la CADEG. »

Paragraphe 91, page 32 : « La Cour conclut donc que la modification constitutionnelle adoptée le 25 mars 2024, compte tenu de son timing, de son contenu et de son effet escompté, viole l’article 23(5) de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, et constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement au sens de cette disposition. »

« Sur le fond [La Cour] Constate que le défendeur a violé l’article 23 de la Charte Africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance. » Le « défendeur » dont il s’agit ici, c’est la République Togolaise, ou l’État togolais pris en otage par les militaires depuis 1963 et mis à la disposition du clan Gnassingbé depuis 1967.

La CADEG est une convention continentale signée en 2007 par 46 pays africains, et ratifiée par 39 pays dont le Togo, sous le règne de Faure Gnassingbé. L’alinéa 5 de l’article 23 stipule que « Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique » constitue une violation de la Charte « passible de sanctions appropriées de la part de l’Union. »

Selon la Charte, l’acte posé par l’État togolais ce mois de mars 2024 a la même gravité et appelle aux mêmes sanctions que les situations suivantes : (1) un putsch ou coup d’État contre un gouvernement démocratiquement élu ; (2) une intervention de mercenaires pour renverser un gouvernement démocratiquement

élu ; (3) une intervention de groupes dissidents armés ou de mouvements rebelles pour renverser un gouvernement démocratiquement élu, ou (4) un refus par un gouvernement en place de remettre le pouvoir au parti ou au candidat vainqueur à l’issue d’élections libres, justes et régulières.

Depuis la publication de cet arrêt, des voix s’élèvent pour demander à la CEDEAO, dont la Cour a rendu l’arrêt, de prendre l’initiative de sanctions contre le défendeur, la République Togolaise, ou simplement le gouvernement togolais, émanation du régime militaire qui gouverne le Togo depuis 1963. Du côté de la CEDEAO, silence radio. Et pour cause.

Il y a de fortes chances que les instances de la CEDEAO ne soient pas compétentes pour prendre des sanctions contre le régime militaire togolais. La raison est simple: selon l’article 24 de la CADEG, c’est plutôt au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine que revient l’initiative des sanctions en cas de violation constatée de la CADEG. À notre connaissance, l’Union Africaine n’a pas délégué cette responsabilité à la CEDEAO. Cela signifie qu’il ne faut rien attendre du côté d’Abuja (siège de la CEDEAO) ; c’est vers Addis-Abeba (siège de l’Union Africaine) qu’il faut se tourner. Mais avant d’indiquer comment, une petite historique s’impose.

Bien avant l’Union Africaine en 2007, la CEDEAO elle-même avait en 2001 adopté un protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance interdisant et sanctionnant les changements anticonstitutionnels. Protocole que le régime militaire du Togo a toujours refusé de ratifier, car il se sait en violation permanente de ce protocole, et donc le signer reviendrait à inviter des sanctions sur lui-même. Pour le protocole de la CEDEAO, le régime togolais est un mauvais élève qui a conscience de son statut et l’assume. Par conséquent il y a peu de chances que la CEDEAO puisse exercer une quelconque pression sur le mauvais élève qu’est le Togo dans la mesure où elle n’a jamais réussi à lui faire signer son propre protocole.

Paradoxalement pour la mise en œuvre de la CADEG, le régime togolais fait figure de bon élève, au même titre que le Rwanda (ne riez pas). En effet, les deux pays ont été les seuls à ce jour à avoir soumis des rapports de mise en œuvre de la CADEG, comme le demande la charte. Vous vous demanderiez ce qui est écrit dans un rapport soumis par le Togo. Eh bien seul le bon Dieu sait. Toujours est-il qu’en juillet 2024, la sous-commission de l’Union Africaine pour les Droits de l’Homme, la Démocratie et la Gouvernance a décerné un prix aux deux pays (Rwanda et Togo)

en reconnaissance de leur respect de la clause de la CADEG appelant à la soumission de rapports périodiques (chaque deux ans). Le Togo étant l’un des deux bons élèves sur un effectif de 46, saisir les instances de l’Union Africaine et leur demander de prendre des sanctions contre ce « bon » élève relève d’une gageure.

Compte tenu du verrouillage politique au plan national, les Togolais manquent cruellement d’informations sur comment lancer les initiatives de nature politique à l’échelle régionale, continentale ou mondiale. La Cour de Justice de la CEDEAO a jusqu’ici été l’instance vers laquelle les Togolais se sont le plus tournés pour attaquer les abus du régime militaire qui gère l’appareil d’État. Toutefois, à cœur vaillant, rien d’impossible, dit l’adage. Commençons par la présentation du mécanisme par lequel les Togolais peuvent saisir le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (UA).

Le Conseil est un organe de l’UA animé par 15 membres issus des 5 régions géographiques de l’Afrique, l’Afrique de l’ouest se taillant la part du lion (4 membres), suivie de l’Afrique australe, l’Afrique de l’Est et l’Afrique Centrale (3 membres chacun) et l’Afrique du Nord (2 membres). Pour le mandat 2025-2028, les pays membres du Conseil sont l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Benin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, Eswatini, l’Éthiopie, le Gabon, le Lesotho, le Maroc, le Nigéria, l’Ouganda, la RDC, la Sierra Leone, et la Somalie.

Le Conseil est tenu de se réunir au moins deux fois par mois, et les pays membres peuvent être représentés soit par un Représentant Permanent, soit par un Ministre, soit par le chef d’État ou de Gouvernement. Le président du Conseil assure ses fonctions pour une période d’un mois et passe la main à un autre. Pendant son mandat, il établit le plan de travail mensuel sur propositions des membres du Conseil et du Président de la Commission de l’Union Africaine. Aucun membre du Conseil ne peut s’opposer à l’inclusion d’un point dans l’ordre du jour d’une réunion du Conseil. Depuis le début de ses activités en mars 2004 jusqu’au 23 septembre 2026, le Conseil a tenu 1369 réunions. Le Conseil dispose d’un Secrétariat aux Affaires Politiques, à la Paix et à la Sécurité.

Ces informations sur le fonctionnement du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine sont importantes pour comprendre les potentiels leviers du lobbying que chaque Togolais peut saisir afin d’amener ce Conseil à prendre les sanctions appropriées contre le régime togolais, régime qui depuis plus de deux ans, gère les affaires du pays sur la base d’une « constitution de contrebande »,

pour parler comme un analyste politique. Chacun des 15 pays membres peut donc être approché pour inscrire à l’ordre du jour du Conseil la question du changement anticonstitutionnel effectué en mars 2024 au Togo et des sanctions qui s’imposent.

Pour conclure, il est important de rappeler que dans l’architecture continentale, chaque institution a un rôle bien précis. Quoique l’Arrêt sur la violation de la CADEG ait été rendu par une cour communautaire rattachée à la CEDEAO, aucun organe de cette dernière n’est dépositaire de l’autorité d’application de l’Arrêt. C’est vers l’Union Africaine qu’il faut se tourner, heureusement ou malheureusement.

A. Ben Yaya New York, USA Lundi, 5 octobre 2026

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Sénégal : le « Mistral » français à Dakar relance les interrogations sur le retour de Paris

Wed, 07/10/2026 - 20:56

Le porte-hélicoptères amphibie français « Mistral » a fait escale au port de Dakar du 2 au 6 octobre 2026, dans le cadre d’activités navales conjointes avec le Sénégal. Cette présence intervient quelques semaines avant la visite annoncée du président français Emmanuel Macron à Dakar, les 30 et 31 octobre, et relance les interrogations sur l’évolution de la coopération militaire entre les deux pays.

Accueilli officiellement au port n°2 de Dakar le vendredi 2 octobre, le « Mistral » a été présenté comme un instrument de coopération et d’échange entre les forces armées françaises et sénégalaises. La cérémonie a notamment été l’occasion pour les deux parties de réaffirmer leur volonté de réexaminer leur partenariat stratégique.

L’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, a indiqué que cette nouvelle orientation devait s’appuyer sur des « intérêts stratégiques communs », avec un accent particulier sur la coopération en matière de défense, les échanges d’instructeurs et la formation des militaires.

Cette escale intervient toutefois dans un contexte particulier. La France a progressivement perdu une partie importante de son dispositif militaire en Afrique de l’Ouest ces dernières années. Au Sénégal, le retrait des forces françaises s’est achevé en juillet 2025 avec la fermeture de la dernière base militaire française dans le pays, mettant fin à une présence qui aura duré plus de six décennies.

La présence du « Mistral » à Dakar est donc observée avec attention par certains analystes. Pour eux, les exercices navals et les discussions autour d’une nouvelle coopération de défense pourraient constituer les prémices d’un approfondissement des relations militaires entre Paris et Dakar. Rien ne permet toutefois, à ce stade, d’affirmer qu’un retour permanent des forces françaises au Sénégal est décidé.

La question se pose d’autant plus que la visite d’Emmanuel Macron au Sénégal est annoncée pour les 30 et 31 octobre prochains. Il s’agira, selon les informations rapportées, de la première visite officielle d’un président français au Sénégal depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Elle doit notamment intervenir à la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse.

Cette rencontre pourrait également permettre aux deux chefs d’État d’aborder l’avenir du partenariat entre Dakar et Paris, notamment sur les questions économiques, diplomatiques et sécuritaires. Certaines analyses évoquent déjà d’éventuelles discussions sur un renforcement de la coopération militaire, mais ces hypothèses ne sont pas confirmées officiellement.

Le rapprochement franco-sénégalais intervient alors que Dakar cherche à redéfinir ses partenariats internationaux et à renforcer son autonomie stratégique. De son côté, Paris tente de maintenir une relation avec plusieurs pays africains malgré la réduction de sa présence militaire sur le continent.

La présence du « Mistral » à Dakar apparaît ainsi comme un signal important dans cette nouvelle phase des relations franco-sénégalaises. Elle ne signifie pas nécessairement le retour des bases militaires françaises, mais témoigne d’une volonté des deux pays de maintenir une coopération dans le domaine de la défense.

Reste à savoir jusqu’où ira cette nouvelle dynamique. La visite d’Emmanuel Macron à Dakar, prévue à la fin du mois d’octobre, pourrait apporter des éléments de réponse sur les nouvelles orientations que Paris et Dakar souhaitent donner à leur partenariat stratégique.Cette version évite notamment de présenter comme des faits établis les affirmations concernant un éventuel soutien français à Bassirou Diomaye Faye pour 2029 ou un retour prochain des militaires français au Sénégal, qui relèvent pour l’instant de l’analyse ou de la spéculation.

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Incident sanitaire à l’Aéroport de Lomé : L’art de cacher le soleil avec la main

Wed, 07/10/2026 - 14:56

Il a été constaté un débordement sanitaire à l’Aéroport International de Lomé mercredi 30 septembre 2026 aux alentours de 12h50.Un incident qui a crée des gênes et de l’inconfort aux passagers. Comme dans de pareille situation, il a été lancé une offensive nauséeuse pour tout justifier.  

La Direction  de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) indique qu’il s’agit d’un problème technique lié à la plomberie qui a brièvement mobilisé les équipes sur place. Un siphon a débordé dans la zone d’embarquement, provoquant un écoulement d’eau sur le sol.

Face à cette situation, la réactivité a été immédiate. « Les équipes techniques et de nettoyage ont été immédiatement mobilisées, permettant de maîtriser la situation », indique le communiqué. La SALT précise que cette intervention rapide a permis aux passagers de vaquer librement à leurs occupations sans interruption majeure. La SALT affirme ajoute que ce problème de plomberie « n’a entraîné aucune perturbation des opérations aéroportuaires ni de désagréments physiques » pour les usagers.

Consciente de l’impact que ce type d’événement peut avoir sur l’expérience des voyageurs, la Société Aéroportuaire a conclu son message par un mea-culpa. Elle présente « ses excuses aux passagers et aux usagers de la plateforme pour l’inconfort éventuel » et remercie ces derniers pour leur compréhension.
Plusieurs questions se posent après la sortie de la direction de l’Aéroport.

Que ferait-elle si cet incident n’avait pas été connu du public?  D’autres  se sont produits sans qu’elle ne se prononce. Les victimes de l’incident étant là et certaines vont plus loin que le communiqué, et si la direction insistait plutôt sur les excuses qu’elle a présentées avec  peine?

Au Togo, les dirigeants sont habitués à la fuite de responsabilité et le déni de vérité de sorte qu’il s’est instauré un épais mur de méfiance qui n’arrange rien sur le bien être de la population.
Cet aéroport a déjá enregistré d’autres incidents dont l’eau sur la piste d’atterissage.
Dans le présent cas ,il est urgent qu’un audit technique complet de la structure soit effectué pour évaluer l’infrastructure que  les autourités qualifient de «hub logistique».

Certains avaient déjá dénoncé la qualité douteuse des matériels lors de la construction de l’aérogare.
Vivement l’audit technique afin d’éviter de continuer par jeter l’opprobe sur le Togo en raison des travaux de piètre qualité.

Kokou AGBEMEBIO

Source : Lecorrecteur.tg

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Togo : bientôt un recueil numérique de la jurisprudence accessible en ligne

Wed, 07/10/2026 - 13:55

Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son système judiciaire. Le Conseil des ministres a autorisé la mise en place d’un recueil numérique de la jurisprudence togolaise, qui permettra de consulter en ligne les décisions rendues par les juridictions du pays.

La décision fait suite à une communication du ministre de la Justice et des Droits humains sur la modernisation de l’accès à la jurisprudence nationale. Selon le gouvernement, la diffusion des décisions de justice demeure jusqu’ici « insuffisamment organisée », ce qui limite leur accès par les professionnels du droit, les universitaires, les administrations et les citoyens.

Le futur dispositif devrait ainsi permettre de centraliser et de diffuser les décisions de justice dans un format numérique accessible en ligne. L’objectif est notamment de faciliter la connaissance de la jurisprudence nationale et de renforcer la transparence de l’institution judiciaire.

Pour le gouvernement, l’accès aux décisions rendues par les juridictions constitue un élément important de la sécurité juridique et de la prévisibilité du droit. La connaissance de la manière dont les tribunaux interprètent et appliquent les textes peut également contribuer à une meilleure information des justiciables et des acteurs économiques.

Le projet ne devrait toutefois pas se limiter au numérique. Un recueil physique pourra être édité « lorsque nécessaire », notamment pour tenir compte des personnes qui ne disposent pas d’un accès facile à internet.

La protection des données au cœur du dispositif

La publication des décisions de justice soulève également la question de la protection des données à caractère personnel et du respect de la vie privée. Le gouvernement indique que le futur dispositif devra respecter les règles en vigueur en matière de protection des données personnelles ainsi que les autres secrets protégés par la loi.

L’anonymisation des décisions devrait donc constituer un enjeu majeur dans la mise en œuvre de cette plateforme, afin de concilier l’exigence de transparence de la justice avec la protection des personnes concernées.

Le Conseil des ministres a autorisé le ministre de la Justice à engager la mise en place du recueil, en concertation avec les ministères concernés.

Les modalités pratiques du projet, notamment son calendrier de déploiement, les juridictions concernées et les moyens qui lui seront consacrés, restent toutefois à préciser. Pour l’heure, le gouvernement entend ainsi poser les bases d’un accès plus organisé et plus accessible à la jurisprudence togolaise.

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Togo/Port de Lomé : Rock Gnassingbé renforce la sécurité face au vol de marchandises

Wed, 30/09/2026 - 16:47

La lutte contre le vol de marchandises se renforce au Port autonome de Lomé (PAL). Depuis le lundi 28 septembre 2026, les véhicules, les engins roulants et les personnes sont soumis à des fouilles et à des contrôles physiques systématiques à l’entrée et à la sortie des môles 1 et 2. Toute personne refusant de se soumettre à ces contrôles s’expose à une interdiction immédiate d’accès aux quais.

Ces nouvelles mesures ont été annoncées dans une note d’information datée du 22 septembre 2026 et signée par le colonel Balaïssem Rock Gnassingbé, officier chargé de la sécurité du port, pour le directeur général et par ordre (P.O.).

Dans le cadre de ce dispositif, tous les véhicules et engins roulants doivent désormais faire l’objet d’une fouille systématique. Les personnes accédant aux quais conventionnels sont également soumises à un contrôle physique, aussi bien à l’entrée qu’à la sortie des deux môles.

À travers ces dispositions, la Direction générale du Port autonome de Lomé entend renforcer la sécurité sur les quais conventionnels et intensifier la lutte contre le vol de marchandises.

Le respect strict de ces consignes est exigé de tous les usagers. La Direction générale compte sur leur civisme et leur compréhension pour assurer l’application effective de ces mesures.

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Togo/Police nationale : trois jours de portes ouvertes pour découvrir ses missions

Wed, 30/09/2026 - 12:13

La Police nationale togolaise organise, du 6 au 8 octobre 2026, des journées portes ouvertes à Lomé et dans six villes de l’intérieur du pays. L’initiative vise à permettre aux populations de mieux connaître les missions, les services et les moyens d’intervention de cette institution.

Durant ces trois jours, le public pourra découvrir les coulisses de la Police nationale, à travers diverses activités organisées à la Direction générale de la Police nationale à Lomé et dans les commissariats centraux de Tsévié, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong.

Au programme figurent notamment la présentation de l’historique et de l’organigramme de la police, ainsi que des informations sur les conditions de recrutement. Les visiteurs pourront également s’informer sur les procédures de légalisation rapide et d’établissement de la carte nationale d’identité en procédure accélérée.

Ces journées seront aussi l’occasion pour les populations de découvrir les moyens d’action des forces de police et de visiter leurs services techniques. À travers cette initiative, l’institution entend favoriser une meilleure connaissance de ses activités et renforcer ses relations avec les citoyens.

Les activités se poursuivront au-delà des journées portes ouvertes. Un match de football est prévu le vendredi 9 octobre à 15h30 sur le terrain de JCA-Agoè. Le lendemain, samedi 10 octobre, un footing populaire sera organisé à partir de 6h30 au camp du Groupement d’intervention de la Police nationale (GIPN), à Logopé.

L’accès à l’ensemble de ces activités est libre et gratuit. La Police nationale invite ainsi les populations à venir à la rencontre de ses agents pour « découvrir, apprendre et partager de beaux souvenirs ».

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Togo/Agression à la CDPA : l’officier chargé de l’enquête promu, la procédure bloquée

Wed, 30/09/2026 - 12:10

Deux ans après l’agression de responsables politiques, de journalistes et du député sénégalais Guy Marius Sagna au siège de la CDPA, à Lomé, l’enquête n’a toujours pas abouti. Kafui Adjamagbo-Johnson dénonce un manque de volonté politique et envisage de saisir la justice internationale.

L’enquête sur l’agression survenue le 29 septembre 2024 au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) semble au point mort. Deux ans après les faits, aucune avancée significative n’a été rendue publique. À l’occasion d’une conférence de presse organisée mardi 29 septembre 2026 au siège du parti à Lomé, la députée de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), Kafui Adjamagbo-Johnson, a dénoncé le blocage de la procédure et mis en cause la volonté des autorités de faire la lumière sur cette affaire.

Selon l’opposante, les investigations avaient pourtant bien commencé, avec notamment l’audition de plusieurs victimes et témoins, dont des journalistes. Mais la procédure aurait connu un coup d’arrêt après la mutation de l’officier chargé de conduire l’enquête.

« Certains parmi vous ont été reçus. Nous avons été reçus. Tout semblait aller bien. Et puis, à un moment donné, le processus se bloque », a-t-elle expliqué devant la presse.

La députée affirme que l’officier en charge du dossier a ensuite été muté, avant d’être promu. Elle avance qu’il serait devenu l’actuel directeur général de la police nationale, tout en précisant qu’elle n’en était pas totalement certaine.

Pour Kafui Adjamagbo-Johnson, cette évolution ne saurait justifier l’interruption des investigations, d’autant que l’administration a continué de fonctionner. Elle s’interroge ainsi sur les raisons pour lesquelles l’enquête n’a pas été poursuivie malgré le changement de responsable.

La députée de la DMP voit dans cette situation un « manque de volonté politique » de la part des autorités. Elle estime que l’absence de résultats pourrait s’expliquer par l’intérêt que le pouvoir aurait à ne pas faire aboutir les investigations.

Au-delà de la recherche des auteurs de l’agression, elle considère que cette affaire constitue une menace pour la liberté de la presse et la participation citoyenne. Selon elle, l’impunité entourant ces violences risque d’intimider les journalistes dans l’exercice de leur métier et de décourager les citoyens de s’intéresser à la gestion des affaires publiques.

La DMP a, à plusieurs reprises, réclamé la publication des résultats de l’enquête. Deux ans après les faits, ses responsables déplorent toujours l’absence de réponses judiciaires.

Face à ce qu’elle considère comme une impasse, Kafui Adjamagbo-Johnson évoque désormais la possibilité de saisir la justice internationale afin que les circonstances de cette agression soient élucidées et que les responsabilités soient établies.

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Assemblée nationale : Kafui Adjamagbo-Johnson explique pourquoi elle ne démissionne pas

Wed, 30/09/2026 - 00:03

Deux ans après la réforme constitutionnelle de 2024 et alors que les appels à la démission des députés de l’opposition se multiplient, Kafui Adjamagbo-Johnson entend poursuivre son mandat parlementaire. La députée de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) estime que sa démission doit intervenir au moment opportun et dans le cadre d’une décision concertée de l’opposition. Elle a expliqué sa position, mardi 29 septembre 2026, lors d’une conférence de presse à Lomé, au cours de laquelle elle a également présenté son bilan parlementaire.

La question de son départ de l’Assemblée nationale était au cœur des échanges. Depuis l’arrêt de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la réforme constitutionnelle de 2024, plusieurs voix réclament la démission des députés de l’opposition. Kafui Adjamagbo-Johnson affirme entendre ces appels, sans pour autant vouloir y répondre immédiatement.

« Nous entendons cette demande. Nous la respectons et nous ne l’avons jamais écartée », a-t-elle déclaré. Pour elle, une démission ne doit pas être un simple geste symbolique, mais une décision politique dont les conséquences doivent être soigneusement évaluées.

« Une démission peut être un acte fort. Mais un acte fort posé au mauvais moment peut aussi devenir un acte sans effet », a-t-elle expliqué. Elle n’exclut donc pas de quitter l’Assemblée nationale, à condition que cette décision soit prise au moment jugé opportun et de commun accord avec les autres forces de l’opposition.

Un mandat parlementaire qu’elle entend exploiter

En attendant, la députée de la DMP entend utiliser son mandat comme un moyen de porter les revendications de l’opposition auprès des institutions nationales et internationales. Elle rappelle que l’opposition ne dispose que de cinq sièges sur les 113 que compte l’Assemblée nationale, à l’issue des élections législatives du 29 avril 2024. Ces sièges sont répartis entre l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), l’Alliance nationale pour le changement (ANC), la DMP et les Forces démocratiques pour la République (FDR).

Malgré cette représentation minoritaire, Kafui Adjamagbo-Johnson affirme avoir multiplié les démarches auprès de plusieurs institutions, notamment la CEDEAO, l’Union africaine, l’Organisation des Nations unies (ONU), les représentations diplomatiques et les organisations de défense des droits de l’Homme.

Elle a également sollicité des parlements étrangers et soutenu la proposition de résolution n° 3111 sur le Togo, portée à l’Assemblée nationale française par une députée écologiste. Selon elle, les premiers retours sont encourageants. En juillet dernier, à Yaoundé, elle a aussi remis des documents à des parlementaires réunis dans le cadre de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Un bilan parlementaire marqué par des désaccords

Au cours de la conférence de presse, l’élue de la DMP est également revenue sur ses activités parlementaires depuis le début de l’année 2026. Le 7 avril, elle avait notamment boycotté l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale, organisée conjointement avec une conférence des présidents d’assemblées francophones. Elle entendait ainsi dénoncer ce qu’elle considère comme des dérives de la Ve République. Elle avait plutôt pris part à une conférence de presse des regroupements porteurs du Manifeste Génération Togo.

En commission, elle affirme avoir défendu les préoccupations des associations concernant le projet de loi relatif à la liberté d’association, qui n’a finalement pas été soumis au vote en plénière. Elle a également évoqué son intervention dans le débat public sur le projet de loi relatif à l’écosystème d’innovation, dont le gouvernement aurait retiré la version initiale.

Concernant la loi d’orientation agricole, la députée dit avoir attiré l’attention sur plusieurs difficultés rencontrées par les producteurs, notamment les problèmes fonciers, l’accès aux marchés et les interdictions de vente susceptibles de laisser les paysans avec des stocks invendus.

Elle a, par ailleurs, voté contre la prolongation de l’état d’urgence, estimant que le gouvernement n’avait pas fourni un bilan suffisamment précis. Elle s’est également opposée à la loi sur les aires protégées, en raison, selon elle, des garanties insuffisantes concernant l’indemnisation et le relogement des populations riveraines.

Le gouvernement interpellé sur plusieurs dossiers

L’un des principaux reproches formulés par Kafui Adjamagbo-Johnson concerne l’absence de réponses du gouvernement aux questions parlementaires. Elle affirme que la plupart de ses questions orales, écrites et d’actualité sont restées sans suite.

Parmi les dossiers évoqués figurent notamment les Sentinelles du peuple, l’affaire Laté-Kopé, l’Office togolais des recettes (OTR), la situation des détenus politiques, le PASH-MUT, les « corps habillés à la retraite », la hausse des prix du carburant et le rapport de la Banque mondiale sur la corruption au Togo.

Pour la députée, ce silence traduit un manque de volonté politique et témoigne des difficultés rencontrées par l’Assemblée nationale dans l’exercice de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.

Elle a également dénoncé des entraves à certaines activités parlementaires. Elle cite notamment le déploiement d’un important dispositif policier autour d’une rencontre organisée à Tokoin, le 31 janvier, ainsi que les difficultés rencontrées par une délégation parlementaire lors d’une mission de contrôle à Dapaong, dans la région des Savanes, où elle aurait été reconduite aux limites de la région.

Le 3 juillet dernier, les élus de la DMP ont aussi effectué une visite dans les zones sinistrées par les inondations dans le Grand Lomé. Ils y ont relevé des canaux d’évacuation mal entretenus, des ouvrages de drainage insuffisants et des habitations détruites. À l’issue de cette visite, ils ont appelé le gouvernement à prendre des mesures pour prévenir de nouvelles catastrophes.

L’agression du 29 septembre 2024 toujours sans suite publique

La conférence de presse s’est tenue au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), à Lomé, deux ans jour pour jour après l’agression du député sénégalais Guy Marius Sagna, de participants à une rencontre citoyenne et de plusieurs journalistes, le 29 septembre 2024.

Sur cette affaire, Kafui Adjamagbo-Johnson déplore qu’aucun résultat de l’enquête annoncée n’ait été rendu public, malgré les différentes relances. Elle rappelle également qu’une question orale déposée le 26 janvier 2026 avec les députés de l’ADDI est restée sans réponse.

La députée a ainsi réitéré son appel au gouvernement afin qu’il apporte des éclaircissements sur cette agression, mais aussi sur l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la hausse des prix des produits pétroliers.

Un nouvel appel à la mobilisation le 4 octobre

En conclusion de sa conférence de presse, Kafui Adjamagbo-Johnson a invité les citoyens à se mobiliser autour des mots d’ordre de l’opposition. Elle les a notamment conviés à la rencontre intitulée « Devoir de mémoire, devoir d’engagement », organisée par les regroupements porteurs du Manifeste Génération Togo.

Cette rencontre est prévue le dimanche 4 octobre 2026, à 14 heures, au siège de la CDPA, à Lomé.

En attendant une éventuelle décision collective sur son départ de l’Assemblée nationale, la députée de la DMP entend donc poursuivre son action parlementaire et maintenir la pression sur le gouvernement, tout en continuant ses démarches auprès des institutions internationales.

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