En dépit d'une grande effervescence intellectuelle en France à leur sujet depuis quelques années, les relations internationales n'ont pas encore acquis dans ce pays une reconnaissance qui en ferait une discipline universitaire de plein exercice. Le développement de leur étude et des recherches qui les concernent demeure empirique et éclaté entre de multiples disciplines plus traditionnelles - spécialement le droit, la géographie, l'histoire, la science ou sociologie politique, les sciences économiques, sans oublier diverses sciences naturelles ou exactes. On sait qu'au surplus les principaux centres de recherche se sont développés en dehors de l'Université avec laquelle ils n'entretiennent que des liens épisodiques.
Le présent Annuaire Français de Relations Internationales voudrait concourir à l'amélioration, qui est heureusement en cours, de cette situation. Il souhaite contribuer à la reconnaissance d'une doctrine francophone dans le domaine des relations internationales, alors que les travaux en la matière sont dominés et même écrasés par une abondante littérature anglo-saxonne ou d'obédience anglo-saxonne souvent de grande qualité. Il n'a cependant ni l'ambition ni la prétention de former une « école française », et surtout pas de le faire à lui seul. Le pluralisme intellectuel, la diversité des approches, les débats théoriques sont en effet essentiels pour la vitalité d'une discipline. Rassembler les spécialistes et confronter les tendances, tel est son objectif initial. La formule d'un Annuaire est au demeurant une tradition francophone, avec notamment ce précédent illustre que constitue l'Annuaire Français de Droit International.
Le pluralisme n'implique pas pour autant de se dissoudre dans un éclectisme sans consistance, ou dans un syncrétisme artificiel. Beaucoup des auteurs ici regroupés - mais pas tous - ont en commun de penser que les relations internationales restent dominées par les Etats. Ils ne souscrivent pas aux thèses qui soutiennent que l'Etat est dépassé, que le transnationalisme, la mondialisation et l'autonomie croissante des sociétés civiles le rejettent progressivement en dehors de l'histoire. Non pas qu'ils s'attardent à une conception statique de l'Etat. Il ne s'agit évidemment pas de l'Etat comme totalité close, hérissé de frontières et réalisant la fin de l'histoire. Tout au contraire, on doit constater que l'Etat a toujours démontré et continue à démontrer une remarquable capacité d'adaptation aux transformations idéologiques, politiques, économiques et sociales, qu'il sait organiser ses propres mutations, comme l'atteste par exemple la construction européenne. Il demeure ainsi la forme d'organisation politique indépassable - et la seule légitime - de notre temps. Le XXe siècle a été le siècle de la prolifération des Etats, et rien n'indique que le XXIe rompra avec leur dynamique.
L'Etat ne saurait pour autant être considéré comme une valeur ou comme une fin en soi. Tout au contraire, il est un instrument, il est apporteur de services au profit du groupe qu'il représente. Il doit en particulier être le cadre d'organisation et de garantie de ses libertés, individuelles, collectives et politiques. Aucune autre institution n'est en mesure de remplir ce rôle, si lui-même ne le remplit pas toujours de façon satisfaisante. Au moins ouvre t-il en son sein des possibilités de pression et de contestation qui le rendent perfectible et lui permettent de corriger ses propres erreurs ou lacunes. Comment ne pas songer à cette phrase de Jean Jaurès (la Revue de Paris, 1er décembre 1898), dont le style a plus vieilli que le sens : « Briser les nations ce serait renverser des foyers de lumière et ne plus laisser subsister que de vagues lueurs dispersées de nébuleuses, ce serait supprimer aussi les centres d'action distincts et rapides pour ne plus laisser subsister que l'incohérente lenteur de l'effort universel, ou plutôt ce serait supprimer toute liberté, car l'humanité, ne condensant plus son action en nations autonomes, demanderait l'unité à un vaste despotisme asiatique ».
Cette conception statocentrique n'ignore pas l'existence de phénomènes transnationaux, et pas davantage le fait que les Etats deviennent de plus en plus des machines à négocier des réglementations ou régimes internationaux. Ils sont de plus en plus intégrés dans des réseaux multiples de solidarités et d'interdépendances. Il sont également soumis au contrôle, à la critique, à la pression et à la concurrence de groupes multiples, qui définissent pour eux-mêmes leurs cadres intellectuels, matériels et géographiques d'activité. Mais ce n'est pas tant à la disparition des frontières que l'on assiste qu'à leur diffusion ou à leur démultiplication. L'atténuation des frontières étatiques - au demeurant très relative en dehors de la construction européenne - ne se traduit pas en effet par la naissance d'une société internationale œcuménique. Elle conduit bien davantage à la multiplication de barrières invisibles mais sensibles entre groupes, cultures, minorités, régions, intérêts, niveaux de développement économique et technologogique, etc .. L'Etat reste cependant la première des institutions internationales et la source essentielle de toute régulation internationale.
Ce phénomène est particulièrement visible dans le domaine économique, celui qui est actuellement le plus marqué par la mondialisation ou globalisation. Il se traduit en apparence par la dépossession progressive des Etats de l'une des sources de puissance essentielles. La production comme la distribution des ressources paraissent de plus en plus obéir à une logique indépendante de l'action et des politiques volontaristes des Etats. On assiste bien davantage en réalité à un déplacement des cadres et des conditions de leur intervention. Si aucun Etat individuel ne peut plus se soustraire à la pression des échanges internationaux qui sont conduits par des sociétés privées, il n'en reste pas moins que cette libération des échanges doit être doublement organisée : d'une part par l'ouverture progressive des marchés qui se réalise au travers d'accords interétatiques ; d'autre part par le développement de nouvelles règles du jeu, sur le plan monétaire, commercial, comme sur ceux de l'environnement, de la santé publique, demain peut être de la protection sociale. Une telle organisation ne peut être réalisée que par des accords interétatiques, et les acteurs privés sont eux-mêmes de plus en plus demandeurs de ces réglementations internationales, productrices de stabilité, de prévisibilité et de sécurité des échanges.
On fait également grand cas des nouvelles formes de conflits qui traduisent la perte de maîtrise des Etats en matière de sécurité, leur impuissance face à une violence civile diffuse, l'inadaptation de leurs réactions en présence de violences collectives et massives qui débordent leurs capacités préventives, correctrices ou répressives. Les systèmes de sécurité traditionnels paraissent sans prise sur une conflictualité irrationnelle, face à l'intransigeance de groupes qui récusent tout compromis, sortent de la logique des négociations traditionnelles et reposent sur la récurrence émiettée d'une logique totalitaire. Ces conflits ont marqué les dix dernières années, après la disparition de l'affrontement Est-Ouest. Il n'en reste pas moins que les solutions passent toujours par un retour à une logique interétatique, et que la recherche d'une nouvelle stabilité repose toujours sur un effort de reconstruction de structures étatiques. En d'autres termes, les « sociétés civiles » sont souvent les problèmes et les réponses étatiques toujours les solutions.
L'AFRI aspire à être un lieu où se retrouvent des spécialistes de toutes les disciplines concernées, dans la mesure où elles comportent un objet international. Il se situe dans un cadre universitaire, qui est originellement celui de l'Université Panthéon-Assas (Paris II), et de son centre de recherche en relations internationales, mais n'entend nullement s'y confiner. Il a en effet vocation, au-delà de ce pôle organisateur, à manifester la présence des universités, de leurs centres de recherche et de leurs chercheurs dans un domaine où ils restent insuffisamment nombreux mais surtout dispersés et trop souvent isolés. Les contributions à ce premier volume montrent bien qu'il existe dans de nombreuses universités un vivier de spécialistes compétents et actifs.
Disposer d'un socle universitaire ne signifie pas non plus retenir une conception fermée ou exclusive de la recherche. Tout au contraire, il importe qu'elle soit ouverte à un grand nombre d'experts extérieurs, soit qu'ils appartiennent à des centres de recherche non universitaires, soit qu'ils proviennent de milieux professionnels. Bénéficier de leur expérience internationale et d'une réflexion qui s'appuie sur une pratique est un élément indispensable. Il n'y a pas contradiction mais complémentarité entre une recherche spéculative, soucieuse de concepts sinon de paradigmes, et les conclusions plus concrètes et plus analytiques que l'on peut retirer de la connaissance personnelle de domaines spécialisés. C'est là encore une combinaison que l'AFRI s'efforce de réaliser : le sommaire de ce premier volume en témoigne.
La structure de l'AFRI comporte deux parties. La pemière est consacrée à des études, qui sont pour partie regroupées autour d'un thème organisateur, et s'attachent pour une autre partie à des questions variées - problèmes d'actualité, questions de doctrine ou de théorie. La deuxième partie comprend une série de rubriques, chacune placée sous la direction d'un responsable, qui traitent de questions choisies dans un secteur particulier des relations internationales, et permettent de dresser un tableau d'ensemble pour l'année de référence. Les responsables des différentes rubriques constituent le Comité de rédaction. Enfin, une bibliographie critique recense un choix d'ouvrages ou articles sélectionnés dans les principaux pays francophones. Nous espérons que cette structure pourra s'enrichir à l'avenir. En toute hypothèse elle reste soumise à examen permanent et les avis et critiques des lecteurs - qui ont vocation à être de futurs auteurs - seront toujours les bienvenus.
Pour les lecteurs, l'AFRI s'adresse à un public large et divesrsifié : les universitaires et leurs étudiants, les chercheurs, mais aussi les observateurs que sont les journalistes spécialisés et les praticiens des relations internationales - diplomates, fonctionnaires internationaux, membres des ONG, parlementaires ... Le choix des problématiques développées est destiné à fournir à un public très varié des études originales qui leur permettront de trouver tous les ans la quintessence des débats en cours et les informations plus précises relatives à leurs domaines d'études ou d'expertise. L'AFRI souhaite ainsi démontrer la complémentarité de la recherche académique et de la pratique gouvernementale, administrative et associative.
Il reste à remercier tous ceux, nombreux, qui ont accepté rapidement et efficacement de coopérer à la préparation de ce premier volume -membres du Comité de parrainage, du Comité de rédaction-, auteurs. Leur nombre, leur diversité, la qualité de leur concours montrent clairement que cet Annuaire répond à un besoin, et qu'il peut s'appuyer sur un réseau très diversifié de chercheurs. Les remerciements s'adressent également à l'éditeur de ce volume, qui s'est lancé avec détermination dans cette entreprise, soulignant au passage son intérêt pour la francophonie. Ils ne seraient pas complets s'ils oubliaient le Ministère des Affaires étrangères français, dont le soutien matériel a permis la réalisation du projet - dans un respect total, il va sans dire, de l'indépendance de l'AFRI et de ses auteurs. C'est le moment de préciser que tous les auteurs se sont exprimés en toute liberté, et que les opinions qu'ils peuvent manifester leur sont personnelles, sans engager en quoi que ce soit les institutions auxquelles ils appartiennent.
Degmo ALI : La transformation du conflit somalien et les effets de l'intervention internationale depuis 1992
Abderrahman ALLWAIHEG : Les relations franco-saoudiennes (1995-2015)
Mohamed ALMARZOOQI : Menaces régionales et stratégies des pays du Golfe – Le rôle de la France
Mohamed BAHOU : L'émergence du Sahara comme espace sécuritaire depuis 2011
Emmanuel BOURDONCLE : Le traité comme concept et outil juridique en droit international public - Racines antiques et significations contemporaines
Vincent DE KYSPOTTER : Le renseignement dans les opérations du maintien de la paix – Du multiplicateur d'effets tactiques à la stratégie d'une approche globale
Chloé de PERRY SIBAILLY : La reconnaissance d'État en droit international - Étude de la pratique récente
Grégoire GAYARD : Les activités internationales des entités fédérées - Comparaison des politiques internationales du climat de la province du Québec et des régions francophones de Belgique
Béatrice HAINAUT : L'émergence d'une norme : le code de conduite pour les activités spatiales, sous leadership franco-américain
Pablo Horacio HERNANDEZ GONZALEZ : Les coopérations internationales de l'Agence Spatiale Mexicaine (AEXA)
Barbara HILD : La liberté d'expression des personnes détenues
Aurore LASSERRE : Le cinéma américain post-11 Septembre - Représentations internationales et projection nationale (2001-2012)
Perrine LE MEUR : La stratégie normative des organisations non gouvernementales
Mathilde MASSE : La compétence pénale internationale des juges internes à l'égard des crimes internationaux
Leila MURR : La diplomatie culturelle, ses enjeux, ses limites – Le cas particulier des relations France – Qatar – Arabie Saoudite
Keyvan PIRAM : Pays exportateurs de pétrole : implications politiques de l'exploitation pétrolière
Ali RACHED : L'adaptation du dispositif international de non-prolifération à la « troisième vague » de dissémination d'armes nucléaires et radiologiques
Hewane SEREQUEBERHAN : La France, l'UE et les opérations militaires européennes Artemis (2003) et Eufor (2006) en RDCongo - Analyse décisionnelle d'une européanisation
Manon-Nour TANNOUS : Les relations franco-syriennes sous les deux mandats de Jacques Chirac (1995-2007) : un cas de bilatéralisme de levier
Netton Prince TAWA : Les stratégies des anciennes puissances coloniales dans la résolution des conflits armés internes en Afrique après 1994 – Les cas de la Sierra Leone et de la Côte d'Ivoire
Etude Institut Choiseul / Havas Worldwide Paris :
« Financer la croissance africaine en 2015-2020. Perceptions des investisseurs internationaux »
L’Institut Choiseul et Havas Worlwide Paris s’associent pour créer Havas Horizons, une offre nouvelle et inédite au service des entreprises et des institutions souhaitant développer leur activité dans les pays émergents.
Retrouvez ici les résultats de la première étude consacrée au financement de la croissance africaine dont les résultats ont été présentées lors de la conférence débat du mardi 24 mars en présence de :
- Jean-Marie Bockel, Sénateur du Haut-Rhin, Ancien ministre, Auteur du rapport parlementaire « L’Afrique est notre avenir »,
- Olivier Canuel, Directeur Afrique et Moyen-Orient de Gras Savoye,
- Vincent Le Guennou, Co-fondateur, Managing Director et co-CEO d’Emerging Capital Partners (ECP),
- Jean-Michel Severino, Gérant d’Investisseurs et Partenaires (I&P) et Ancien Directeur général de l’Agence française de développement (AFD).
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Les auteurs qui souhaitent proposer des textes à l'AFRI sont priés de respecter les indications suivantes. Les articles proposés seront soumis au Comité de rédaction et de lecture qui les acceptera ou non, et pourra demander précisions, corrections, compléments.
1. - Un article comprend au maximum 40 000 – 45 000 signes, espaces et notes compris. Sa présentation répond aux règles académiques et éditoriales ordinaires en ce qui concerne le plan, les notes et citations. Merci de respecter les règles de présentation suivante : Garamond 12, interligne 1, pas de style prédéfini, subdivisions en I, A, 1..., notes de bas de page en garamond 10 avec noms des auteurs référencés en petites majuscules soit, par exemple, Geneviève Dreyfus-Armand, L'exil des républicains espagnols en France, Albin Michel, 1999, 490 p.").
2. - Au texte doivent s'ajouter :
(a) Un résumé en français (10 lignes max.) et un abstract en anglais (si vous ne pouvez pas le fournir, le résumé sera traduit par le Centre Thucydide)
(b) Une liste de mots clés pour l'index matières, et une liste des noms propres cités au texte (et non dans les notes) pour l'index des noms
(c) Une courte bio, publiée en fin de volume, et vos coordonnées postales pour l'envoi du volume et des tirés à part
3. - La date de remise des articles est fixée au 15 novembre, date qui est nécessaire à la mise au point du manuscrit en vue de sa publication au printemps suivant. Passé cette date, la publication de l'article ne peut plus être garantie.
4. - Des corrections et actualisations pourront être apportées au texte remis jusqu'au 15 janvier. Elles doivent figurer en gras dans le texte initial, afin de faciliter leur insertion dans le manuscrit.
5. - Les textes des articles, accompagnés des résumés, abstracts, mots clés, bio et adresse postale sont à envoyer, de préférence par courriel doc. joint au format Word, à Sophie Enos Attali, secrétaire de rédaction ou à Serge Sur, directeur de l'AFRI.
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Biological Weapons Convention 40th Anniversary Event
This article originally appeared in the Scientific American Forum.
Brainlike computer chips, smart pharmacology and other advances offer great promise but also raise serious questions that we must deal with now.
SA Forum is an invited essay from experts on topical issues in science and technology.
Editor's Note: This essay was produced in coordination with the World Economic Forum.
In the past four decades technology has fundamentally altered our lives: from the way we work to how we communicate to how we fight wars. These technologies have not been without controversy, and many have sparked intense debates that are often polarized or embroiled in scientific ambiguities or dishonest demagoguery.
The debate on stem cells and embryo research , for example, has become a hot-button political issue involving scientists, policy makers, politicians and religious groups. Similarly, the discussions on genetically modified organisms (GMOs) have mobilized civil society, scientists and policy makers in a wide debate on ethics and safety. The developments in genome-editing technologies are just one example that bioresearch and its impact on market goods are strongly dependent on social acceptance and cannot escape public debates of regulation and ethics. Moreover, requests for transparency are increasingly central to these debates, as shown by movements like Right to Know , which has repeatedly demanded the labeling of GMOs on food products.
Ethical and regulatory challenges
On March 4 the World Economic Forum released its list of the top 10 emerging technologies for 2015 . It includes advances that aim to resolve some of the ethical debates posed by an earlier generation of technologies as well as others that will bring about new ethical and regulatory challenges. The notion of “emerging” technology does not necessarily mean that all such advances are new or revolutionary by themselves. Some have already been around for years or, in various forms, for decades (for example, fuel-cell vehicles, artificial intelligence, the digital genome, additive manufacturing methods). They are now transitioning to a new phase, however, becoming more widely used or incorporated in consumer goods. In one way or another all these technologies are bound to gain more ground in coming years.
Precise genetic-engineering techniques will likely solve some of the main controversial elements in the GMO debate—for example, the fact that genetic engineering was neither precise nor predictable . The range of procedures associated with GM crops is precise in the initial process of cutting and splitting genes in the test tubes. But the subsequent steps are uncontrolled and some mutations can occur and alter the functioning of the natural genes in potentially harmful ways. A technique that would achieve greater accuracy and greater predictability over genetic mutations is, of course, a net improvement on conventional GMOs. It is, however, critical that this technique is properly studied and implemented in a sustainable way and that it doesn’t just give renewed legitimacy to genetic engineering in agriculture.
More accuracy is also expected in the operation of drones with the adaptation of the sense-and-avoid equipment. This will have unequivocal security benefits, helping unmanned aerial vehicles avoid collisions with other drones or piloted aircraft. The critical offshoot of this innovation is that it will encourage and enable the operation of a larger number of drones, a development which can be both welcomed (for instance, China flies drones to help fight pollution ) and anticipated, as the growth in dangerous drone flights around populated areas appears to be developing ahead of regulations.
Autonomous systems, artificial intelligence (AI) and robotics, while already decades-old technologies, will continue to expand their functionalities and enter new eras of continual specialization. More intuitive, emergent AI could change speech and conversational software with unprecedented precision, helping millions of people and also redefining the way we command and interact with computers.
Robots as intelligent as humans
New-generation robotics will increasingly have more autonomy and capacity to react without preprogramming, which complicates current debates on robotics: The trust and reliance invested in a robot will have to be greater, bringing robots closer to the point of being on par with us. Neuromorphic chip technology further illustrates this. It is among the most revolutionary developments in AI and a radical step in computing power. Mimicking the intricacies of the human brain, a neuro-inspired computer would work in a fashion similar to the way neurons and synapses communicate. It could potentially learn or develop memory. This would imply that, for instance, a drone equipped with a neuromorphic chip would be better at surveillance, remembering or recognizing new elements in its environment.
Immediate ethical red flags emerge, however: Building neuromorphic chips would create machines as smart as humans, the most intelligent species on the planet. These technologies are demonstrations of human excellence yet computers that think could be devastating for our species and, as
Marvin Minsky
has put it, they could even keep humanity as pets.
The interest in smart machines is now also pursued in additive manufacturing methods, which are increasingly integrating smart materials into manufacturing. These materials could adapt, change properties, interact or respond to their environments. With
4-D Printing
, which takes into account the transformation that occurs over time, some materials will adapt and repair by themselves without maintenance or they could be preprogrammed to disintegrate on their own. This will raise new questions of standardization, traceability and copyright.
More radical disruptions will occur once the technology transitions to the organic world, making it possible to assemble biomaterials that evolve and develop on their own, design cancer-fighting robots that would release antibodies only in contact with cancerous cells, and so on. The moment of the print button for biology is nearing. Effectively, this could also mean that in a not too-distant future smart pharmacology will permit us to receive a continuous supply of antidepressants or neuroenhancers every time our dopamine level drops. The ethical consequences of such developments should be thought through. Having our emotions controlled in detail by smart machines will pave the way for dangerous forms of dependences and new understandings of our humanity and the emotions that define us.
Genome-based treatment, based on wider and cheaper availability of genome data, will provide new ways to customize the therapeutic protocol and enhance our control over diseases and medical treatment. The speed, accuracy and costs of genome-reading have changed dramatically in just a matter of years: A decade ago this process was a billion-dollar effort whereas today the price has dropped sharply to around $8,000. In cancer treatment, for instance, this will allow transitioning from broad-spectrum chemotherapies to more individualized diagnoses and targeting of specific malfunctioning genes. As we are truly starting to gain more precise tools to fight life-threatening diseases, a range of other issues arise. Pervasive global inequalities will still prevent millions of people from enjoying the benefits of such treatments, even in a context of decreasing costs of genome sequencing. Furthermore, a range of security and privacy risks associated with data storage of genome data will invariably arise and require protective mechanisms, especially as such databases are often shared for security reasons (for example, between international police forces), increasing the possibility of hacking or abuse by authorities.
Inevitably, the emerging technologies of the future will redefine our understanding of biology, the material world and manufacturing. The implications will further extend into geopolitics and global balances of power. Fuel-cell vehicles are finally expected to make their way to the market and reduce dependency on oil or emissions that contribute to climate change. In the long term, this will accentuate the vulnerability of oil-dependent economies and recalibrate geopolitical relations. Recyclable thermostat polymers, reportedly discovered by accident , will dramatically change fabrication and manufacturing, leading to new standards in industries. Globally, the advent of distributed manufacturing is bound to lead to a reassessment of the meaning of value chains and infrastructure. Rather than ship parts of a given product, some companies will simply trade information, leaving it to the customer to finalize the product’s manufacture. A suite of other technologies such as 3-D printing, informatics and robotics are enabling a paradigm shift to a dematerialized future with endless possibilities for customization.
Changes ahead
As always, we must welcome innovation and the benefits it brings us. But we must also remain committed to sustainable development, taking into account issues of inequality, human dignity and inclusiveness. Finally, this year’s top emerging technologies also remind us of the importance of political commitment. Take the example of the transition toward fuel-cell vehicles: it will require huge infrastructural adaptations and conversions. In fact, it’s estimated that if the U.S. spent the same amount of money it took to put a person on the moon ( $100 billion in today’s dollars ), the shift to hydrogen-powered cars and refueling stations that pump hydrogen would be significantly eased. Often the technology itself is available but only a massive exercise of political will can bring about change.
Some technologies might progress independently of political support. But good governance , examinations of dual-use risks and ethical considerations must still remain guiding posts at all times. Ultimately, how we approach the regulation of emerging technologies will inevitably have wide implications—not only for security and ethics but for our definition of human dignity and the equality of individuals.