Le groupe néerlandais Damen a livré au Nigéria quatre vedettes du type Stan Patrol 1605. Ces bateaux de 16.15 mètres, armés par un équipage de 6 marins et capables d’atteindre une trentaine de nœuds, ont une coque en aluminium et sont dotés de structures en matériau composite pare-balle (GRP). Ils sont destinés à la protection du terminal méthanier de Bonny et assureront l’escorte des navires qui le desservent.
(BRUXELLES2) Le dernier rapport publié par la Chambre des Lords (House of Lords) il y a quelques jours, titre sur l’échec de l’opération EUNAVFOR Med Sophia. Mais quand on lit non pas seulement le communiqué de presse, mais le rapport dans son intégralité, la vision de l’échec mis en avant par les Lords s’avère quelque peu différente. Et le rapport, pour le moins léger, mis à part quelques réflexions pour le moins « originales »…
Un échec européen pointe un Lord…
L’opération n’aurait pas atteint ses objectifs en matière de lutte contre le business model des passeurs de Libye vers l’Europe, tonne le président de la sous-commission aux affaires européennes, Lord Tugendhat. Un nom qui ne parlera qu’aux plus anciens (et sages) de nos lecteurs. Christopher, de son prénom, était commissaire européen au Budget sous la Commission … Jenkins (1977-1981 !). Mais à 79 ans, le gaillard a encore des tripes… surtout quand il s’agit de pourfendre l’Europe. Presqu’une seconde nature chez un Britannique.
« Cette mission a sauvé des vies. C’est une considération importante. Mais elle n’a pas réussi à stopper ou interrompre le flux d’immigration en provenance de la Méditerranée, et détruire le business model. (…) Le problème est l’absence d’un Etat stable en Libye. Quand vous avez un Etat stable, comme au Maroc, il y a peu de mouvements de personnes à travers la Méditerranée. » Lord Tugengdhat
Un échec mais quel échec ?
Ce constat, on peut d’une certaine façon le partager. Près d’un an après son lancement, l’opération n’a toujours pas atteint sa pleine opérationnalité. Le flux des immigrants continue. Et la Libye est toujours un pays instable. Mais il est très facile de demander des résultats à une opération qui n’en est qu’à sa première année. En matière de lutte anti-piraterie, il a fallu 3-4 années avant de voir les premiers résultats tangibles. Il faut surtout se poser la question de l’origine de l’échec libyen. Question plus délicate qu’évite le rapport…
Qu’apporte ce rapport ? Des considérations générales plutôt convenues
Sur le fond, le rapport n’apporte en fait aucune information nouvelle. Quand on lit le rapport intégralement, il est d’ailleurs beaucoup moins critique que le communiqué de presse. Et les recommandations des Lords recoupent, en grande partie, la feuille de route dressée par l’Union européenne.
Une opération qui fait davantage du sauvetage en mer que de la dissuasion
Sur le fond, le rapport n’apporte aucun élément vraiment nouveau. Il pointe un problème fondamental de l’opération : être davantage une opération de sauvetage en mer qu’une opération de dissuasion des passeurs. C’est un fait ! Inutile de tourner en rond. Les quelque dizaines de passeurs « remarqués » et arrêtés à leur descente du bateau en Sicile sont en général des seconds couteaux. Et, faute de bateaux en bois, les opérateurs du trafic ont opté pour des canots pneumatiques. Le trafic a peut-être été perturbé, ralenti un peu, mais il continue.
La destruction du business model ne pourra se faire qu’en Libye et avec les Libyens
Le rapport met en lumière un fait, qui est une évidence, aux yeux de tous : une réelle destruction du business model des passeurs ne pourra se faire que dans les ports d’embarquement du trafic, sur les rivages et à terre. C’est une réalité qui est, déjà, prise en compte pour les phases 2b et 3 de l’opération. Ces phases sont soumises à un obstacle d’ordre politique : leur acceptation par un gouvernement légitime libyen. Pour cela, il faut un gouvernement légitime reconnu par tous à l’intérieur du pays, à commencer par l’assemblée reconnue légitime, le Parlement de Toubrok. Et, personne, ou presque, n’envisage de passer outre cette condition.
Ne pas confondre le remède et la cause
Mettre cette impossibilité au débit de l’opération EUNAVFOR MED est plutôt anachronique, surtout venant d’un Britannique. Car l’instabilité libyenne est peut-être davantage le fait de l’intervention militaire, menée de concert par le Royaume-Uni et la France, en 2011, que de l’opération européenne. EUNAVFOR Med cherche, en fait tant bien que mal à pallier aux effets de cette instabilité. Effectivement, soigner un cancer avec des cachets d’aspirine n’est pas très efficace. Mais faute d’autres traitements et de rayons X, que peut-on faire ?
Une opération en cours d’évolution
Le rapport est, en fait, quelque peu daté. Car depuis plusieurs semaines une évolution s’est fait jour. Les pays qui militaient pour une opération plus robuste (1), depuis plusieurs mois, — le Royaume-uni et la France notamment — sont en passe d’obtenir gain de cause. Même s’il y a quelques résistances, la discussion est bien entamée sur l’évolution du mandat depuis la réunion d’avril. Et le feu vert de principe est déjà acquis (Lire : Deux nouvelles tâches pour l’opération SOPHIA. Feu vert des 28).
… et une ou deux propositions … originales (farfelues ?)
Dans le rapport, en revanche, on trouve quelques « pépites » qui traduisent un présupposé plus idéologique qu’opérationnel.
Privatiser les moyens de sauvetage ?
A écouter un éminent expert du Royal United Services Institute (RUSI), ancien commandant de la Royal Navy, il faudrait recourir aux « moyens commerciaux privés » pour le sauvetage en mer, au lieu de moyens militaires trop couteux !
Utiliser des moyens aériens plus adaptés ?
Cet expert du RUSI critique également les moyens aériens utilisés – faits « pour détecter des sous-marins en Arctique » souligne-t-il.
En tout cas, on peut noter que les donneurs de leçons britanniques se sont bien gardés de mettre en évidence un point notable. Si la marine britannique est bien présente depuis le début de l’opération avec un navire sur zone, les moyens aériens à la cocarde rouge-blanc-bleu sont plutôt une denrée rare. Zéro avion de reconnaissance ou de surveillance maritime que ce soit de la Royal Air Force ou de la Marine britannique. Quant à l’hélicoptère … basé à Malte (!), il est rentré à la maison ou resté sur le tarmac. Chut…
(Nicolas Gros-Verheyde)
(1) Ils étaient assez seuls en général. De nombreux pays — comme l’Allemagne, l’Irlande ou la Suède — étaient assez satisfaits d’une opération qui se cantonne au sauvetage en mer
(B2) Un convoi logistique de la force des Nations Unies au Mali, la MINUSMA, a été victime d’une embuscade à environ 15 km au nord d’Aguelhok, dans la région de Kidal, mercredi (18 mai). Le convoi a « heurté un engin explosif improvisé » et a été par la suite « attaqué par un groupe armé non identifié », selon le communiqué de la MINUSMA. Bilan : cinq casques bleus tchadiens tués, trois autres blessés.
Cette attaque — comme celle de la mi-février qui avait coûté la vie à sept soldats guinéens — a été revendiquée par le groupe Ansar Dine. Depuis le début de l’opération de maintien de la paix, en juillet 2013, plus de 90 personnels de la Minusma ont été tués, en grande partie des Africains. Les Tchadiens payant le prix le plus lourd, totalisant désormais 30 victimes dans leurs rangs (lire aussi cet article de Jeune Afrique).
Une opération ‘Medevac’ de Barkhane
Les Français de la force Barkhane ont participé aux secours, envoyant deux hélicoptères, un Puma médicalisé et un Caracal, ainsi qu’un détachement armé pour évacuer les blessés et sécuriser la zone. Les blessés ont été rapatriés vers le poste médical français de Tessalit « où ils ont été pris en charge » annonce l’état-major des armées, avant d’être confiés à la MINUSMA.
L’UE appuie la MINUSMA
La porte-parole de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères a exprimé « ses condoléances » aux familles des soldats décédés, souhaitant un « rétablissement rapide aux soldats blessés » et réitérant son « plein appui à la MINUSMA et aux pays contributeurs des troupes à cette opération » (1). Pour l’Union européenne « les terroristes ont démontré encore une fois leur mépris de la volonté du peuple malien à vivre en paix ».
(NGV)
(1) Plusieurs Etats membres de l’UE — Pays-Bas, Suède, Allemagne, Rép. Tchèque — contribuent à la MINUSMA
(Mis à jour ven. 20 mai et sam. 21 mai) avec la déclaration de l’UE et des précisions sur les circonstances – la revendication de Ansar Dine, le nombre de victimes de la Minusma.
Le paquebot Queen Mary 2 défiera bien des multicoques au cours d'une course transatlantique intitulé The Bridge entre Saint-Nazaire et New York à l'été 2017.
À lire sur le sujet
Un hélicoptère Super Puma des forces aériennes helléniques (crédit : armée de l’air grecque – archives B2)
(B2) Très rapidement, les trois principaux pays les plus concernés par le crash de l’avion A320 Airbus d’EgyptAir survenu dans la nuit de mercredi à jeudi (19 mai), ont dépêché sur place des moyens aériens et maritimes, sur la zone supposée du crash, situé entre l’ile grecque de Karpathos et la ville d’Alexandrie. C’est le centre égyptien de coordination, de recherches et de sauvetage en mer (JRCC) qui coordonne les secours, le lieu de l’accident se situant dans la zone de secours égyptienne (lire : Qui coordonne les secours en cas de crash d’avion ? Pourquoi l’Egypte ?).
Moyens égyptiens et grecs
L’Egypte a déployé des moyens – avions de reconnaissance – et un navire, comme en témoigne cette vidéo prise sur les liens du crash.
Les forces armées grecques ont déployé dès jeudi un avion C-130 militaire, un avion de reconnaissance aérienne Erieye EMB-145 H. Un autre C-130 fait également en route vers la zone, ainsi que la frégate Nikiforos Fokas et un hélicoptère Super Puma.
Falcon 50, puis Atlantique 2 et le Jacoubet
De son côté, la marine nationale française a mobilisé, dès jeudi matin (19 mai), un avion de surveillance maritime Falcon 50, de la flottille 24F, initialement engagé dans l’opération européenne EUNAVFOR Med Sophia. Il a ensuite été relayé par un avion Atlantique 2 (ou ATL2), qui a décollé de la base d’aéronautique navale de Hyères, au matin de vendredi (20 mai). L’ATL2 a rapidement été « réorienté vers une nouvelle zone » par le centre égyptien de coordination des secours (JRCC).
Un patrouilleur de haute mer, l’Enseigne de vaisseau Jacoubet (F-794), a appareillé, vendredi, du port militaire de Toulon pour rejoindre la zone. A son bord, indique la marine nationale « du matériel et des équipes spécialisées pour les recherches sous-marines d’épave » : un médecin (en plus de l’infirmier du patrouilleur), deux enquêteurs (OPJ) de la gendarmerie maritime et de la gendarmerie de l’air spécialisés et deux marins de la cellule d’expertise de la plongée humaine et de l’intervention sous la mer (CEPHISMER). Il devrait être sur place lundi.
Selon les « besoins exprimés par les autorités égyptiennes, d’autres moyens de la Marine nationale pourraient être envisagés » indique-t-on à Paris.
Embarquement des enquêteurs spécialisés de la gendarmerie à bord du Jacoubet
L’hypothèse d’un acte terroriste est très vite évoquée aux côtés de l’hypothèse d’un incident technique.
(Nicolas Gros-Verheyde)
Egyptiens et Français en majorité et une dizaine d’autres nationalités
L’avion Airbus A320 d’EgyptAir (MS804) qui faisait la liaison entre Paris Charles-De-Gaulle et Le Caire a disparu des écrans radar dans la nuit au-dessus de la mer entre la Crète et Alexandrie (Egypte). Il avait à son bord, selon la compagnie, 66 personnes (56 passagers, 7 membres d’équipage et 3 agents de sécurité).
Ainsi que :
Un avion Super Etendard Modernisé avec un missile AS30 (crédit : DICOD / EMA)
(B2) Snif ! Le Super Etendard Modernisé (SEM), l’avion mythique de la marine française, va faire sa dernière apparition en public au meeting aérien de Biscarrosse (au sud de Bordeaux), dimanche prochain (22 mai).
Dernière avant le Tout Rafale Marine
Après 37 ans d’opérations à travers le monde, le Super Etendard va, en effet, être retiré du service actif dès juillet. La chasse embarquée de l’aéronautique navale passera alors au « Tout Rafale Marine ». Le symbole est « fort » assure-t-on du côté de la Royale. Biscarrosse est, en effet, la ville marraine de la flotille 17F, la dernière de l’aéronautique navale à mettre en œuvre l’aéronef mythique qui vient d’accomplir sa dernière mission opérationnelle à bord du porte-avions Charles de Gaulle.
Une simple évolution au départ
À l’origine, le Super Étendard ne devait être qu’une évolution de l’ Étendard IVM. Mais « la refonte de l’avion et de son système d’armes fut si complète que le Super Étendard ne partage plus guère aujourd’hui qu’une partie de son nom » avec le glorieux ancêtre. Il a été produit à 71 exemplaires pour la Marine nationale, entre 1977 et 1983. Il prendra l’appellation de Super Etendard Modernisé en 1986 après un programme de modernisation.
De toutes les opérations
Cet appareil a été engagé dans la plupart des conflits internationaux auxquels la France a participé : Agapanthe (en Afghanistan), Harmattan (en Libye, 2011) et Arromanches (en Irak et Syrie, en 2015 et 2016). NB : son nom est aussi inséparable de son arme par excellence, le missile AM39 Exocet, qui fit des ravages dans la marine britannique, dans le conflit entre l’Argentine et le Royaume-Uni aux Malouines/Falklands.
Dernier meeting à Biscarosse
Donc … Ne ratez pas ce dernier meeting si vous êtes dans le Sud-Ouest ! Deux appareils effectueront des démonstrations aériennes. Les pilotes seront également disponibles sur le tarmac, pour présenter les missions des marins du ciel et de leur flottille.
(NGV)